#anthologie #06 l Foule solitaire

Je suis seule parmi la foule qui m’habille – planteurs, cueilleurs, fileurs, couturiers, chauffeurs, DRH, traders, boutiquiers, et caetera ; je suis seule avec la foule cachée dans mon ordinateur – s’en détachent les yeux noirs d’un enfant noir dans le noir d’une mine de cobalt ; je suis seule dans ma cabane avec les bûcherons, artisans, le p’tit gars des 3/8, Continuer la lecture#anthologie #06 l Foule solitaire

#anthologie #06 | seule dans la promesse

Allongée seule sur mon canapé, j’entends les derniers clients sortir du café dans la rue en bas de chez moi. La nuit m’enveloppe avec douceur, un souffle d’air fait danser des ocelles de lune sur les murs, le moment se prolonge sans effort. La mélancolie reste à distance. Je me souviens du ruissellement de la lumière dans les grands bouleaux Continuer la lecture#anthologie #06 | seule dans la promesse

#anthologies #06 | vive la Creuse

 Je suis retournée voir les vaches. Elles avaient quitté le bosquet de hêtres sous lequel elles ont passé les heures les plus chaudes. Elles mangeaient bruyamment ; j’entendais leurs dents arracher l’herbe, sans doute parce que j’étais tout près. Des robes rousses et de grandes cornes en bataille. Les veaux étaient couchés ensemble, sauf un, pas le plus jeune, ni le Continuer la lecture#anthologies #06 | vive la Creuse

#anthologie #06 | Impressions.

On était beaucoup au parc Yellowstone on est dans la famille, et parmi les nombreux touristes, Jane et son mari, Fred, une cousine et nous deux Alice et Jacques. beaucoup à regarder, étonnant, on discute se disperse se retrouve, on poursuit jusqu’à Faithfull, tout autour du geyser inactif les gens commencent à arriver, Jacques est déjà là, assis, curieux de Continuer la lecture#anthologie #06 | Impressions.

#anthologie #06 | tant pis

Seul n’est qu’un  oh et puis tant pis   la nappe de papier imbibée   c’était ça ou bien     où ?    est-ce que     la musique du supermarché     dans quel sens aller   qui ?    la fête foraine, l’enfant sérieux sur le manège  c’est que le début, d’accord, d’accord   la beauté ne répond   ah quoi bon    parlotte    seul n’est pas non  qu’on me touche, qu’on me caresse    Continuer la lecture#anthologie #06 | tant pis

#anthologie #06 | ne pas se perdre

Enfin ils sont partis. Ils étaient tous à crier et parler à tort et à travers. À faire des blagues qui ne font rire qu’eux, à se pavaner et à se moquer. Je ne suis pas comme eux. Cette vie en meute ne me convient pas. Ils écrasent tout sur leur passage, les fleurs les herbes et moi. J’aime regarder Continuer la lecture#anthologie #06 | ne pas se perdre

#anthologie #06 | trajectoire vivre

le jour vient, réveil dans la lenteur et lumière progressive passant du gris au rose au blanc au brillant au patiné au débordantseule dans le corps du jourseule au pays inconnu lacis de chemins de bourgs de forêtsseule au proche des jardins en croissance sans s’occuper de rien d’autre que de sortir de la nuit et de vivre jusqu’au bout Continuer la lecture#anthologie #06 | trajectoire vivre

#anthologie #06  | une couronne de solitude

« On vit seul, on meurt seul », disait mon père, lui qui avait une famille, une épouse, quelques amis,  des connaissances, des collègues. Certes, c’était un type réservé et même taciturne. En plus, il était un peu sourd mais seul non. En tout cas, pour une raison que j’ignore, j’ai pris très tôt ce verdict au pied de la lettre et Continuer la lecture#anthologie #06  | une couronne de solitude

#anthologie #04 | lieu, mémoire

Habiter ma chambre, habiter l’immeuble, l’appartement, habiter ma rue, habiter une ville et un pays. Habiter tous ces lieux à la fois, ça prend du temps. On déroule ses racines pour les enrouler à nouveau. On ouvre ses valises, on s’entoure d’objets connus. On déplace des cartons. S’agripper à tout : l’odeur du jasmin dans la rue un soir d’été, Continuer la lecture#anthologie #04 | lieu, mémoire

#anthologie #06 | Suzanne part

Suzanne regarde les siens endormis puis sort sans son portable. La nuit est en fin de course, elle devine les contours des arbres, la petite allée, l’entrée du garage, le portail. Au dîner hier soir, les mots ne lui venaient plus. Elle avait nourri la famille, fait la vaisselle, essuyé, rangé, dressé la table pour le petit déjeuner. Elle n’était Continuer la lecture#anthologie #06 | Suzanne part