A propos de Émilie Marot

J'enseigne le français en lycée où j'essaie envers et contre tout de trouver du sens à mon métier. Heureusement, la littérature est là, indéfectible et plus que jamais nécessaire. J'anime des ateliers d'écriture au lycée et maintenant un peu ailleurs. C'est l'horizon mais beaucoup de chemin encore !

#P6 | Fragments de jours

Mardi Dans l’eau, un air d’opéra englouti ça et là par la vague. Dans le ciel, un aigle rencontre une mouette. Magie d’un cerf-volant ! Lundi Un jeune homme allongé, en appui sur ses coudes, yeux fermés, oreilles casquées de blanc, balance frénétiquement la tête. Devant lui, la marée haute bat son plein. Dimanche A marée basse, grands chantiers sur la Continuer la lecture#P6 | Fragments de jours

#P5 | Viscéral

ventre qui se tord en ver d’angoisse Tout commence dans le ventre. C’est le signe de la fracture. Que plus rien ne va. C’est immédiat. Ca saisit. Ne laisse pas le choix. Hurle sans détour. L’angoisse se loge là où tout commence, au plus ombilical de l’être. Elle est viscérale. S’ingère, ne se digère pas, coupe l’appétit, nourrit de l’intérieur, Continuer la lecture#P5 | Viscéral

la fabrique | Emilie Marot, tenir debout avec Albane Gellé

Modeste pierre à l’édifice mais ce contre-don me tient à cœur ! La proposition est un écho au magnifique recueil d’Albane Gellé, Si je suis de ce monde (Editions Cheyne, 2012/13/18), qui accompagne à l’origine une exposition, Tenir debout (Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, 2011). L’art comme acte de résistance aux épreuves et à l’adversité. Quelques extraits : Tenir journal Continuer la lecturela fabrique | Emilie Marot, tenir debout avec Albane Gellé

#P4 | on ne les entend pas

c’est bien simple, les filles, on ne les entend pas ! et les filles, l’aînée surtout, de sourire et de rougir… ce qu’elles sont sages ! c’est incroyable ! et les adultes de sourire en retour à ces sourires si sages, si muets, si reposants d’enfants modèles…une main que l’on passe sur les cheveux…des regards entendus et satisfaits… et l’ainée de goûter à Continuer la lecture#P4 | on ne les entend pas

#P2 | Carton

petit moyen grand carton haut bas plié déplié replié déchiré fabriques de cartons piles de cartons emménager déménager regretter les gros désirer les petits emmagasiner livrer porter faire défaire refaire les cartons crouler sous les cartons rêver de cartons ne plus savoir ce qu’il y a dans les cartons carton rouge faire un carton cartonner ou se cartonner telle est Continuer la lecture#P2 | Carton

# P1 | Sommeil en vacances

Sommeil et rêves en vrac transbahutés dans la fraîcheur d’un sac de couchage, et bientôt, la joue posée, toute vibrante du moteur, dans l’odeur de la nuit, des réverbères, du gasoil et des grands départs en vacances S’endormir dans la nuit noire et ouvrir les yeux éclaboussés de lumière, les paupières closes pour seuls volets Rai de lumière dans la Continuer la lecture# P1 | Sommeil en vacances

A verse

Vaste et ample rumeur du vent dans les feuillages comme une vague. Et puis d’un seul coup d’un seul. Ca crève crépite tambourine fracasse trombe vacarme tôles et têtes, ça délave brouille efface l’horizon soluble tout barbouillé de gris de grains de gouttes drues à verse, ça ruisselle dévale court cascade, ça remue déluge déborde terre et ciel en crue Continuer la lectureA verse

la plupart ne peuvent plus se reconnaitre

celle qui transpire l’angoisse de disparition jusqu’à poisser l’âme de celle qui est sa petite-chair et ses petites-entrailles ; celle qui perd son premier mari des suites de la grippe espagnole et son second sur le champ de bataille de la seconde guerre ; celle qui, digne, cheveux gris relevés en chignon, en bout de table, contemple l’angoisse de sa fille faire Continuer la lecturela plupart ne peuvent plus se reconnaitre

Mon visage ne m’appartient pas…

Il fait nuit et je ferme les yeux pour ajouter ma nuit à la nuit de la chambre. Je parcours en aveugle les lignes de ton visage endormi.  J’aimerais pouvoir me targuer d’en connaître par cœur les aspérités, d’en avoir surpris la première ride. Ton visage est le mien. Dans la nuit tu me fais face et je sculpte ton Continuer la lectureMon visage ne m’appartient pas…

Ça partirait de là…ça pourrait donner ça…

Ça partirait de là… « Assis couché DEBOUT assis couché DEBOUT bien dressé au garde-à-vous qu’il est de bout en bout fait tout dans l’ordre tout comme il faut dressé qu’il est et pendant que l’ordre à képi s’entête assis couché DEBOUT et que le corps obéit la tête elle vagabonde se souvient d’un bout de dictée les pins bleus DEBOUT Continuer la lectureÇa partirait de là…ça pourrait donner ça…