#anthologie #05 | La terre vide

J’avais la vie facile. Je bougeais et les choses bougeaient devant moi, à ma suite. Je souriais, on me souriait. J’étais rempli d’envies, de désirs. Envie de sauter, de crier, d’imposer et je réalisais tout ça avec une grande jouissance. Puis tout a déraillé. J’avais oublié la solitude. Son fantôme m’a rattrapé et envahi. Le temps du triomphe s’est réduit. Continuer la lecture#anthologie #05 | La terre vide

#anthologie #06 | toute seule

« Mais tu es toute seule, viens avec nous ». Elle préférait voir le monde assise à sa fenêtre, elle savait tout du monde, il y avait eu la guerre, un prisonnier allemand à la maison, le soir au souper on avait droit à une sardine, une seule et c’est tout. Elle savait la vie, naître, grandir, se réjouir, aimer, souffrir, vieillir, Continuer la lecture#anthologie #06 | toute seule

#anthologie #06 | Vamos a la playa

Jamais seule. Je ne suis jamais seule, même sans personne sur cette plage, isolée, abandonnée les trois quarts de l’année. Le sable, immaculé, des oiseaux en pagaille qui picorent des vers minuscules, imprudents, sortis de terre. Les mouettes, bavardes, agitées, s’approchent près, tout près, comme pour discuter. Demain, je serai seule. Pas toute seule, mais seule. Quand ils arriveront par Continuer la lecture#anthologie #06 | Vamos a la playa

#anthologie #06 | La maison dans le virage.

La longue allée d’arbres précède un portail plus souvent cassé qu’ouvert où la peinture a tendance à s’écailler. Nul être ne peut deviner que, derrière cette vieille porte, se dessine, une demeure. Nul être n’aurait même pas l’idée d’y jeter un coup d’oeil. Le vieux portail défraîchi, niché au creux d’un virage, repousse toute envie de s’y arrêter. Nul nom Continuer la lecture#anthologie #06 | La maison dans le virage.

#anthologie #06 | une journée ordinaire

On peut être noyé dans une foule mais être terriblement seul..perdu dans le flot, bousculé, transporté sans espoir de s’accrocher à quelqu’un ou à quelque chose, pressé, compressé, ou tout simplement chercher à esquiver, un flot charriant de vagues humaines, qui se dirigent toutes dans la même direction, aux mêmes heures, pour être avalées ou régurgitées par les bouches de Continuer la lecture#anthologie #06 | une journée ordinaire

#anthologie #06 | Seule à une heure sans heure

en même temps que je reçois la sixième proposition de l’anthologie, je lis à la page 259 du livre que je suis en train de lire1 « Elle est seule, seule, seule, à une heure sans heure, le ciel blanchi qui l’entoure pourrait être n’importe quand ».  j’emprunte le titre seule à une heure sans heure et j’écris : seule dans l’étendue cadastrale Continuer la lecture#anthologie #06 | Seule à une heure sans heure

#anthologie #06 | Sentir le monde

Je n’ai jamais été malade de solitude au point de songer à me jeter d’une passerelle. Les désespérés n’ont pas pu, n’ont pas su ouvrir les yeux sur la splendeur de Paris depuis les Buttes Chaumont. Elle les aurait détournés de leur projet de non-retour. Je ne me sens jamais seule, séparée, détruite, abandonnée, même si je suis souvent physiquement Continuer la lecture#anthologie #06 | Sentir le monde

#anthologie #05 | Retour du Diaz

L’homme de Villiers Comme Diaz, je suis l’homme du Jazz à Auber comme Villiers, le François des pendus en ballade, mes poumons mités, ma chair pourrie trop mal nourrie ne m’emmènera pas plus loin, Aubervilliers, Auber-Villon, je hais pies et corbeaux. L’homme au hart Rien ne presse, le temps pas encore venu, le coût du chanvre excède aujourd’hui nos moyens. Continuer la lecture#anthologie #05 | Retour du Diaz

#anthologie #01 | Dépersonnalisé

Pédaler. Tomber comme la pluie. Voir des passants, voir du gris, du blanc, voir des paysages à chaque instant ou dérouler dans sa tête une pensée, un souvenir. Les arbres sous la pluie, la pluie entre les arbres, gouttelettes sous les arbres. Voir une maison de police au cœur d’un parc, une policière avec du gris et du vert. Une Continuer la lecture#anthologie #01 | Dépersonnalisé

#anthologie #06 | impuissance

laissée en rade dans le bois, plus que les arbres devenus si grands, plus que le silence, et ses bruits, devenu si grand ; ce qui paraissait familier ou du moins semblait l’être retourné comme un gant hérissé de dents; tout plus vaste, tout plus vide et plein ; dans la cour à l’écart avec son habit de feuilles, une Continuer la lecture#anthologie #06 | impuissance