#anthologie #27 | comment ils nous parlent (femmes en colère)

Qui est cette femme qui monte à l’échafaud en discutant avec sa compagne, qui l’embrasse avant de mourir ? Cette fille insouciante et rieuse qui tenait son journal et n’y parlait pas de la Révolution. C’est la même qui avait tenu tête à ses parents pour épouser Camille cet avocat un peu bègue devenu journaliste. Elle y croyait aux idéaux Continuer la lecture#anthologie #27 | comment ils nous parlent (femmes en colère)

#anthologie #28 | installations

Une pyramide de boites translucides étagées, avec dedans des paquets qu’on devine, et d’autre boites, peu déchiffrables.  Couleurs et formes empilées. Produits alimentaires. L’éclat d’un couvercle rond contre la paroi. Peut-être la forme d’une boite d’allumettes. Le gras d’un possible paquet de farine. Des bâtonnets noirs comme sachets de café en poudre. Le brun d’un papier froissé, bouffant, protecteur, qui Continuer la lecture#anthologie #28 | installations

#anthologie #27 | atypiques

Elle fait son entrée. Fracassante. L’adolescente dit : je suis une vraie femme. Elle clope, et alors ? Ses cheveux en vrac sont roses et verts. Elle a autour du cou un collier à clous. Un collier de chien, dit le moqueur. Et alors ? Elle passe en l’écartant du bout des doigts. Dégage. Et vite. Sous son short, qu’elle porte en plein Continuer la lecture#anthologie #27 | atypiques

#anthologie #27 | grottes

5 : La petite fille à jamais restée au seuil de la grotte raconte les corps qui dorment et qui meurent. Elle est déjà, soudain, une vieille femme. Elle est là, dans sa cuisine, seule, à radoter l’histoire de ces soirs où l’on entrait dans la forêt pour leur apporter de quoi manger. Elle a perdu la tête. Elle ne sait Continuer la lecture#anthologie #27 | grottes

#anthologie #28 | Cinq petits tours et puis s’en vont

Extrait #anthologie #25 | Une odeur peut en cacher une autre 16 juillet carnet journalier été 2024/odeurs et plus encore / Jour de marché Etal de S.: fils de maraicher/collégien/pas réveillé/compter la monnaie c’est compliqué/odeur de l’insouciance pour l’argent/un kg de haricots facile à peser/sonnerie de son téléphone portable à côté de la balance/libertango d’Astor Piazzolla/mon regard étonné/ « j’apprends le Continuer la lecture#anthologie #28 | Cinq petits tours et puis s’en vont

#anthologie #28 | s’endormir autrefois

#Prologue Au cœur de la ville, un rare monument aux morts antimilitariste. Une petite foule de civils au chevet d’un poilu, une femme et deux enfants sont effondrés sur sa dépouille. Le sculpteur avait été brancardier dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. # 3 Habiter Des archives de famille surgit un dessin d’enfant aux couleurs vives représentant deux Continuer la lecture#anthologie #28 | s’endormir autrefois

#anthologie #28 | Petites réjouissances

Dans la descente des escaliers, sur le pilier de pierre formé par la superposition des marches du colimaçon, il y a des graffitis creusés au couteau. La technique du couteau dans la pierre est d’ordinaire réservée au temps long, c’est-à-dire à la prison, mais ici quelqu’un a pris son temps, ni sorti les craies ni sorti le crayon, mais sorti Continuer la lecture#anthologie #28 | Petites réjouissances

#anthologie #28 | œuvres

Ouvrir porte et fenêtres pour faire courant d’air et alléger la tiédeur moite du dortoir. Au plafond un mobile réalisé à partir de fonds de bouteilles en plastique aux rebords découpés en lanières, ouverts comme des soleils bringuebale au bout d’une ficelle. Les enfants y ont collé de minuscules boulettes de crépon multicolores. La lumière qui glisse entre les rideaux Continuer la lecture#anthologie #28 | œuvres

#anthologie #28 | épars

Le portrait de Marcel Proust tout en camaïeu ocre à l’encre auto réfléchissante sur un panneau dit marron planté au bord de l’autoroute. Il fait obligatoirement trois mètres sur six. anthologie-11-de-nuit Il n’y a plus que le silence. Tous les bruits extérieurs se taisent, tombent en arrière-plan quand le rossignol philomèle chante : volutes et cascades.  anthologie-04-habiter Six rangées de danseurs Continuer la lecture#anthologie #28 | épars

#anthologie #26 | c’est qu’au cinéma

Ici, tu sonnes une petite vingtaine de fois avant d’arriver à destination mais la sonnerie, tu ne l’entends jamais et la destination, tu ne sais jamais trop à quelle heure tu l’atteindras. La sonnerie muette résonne dans les fins fonds d’un bureau entouré de caméras où des costumes bleus veillent. Il y a toujours un bruit de fond, rarement des Continuer la lecture#anthologie #26 | c’est qu’au cinéma