#Boost #02 | Ouvrir la porte

Avancer dans un long couloir un peu sombre les murs défraîchis réverbérant à peine la lumière tremblante d’ampoules fatiguées. Ouvrir les portes qui se présentent les unes après les autres chaque battant grinçant révélant un univers figé dans le temps traces et souvenirs entremêlés. Chercher l’issue le moyen de s’échapper de ce lieu dans lequel on se sent enfermé poursuivant Continuer la lecture#Boost #02 | Ouvrir la porte

# LVME # 05 | presque familière

La première fois que je suis revenue au 14, je n’ai pas photographié la façade. Nous étions arrivés dans le quartier presque par hasard après un déjeuner au square Trousseau avec tes parents. Il faisait beau, et nous avions souri de la proximité qui reliait ta mère et la mienne, qui avaient grandi dans le quartier à deux ou trois Continuer la lecture# LVME # 05 | presque familière

#LVME #03 | une réplique à échelle un

C’est une réplique à échelle un ; la reproduction exacte de celle du 183 bis , du grand appartement du sixième étage avec vue sur le métro aérien. La cuisine du bout du couloir, ce si long couloir, trop étroit pour s’y tenir bras en croix – sinon de profil-, assez long pour y jouer des parties de billes ou Continuer la lecture#LVME #03 | une réplique à échelle un

#LVME #01 | façon haïbun

Brumes d’octobre entourent les murs veillant sur la mer. Entre ses deux sœurs voisines, gardienne du feu des alertes. Seul refuge à présent de celles et ceux qui ensemble peuvent être. pierres en cercle vestiges de vieilles peurs lieu de mémoires  Elle a de plus en plus de mal à parler. Bientôt elle ne pourra même plus se nourrir. Elle Continuer la lecture#LVME #01 | façon haïbun

#écopoétique #02 | Le nègre bibliothécaire

J’ai une fascination pour les archives. Térésa tout comme moi passe volontiers des heures à recopier sur des carnets des faits qui nous fascinent par leur banalité ou par l’horreur qu’ils dépeignent. Dans la profusion des archives (ce qu’il est convenu d’appeler les sources), nous nous disciplinons à une période historique pour ne pas nous noyer. J’ai appris deux choses Continuer la lecture#écopoétique #02 | Le nègre bibliothécaire

#anthologie #39 | collection de lieux

Collectionner les lieux qui s’invitent sans prévenir, et qui repartent plus vite qu’une bulle d’air éclate à la surface de l’eau. Le souvenir ne s’est pas accroché ; à moins de l’avoir noté, je ne sais déjà plus dans quel lieu un instant j’étais. Ce sont des lieux fugaces. Ce sont des lieux réels. Parfois j’y ai vécu, parfois je Continuer la lecture#anthologie #39 | collection de lieux

#anthologie #38 | sans mention de date

Des études ont montré que les gens fournissent des réponses extrêmement précises si on les interroge sur ce qu’ils faisaient au moment où ils ont appris l’assassinat du président Kennedy à Dallas, comme s’ils revisualisaient l’instant avec exactitude. Je peux en témoigner pour d’autres événements – en 1963 je n’étais pas née. Il semble que cela soit dû à un Continuer la lecture#anthologie #38 | sans mention de date

#anthologie #39 | avant la fin

Îles les deux premières, masque de fer et moines aux liqueurs jaunes ou vertes et une danseuse étoile | la troisième où je m’installe plus tard, longtemps, elle sera la huitième | l’archipel quatrième et ses trois grandes îles, sa petite île aux marins et ses pierres à sécher, les ouvrières de l’usine à morues se parfument avec Poison de Continuer la lecture#anthologie #39 | avant la fin

#anthologie #32 | constat à B

B est une commune française de douze mille sept cent soixante-quinze habitants, ce qui ne tient pas le compte de ceux qui viennent de partout la voir en bus, en train, ou bien ils prennent l’avion et ensuite un taxi et vont doubler sur l’autoroute des campings cars, avec leurs vélos accrochés à l’arrière sous des autocollants de mustangs au Continuer la lecture#anthologie #32 | constat à B

#anthologie #31 | Fantôme

Je n’avais jamais osé en parler avant. Je vous remercie de me convoquer, de me laisser raconter quelque part ce que je n’ai jamais pu laisser transparaître dans cette vie, peut-être pourrais-je ainsi partir vraiment, même si plus personne ici bas ne pense à moi, et c’est tant mieux, j’ai certainement laissé à tout ceux qui m’ont croisé après un Continuer la lecture#anthologie #31 | Fantôme