#anthologie #26 | c’est qu’au cinéma

Ici, tu sonnes une petite vingtaine de fois avant d’arriver à destination mais la sonnerie, tu ne l’entends jamais et la destination, tu ne sais jamais trop à quelle heure tu l’atteindras. La sonnerie muette résonne dans les fins fonds d’un bureau entouré de caméras où des costumes bleus veillent. Il y a toujours un bruit de fond, rarement des Continuer la lecture#anthologie #26 | c’est qu’au cinéma

#anthologie #27 | Possibles

Il y a des cailloux, des pierres qui roulent sous ses pas. Toujours on lui a dit d’avancer, ne pas regarder en arrière, lever la tête, mettre de bons souliers. Un banc, elle avait encore acheté un banc, à quoi ça sert trop de bancs, c’est pour les paresseux, les taiseux, autant d’arbres, autant de bancs, elle se dit c’est Continuer la lecture#anthologie #27 | Possibles

#anthologie #26 | c’est qu’au cinéma

Ici, tu sonnes une petite vingtaine de fois avant d’arriver à destination mais la sonnerie, tu ne l’entends jamais et la destination, tu ne sais jamais trop à quelle heure tu l’atteindras. La sonnerie muette résonne dans les fins fonds d’un bureau entouré de caméras où des costumes bleus veillent. Il y a toujours un bruit de fond, rarement des Continuer la lecture#anthologie #26 | c’est qu’au cinéma

#anthologie #27 I des mots, surtout des mots

Un homme nu dans le lit asséché de la rivière, un homme danse et lit et fait sa prière. Le soleil chauffe le sable, enfièvre les galets, brûle les rochers à cœur. Le ciel est orangé, les paroles en l’air enflammé. Le silence étouffe la moindre tentative de bruit de fond. Il n’y a là aucun rêve, aucun délire, aucun Continuer la lecture#anthologie #27 I des mots, surtout des mots

#anthologie #26 | amplitudes

Au milieu d’un clapotis de voix fraîches, deux tessitures usées par le cours de l’âge s’échangent des propos qui passent en surface dans le courant du temps. L’une sort de lèvres claires, elle est lente et distincte, la mélancolie de sa ligne mélodique a pour seule inflexion un battement régulier, « Madame ». L’autre porte l’accent roulant du sud-ouest de l’Europe, les Continuer la lecture#anthologie #26 | amplitudes

#anthologie #26 | bruit de bottes

Je me suis allongée sur la plage de galets, peu de monde encore à cette heure. J’ai fermé les yeux. J’ai prêté l’oreille aux bruits. Curieusement, je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu le bruit de l’eau, pourtant toute proche. C’est plus tard que je distinguerais nettement le roulis des vagues. D’abord, au loin et comme en stéréo, un mélange Continuer la lecture#anthologie #26 | bruit de bottes

#anthologie #28 | fragments de décor

codicille — dans plusieurs des textes que j’ai publiés dans le cadre de ce cycle, des formes d’art sont présentes. Dans la #02, l’écriture se développe autour d’une chorégraphie de danse sur une musique de Pierre Boulez Sur incises. La musique existe bien, les éléments de chorégraphie rapportés sont inventés. Dans la #08, il est question du Journal de Kafka. Continuer la lecture#anthologie #28 | fragments de décor

#anthologie #26 | les chiens de nuit

Tu viens de relever Tarik, c’est le début de ton service. Tu refermes la porte que tu avais ouverte un instant pour changer l’air, assourdissant ainsi le ronflement constant des camions nombreux à rouler la nuit sur l’autoroute le long du Rhône. Le réchaud à gaz chuinte, l’eau bouillonne doucement et monte, clapotement du couvercle et l’odeur chaude du café à Continuer la lecture#anthologie #26 | les chiens de nuit

#anthologie #28 | œuvres à la ronde

sur le chevalet une toile de format moyen 50 x 40, il s’agit d’un corps allongé dans un champ de coquelicots, un corps de femme, il est ouvert à la lumière, il fait très chaud, l’espace flambe, sensations de feu intense communiquée par la gamme écarlate des coloris renforcée par les traces du couteau qui a dessiné les lignes de Continuer la lecture#anthologie #28 | œuvres à la ronde

#anthologie #26 | en descendant vers lamer endormie

Le chemin que je n’avais pris qu’une fois dans la lumière du jour descendait dans la nuit, caillouteux, entre les buissons, les petits chênes tourmentés  et les pins dont l’odeur, libérée dans la fraîcheur de la nuit, m’avait accueillie, me grisant légèrement. Mes pieds glissaient parfois sur une racine, faisaient s’effriter la crête d’une ornière, crisser un petit tas d’épines Continuer la lecture#anthologie #26 | en descendant vers lamer endormie