#histoire #12 | Vue sur mer

Un hôtel ? Je préférerais ne pas.Plutôt monter la tente, dormir dans la voiture, prendre le train de nuit ou le ferry de nuit ou même le car de nuit, louer un truc sur une plateforme, airbn’b ou autre, squatter le canapé chez une tante éloignée, une copine de cousine, mais un hôtel, je préférerais ne pas.Peut-être parce que trop, plus Continuer la lecture#histoire #12 | Vue sur mer

#histoire #12 | en haut de la plage

Je passe en revue mes livres et n’y trouve aucun hôtel. Il y est plutôt question de maisons de famille, lieux construits à l’ancienne reliés à l’enfance, fermes de l’oncle ou du grand-père, petites locations du bourg. Nous nous visitions peu les uns les autres et ne partions pas en vacances. Des hôtels, je n’en ai connus qu’au cours de Continuer la lecture#histoire #12 | en haut de la plage

#histoire #12 | Hostel & Motel

SaguenayIl traîne sa valise, ses pas crissent sur la neige. Il avance vers les néons rouges qui clignotent « Motel panoramique ». Il pousse la double porte. Presque toutes les chambres donnent sur la rivière Saguenay. Il monte l’escalier en métal. La valise cogne contre chaque marche. Sur la coursive extérieure, ses pas résonnent, et dans un son grave, les roues de Continuer la lecture#histoire #12 | Hostel & Motel

#rectoverso #05 | Carrefour du Dauphiné

L’enseigne bleue de l’Aldi marque l’entrée dans un périmètre urbanisé d’abord en pointillés, par des pavillons déjà un peu anciens avec leurs haies bien taillées, au milieu desquels surgit un cabinet vétérinaire, cube de béton qui semble plus vaste que la petite grande surface qu’on vient de dépasser. Les trois femmes dans la voiture s’esclaffent en moquant la taille du lieu, qui convient pardi bien aux bovins blancs qu’on a vus dans les prés… Continuer la lecture#rectoverso #05 | Carrefour du Dauphiné

#anthologie #22 | Via Medina

Je prends la via Medina, j’ai choisi de passer par là, je veux revoir la via Medina. Elle est plus large que mon souvenir. Ce texte est double car tandis que je marche via Medina, que j’observe la via Medina, je veux me souvenir de ce qu’est cette rue pour moi. C’était mon adresse à Naples. Quatre ou cinq fois Continuer la lecture#anthologie #22 | Via Medina

#anthologie #22 | rue du Limas

Avril 2006 Je suis arrivée pour la seconde fois | mais la première j’étais quasi comateuse et partagée entre mon intérêt pour ma soeur et pour des lieux où je peinais à m’imaginer pendant une vie future | avec la jeune femme de l’agence immobilière pour la remise des clés et l’état des lieux ; j’ai abordé le petit tronçon Continuer la lecture#anthologie #22 | rue du Limas

#anthologie #09 l Un acte manqué

E n’a pas choisi le Grand Almira Hôtel. Pour une fois il m’a laissé faire. Je lui reprochais assez de prendre toutes les décisions liées à notre voyage, la destination, les lieux que nous visiterions, la manière dont nous nous déplacerions, ce que nous mangerions, les chaussures que je devrais porter parce qu’il faudrait beaucoup marcher, quand je devrais mettre Continuer la lecture#anthologie #09 l Un acte manqué

carnet des jours suivants

#400 Il y a presque vingt ans, au début de l’été, j’ai aperçu dans la presse d’Hérode Atticus, un jeune collègue, qui avait dû lâcher son piano pendant une année entière pour aller surveiller des rochers convoités par les Turcs en mer Égée. Il était en permission, athlétique et cuit de soleil. Il faut toujours être la première à voir, Continuer la lecturecarnet des jours suivants Continuer la lecturecarnet des jours suivants

#été2023 #01 | Organiser la solitude

Elle avait d’abord pensé la solitude comme la solution. Que ceux avec qui elle vivait acceptent – elle ne leur demandait pas de comprendre, elle s’engluait dans leur empathie – acceptent l’idée qu’elle ne se sente pas délaissée s’ils partaient sans elle. Elle avait mis du temps, elle, à comprendre que leurs protestations trahissaient leur peur et leur rancune à Continuer la lecture#été2023 #01 | Organiser la solitude

#voyages | Grand Nord

PrologueÀ l’est, je suis à Podgorica, la ville-poussière, où les pizzas ont également succombé depuis trois siècles au lobby de l’ananas. Là, à Subotica, la ville-militaire, le train s’arrête à la frontière pour que tous les plastiques soient fouillés, de tristesse en soupir mais où la femme-flic te laisse dormir. Ou est-ce Orašje, la ville-violence, où l’autoroute est encore éclairée Continuer la lecture#voyages | Grand Nord