#40 jours #08 | Tourner le dos à ma ville.

Déboucher sur l’esplanade en béton brut lissé. S’avancer jusqu’à la rambarde. La vue s’ouvre sur la ville, la ville un peu en contrebas, toi en surplomb. Toujours, ce qui attire d’abord, c’est le bleu du ciel, presque blanc. Des cirrus qui traînent. Sur ce ciel se détachent ces grands immeubles barres de la périphérie. Seuls signes de la ville, entourés Continuer la lecture#40 jours #08 | Tourner le dos à ma ville.

#40jours #08 | 48°53’58.1″N 2°20’09.9″E

Message illisible sur l’écran bleuté du téléphone qui s’allume dans la pénombre. Je suis sur le chemin du retour pour rentrer à la maison. Ces signes que je ne perçois pas tout de suite dans leur contexte initial. Une suite de chiffres et de lettres incompréhensibles. Je mets du temps à en saisir le sens. 48°53’58.1″N 2°20’09.9″E. En-dessous, une heure Continuer la lecture#40jours #08 | 48°53’58.1″N 2°20’09.9″E

#40jours #07 | sous-sols cadenassés

Imagine la petite à cinq ans, le panneau bas de la porte vient d’exploser, les parents et les petits étaient tout près, un recul, puis dépêchons-nous, ils descendent tous. Elle suppose maintenant qu’ils ont bien dû descendre et passer la petite porte en bois pour remonter très vite en haut du jardin en pente dans l’établi du grand-père en plein Continuer la lecture#40jours #07 | sous-sols cadenassés

#40 jours #07 | Labyrinthe

Au dernier étage de ce grand magasin, en plein cœur de Tokyo, la vue est magnifique, dans cette lumière laiteuse de l’après-midi. La veille, tu es venu accompagné par un guide qui connaît bien la ville. C’était le clou de sa visite. Tu as réussi à monter à nouveau jusque-là. La vue est tellement incroyable. Toute la ville se déploie Continuer la lecture#40 jours #07 | Labyrinthe

#40 jours #07 | Grandes bouches sombres

Dans ce rêve, tu marches, tu marches entre des empilements de crânes. Ils te regardent depuis leur mort. Ils sont tous bien rangés ces crânes des morts. Ils baignent dans la fraîcheur les crânes. Tu croises des chapelles naïves dessinées sur les murs. Parfois, dans les os des crânes, des trous. Qui les a faits ? Tu redoutes leur haleine de Continuer la lecture#40 jours #07 | Grandes bouches sombres

#40jours #04 | dans la pente

Trottoir en couches de bitume successives / épaisseurs d’éléphants / nappage noir sur revêtement usé / ourlets de lave séchée en bosses et replis sensibles à l’orteil fracturé ralenti dans la pente / macadam suturé de métal / grilles d’acier luisant sur le ventre enfoui de la ville / boucliers de cratères insondables / brillances d’huile évaporée / plaques de Continuer la lecture#40jours #04 | dans la pente

#40jours #6 | Carte / Ecart / Trace

Pour moi la carte, c’est d’abord une blessure qui ne laisse pas toujours de marque ni d’empreinte. Sur le corps la trace d’une cicatrice. Une vitre brisée. Remettre à plus tard, trouver le temps, ce que l’on espère. Carte du tendre. Prendre son temps, accepter de se perdre, de s’égarer, d’expérimenter en dehors des sentiers battus. Peut-être perdu, ne pas Continuer la lecture#40jours #6 | Carte / Ecart / Trace

#40jours #05 | valse à trois temps

Se replonger dans le salon-salle à manger de l’appartement d’enfance et adolescence, tournoyer à 360° dans le sens des aiguilles d’une montre, commencer à gauche donc par le long buffet en bois teinté chêne foncé, environ un mètre trente de hauteur, nombre de portes à jamais dans le flou, moulin à café ancien à manivelle, lampe à pied en étain Continuer la lecture#40jours #05 | valse à trois temps

#40jours #05 | entre Vercors et les Alpes

Tu y entres pour la 2éme fois. Trois étages par escalier, déjà sur le balcon la troisième porte à gauche. Un grand rideau thermique rouge velours se soulève dès la porte ouverte, tu te faufiles pour entrer dans un couloir étroit murs blancs et vieux carrelage par terre aux carreaux dix sur dix beige et marrons. deux portes fermées sur Continuer la lecture#40jours #05 | entre Vercors et les Alpes

#40jours #03 | Italo Calvino x 3

Lungomare Italo Calvino, San Remo
Large avenue de front de mer, ciel immense et mer à perte de vue. Deux voies séparées par un terre-plein central, alignement de palmiers variés : hauts au tronc courbé, trapus, palmiers nains. Petite digue de rochers près du rivage. Un homme en bermuda marche d’un pas décidé sur le bord de la chaussée Continuer la lecture#40jours #03 | Italo Calvino x 3