#anthologie #06 | Seule sans l’évidence
Une vague de chaleur s’est installée sur l’hexagone. Je n’aime pas cette expression mathématique pour parler de mon territoire. Surtout je ne la comprends pas, cela ne va pas de soi, aucune évidence. Alors je m’interroge, j’essaie de piger. D’où vient ce choix d’utiliser une figure géométrique pour parler d’une géographie? Est-ce une manière de se prendre au sérieux? Mais pour Continuer la lecture#anthologie #06 | Seule sans l’évidence
#anthologie #04 | neuf fois habiter
1 – Aimer être chez soi, seule. Prendre son temps, s’habiller de vieilles fringues, le silence, le bruit des voisins qui habite ce silence, écrire, lire, étudier avec ciel gris-blanc de préférence, traîner pieds nus, allumer trois bougies, mettre une musique en boucle dans les oreilles, l’odeur de la soupe aux poireaux, regarder grandir une orchidée, changer les draps, désencombrer. Continuer la lecture#anthologie #04 | neuf fois habiter
#Anthologie #06 | « Ensemble séparés ».
L’air s’est figé entièrement, pris d’un coup de pompe soudain dans les voiles du rideau. Il a fallu qu’il se retire, reflue dans les roches, pour qu’enfle le strident des cigales. Linge blanc, mémoire des images pour projection très privée. Devant le regard désencombré de toute présence sont passées des silhouettes d’Antonioni, des chaleurs de Pagnol, au loin le viaduc Continuer la lecture#Anthologie #06 | « Ensemble séparés ».
#anthologie #06 | Multitude
A tous ceux qui ne peuvent pas être seuls car la tache au mur les agace, ceux qui se promènent sur les quais remplis d’autres ceux qui vagabondent ne sachant que faire de leur liberté payée, ah les anniversaires enrubannés qui permettent si bien d’oublier, si bon oublier qu’on existe en existant, les voix rauques de soleil qui sentent la Continuer la lecture#anthologie #06 | Multitude
#anthologie #06 | Dispersés
Marco, tu te rappelles, tu te souviens, Marco notre joyeux tintamarre de jeunes fous lancés dans la vie au triple galop, Marco, nous ne sommes plus que deux séparés par huit-cents kilomètres de campagnes, de forêts, de vignobles, de montagnes. Séparés plus encore par des années de vies à construire, de pensées divergentes, d’enfants à élever, de deuils intimes auxquels Continuer la lecture#anthologie #06 | Dispersés
#anthologie #06 | seule
Seule dans la petite foule bavarde qui suit son chemin entre échoppes et table. Seule dans le désert du trottoir sur lequel rebondit la lumière ardente. Seule avec mes pensées parmi vos corps, vos rires, vos exclamations et vos muettes ruminations. Seule avec mon couffin parmi les sacs de carton siglés dansant au bout des bras. Seule comme le chêne Continuer la lecture#anthologie #06 | seule
#anthologie #07 | à ce moment là
quand à ce moment là, juste à ce moment, pas avant, il s’est rendu compte qu’il ne savait plus où il se trouvait et qu’il n’avait pas son téléphone dans la poche, il a frappé de la main sur le haut de sa cuisse droite, il a senti non pas un vide mais une absence, celle de la dureté du Continuer la lecture#anthologie #07 | à ce moment là
#anthologie #06 | À bon entendeur
Seuls dans la rue à deux heures du matin, le monde au-dessus de nos têtes, enfoncé dans le sommeil. Seuls au monde dans la ville endormie. On parle comme en plein jour, et même, le silence insistant, plus fort. On force les rires, on glousse, on claque les pas, chahuter nous rassure, on leur fait une bonne blague, personne n’y Continuer la lecture#anthologie #06 | À bon entendeur
#anthologie #06 | La femme-Auguste juste avant
(juste avant ça : https://www.tierslivre.net/ateliers/anthologie-05-la-femme-auguste/) Les objets dessinent des silhouettes isolées, tentent en vain de se rassembler dans le bleu de l’aube : tasse, sucre, drap de lin, pot de confiture. Soudain elle connait chaque chose, le lustre, le guéridon, l’armoire, et chaque chose est seule. La poussière n’est qu’un amas de particules seules, agitées pour rien. L’homme qui dort Continuer la lecture#anthologie #06 | La femme-Auguste juste avant