#anthologie #19 | ce qu’il en restera

Toutes les images disparaîtront, Annie Eranaux – Les années Catherine Deneuve dans les parapluies de Cherbourg, un soir de Noël à la télévision en noir et blanc dans les années soixante-dixconduire la deux-chevaux le toit ouvert les cheveux au vent les cachous Lajaunie dans la petite boîte jaune et ronde les immeubles de la Grande Motte tout juste sortis de Continuer la lecture#anthologie #19 | ce qu’il en restera

#anthologie #19 | Echos d’images

La boîte à malices métallique verte, avec à l’intérieur des petits objets, des friandises, que ma mère nous ouvrait en nous invitant à y plonger la main en fermant les yeux pour se saisir d’un cadeau quand elle estimait que nous l’avions mérité Le sachet de berlingots de lait Nestlé, aux parfums de fraise, banane, abricot, une promesse de bonheur Continuer la lecture#anthologie #19 | Echos d’images

#anthologie #18 | A la recherche du regard perdu

Combler le vide – J’observe les gens qui mitraillent le réel avec leur téléphone ou leur appareil photo dernier cri, qui accumulent, leur regard est filtré, la présence est absence, l’écran fait office de spectateur. Le monde devient spectacle et chacun veut en garder un témoignage subjectif. Combler le vide de son incapacité à être présent au monde, de sa Continuer la lecture#anthologie #18 | A la recherche du regard perdu

#anthologie #16 | La femme derrière la porte

XI – A quel moment auras-tu à nouveau la force (le courage) d’ouvrir la porte pour explorer ce capharnaüm rempli de livres et la femme sera-t-elle encore là ? Dès ton retour. Vite, vite ouvrir la porte avant de ne plus en avoir le courage, avant de décider que non, avant d’hésiter… Elle était toujours là recroquevillée dans son fauteuil. Continuer la lecture#anthologie #16 | La femme derrière la porte

#anthologie#10 | Léonie

Cette proposition d’écriture arrive à point pour essayer à nouveau d’écrire autour de Léonie, la sœur de ma grand-mère maternelle, ma grande tante, mais jamais je ne l’ai appelée ainsi, elle est morte bien avant ma naissance. J’ouvre le tiroir de mon bureau attrape la petite boîte dans laquelle sont précieusement rangées la photo de Léonie et une longue lettre Continuer la lecture#anthologie#10 | Léonie

#anthologie#05 #Déambulation

Deux fois – je n’ai pas compris ce que j’y faisais – déambulation – va et viens – extérieur à eux – extérieur à tout – extérieur à moi – dedans dehors comme me trouver dans le temps qui est le mien – Mon cerveau me joue des tours parfois – je ne vous comprends pas toujours – votre regard Continuer la lecture#anthologie#05 #Déambulation

#anthologie #08 | deux chambres une porte

On est en juillet. Comme alors. La maison rouge est vide. Elle ne dort plus dans le lit de camp qui a disparu depuis mais dans le grand lit. Absolument seule dans le silence de la maison rouge.  Le halo de la lune fait briller la poignée toute ronde en cuivre de la porte mitoyenne avec l’autre chambre. Elle ne Continuer la lecture#anthologie #08 | deux chambres une porte

#anthologie #03 | Palette

Démarrer à la manière de Tarkos, je suis tombée nez à nez avec une palette, pas une palette à la diable, ni une palette en couleurs, encore moins une palette en bois qui sert à transporter des objets ou se transforme en meuble, non une palette, oui en bois, à la fois palette et tableau, pas tout à fait palette Continuer la lecture#anthologie #03 | Palette

#anthologie #04 | Habitudes contingentes

  1. De l’abri aléatoire, faire du commun une habitude, une normalité, un déjà-vu, un chez soi.
  2. Habiter les cartons qu’on rempli, qu’on va rouvrir ailleurs, qu’on va rouvrir et disposer autrement ou juste pareil pour trouver des repères en changeant d’espace.
  3. Habiter le voyage, son corps qu’on transporte d’hôtel en hôtel, toujours soi mais jamais tout à fait la même.
  4. Habiter des rives incertaines et mouvantes. Nomadisme urbain, étudiante qui déménage quatre fois la même année, au gré des colocations, des appartements qui vont être vendus, des écoles qui s’achèvent, des invitations et des refus. Habiter résumé dans quelques sacs qui tiennent largement dans une voiture
  5. Détricoter la vie de la mère et du père, choisir la mémoire à venir, délimiter les souvenirs, faire des coupes franches en vidant la maison familiale. Se brouiller pour des assiettes, des horloges, couper les branches familiales qui ne s’accrochaient qu’à l’héritage. Vendre, jeter, ne pas nourrir de regrets, se tenir loin des émotions.
  6. Le domaine du grand Meaulnes, le chercher sur une carte, le chercher dans des musées, interroger des guides. Croire avoir trouvé cette maison, grande bâtisse bourgeoise à la lisière de la forêt, fenêtres condamnées, un peu plus loin les restes d’une chapelle. Chiens méchants des gardes qui grognent en vous apercevant. Vous prenez une photo et vous déguerpissez.
  7. Habiter un tableau, inscription de sa couleur intérieure, sans mots, c’est soi dedans. Chez soi sur la toile. Apparition, mise en lumière, habitation en Figure F.
  8. Habiter une page blanche qu’on noircit, se ressembler ou pas, écrire soi, interpréter le monde, composer, ordonner, faire sa maison de mots.
  9. Par des odeurs qui surgissent au hasard, se tenir devant la bibliothèque du grand-père, s’asseoir sur le petit tabouret dans l’atelier de peinture de la grand-mère, y demeurer au présent.
  10. Habiter son corps, habiter la mer en nageant, habiter le paysage en marchant ou en le contemplant, faire un, unité dans l’univers, poussière terrestre et mentale dans le grand ensemble.

#anthologie #03 | les poussières de Gerboise

Le sable obscurcissait tout le pare-brise et tout le ciel, une fine poussière rouge, très fine poussière rouge. Pas question de la prendre, la fine poussière rouge ne se prend pas. Ou alors, peut être avec un aimant parce qu’elle est magnétique un peu la fine poussière rouge. Ne pas la prendre, mais la toucher. Apprivoiser la fine poussière rouge Continuer la lecture#anthologie #03 | les poussières de Gerboise