A propos de Nathalie Holt

A commencé en peinture, a vécu de théâtre et d’opéra, des années de scénographie plus tard ne photographie pas que son lit, tient son journal en images, écrit et marche chaque jour a publié un peu pour aller au bout d’un geste ( Ils tombaient ) ( Averses) https://www.amazon.fr/stores/author/B09LD7R2KY . Écrit pour lire.

#anthologie #07(2) | la baie

La vitesse avec laquelle la lumière remontait; j’avais éteint la lampe, mais, à cause de l’écran de l’ordinateur allumé, je ne pouvais échapper à mon reflet; derrière le vitrage quelque chose tremblait, était-ce mon reflet ou le feuillage qui tamisait la vue en plongée sur la baie; était-ce ma peur de voir venir le jour; sur la vitre les poussières Continuer la lecture#anthologie #07(2) | la baie

#anthologie #07(01) | un lampion

on attendait la nuit, le grand noir du ciel bleu-noir, on se disait pourvu qu’il ne pleuve pas, car tout serait gâché – et il pleuvait parfois- ; il y aurait la fanfare, les bonbons sur le port, et le dessert qu’on mangerait en rentrant en s’éclairant à la bougie pour faire durer la fête. Comme pour la pêche – Continuer la lecture#anthologie #07(01) | un lampion

#anthologie #06 | impuissance

laissée en rade dans le bois, plus que les arbres devenus si grands, plus que le silence, et ses bruits, devenu si grand ; ce qui paraissait familier ou du moins semblait l’être retourné comme un gant hérissé de dents; tout plus vaste, tout plus vide et plein ; dans la cour à l’écart avec son habit de feuilles, une Continuer la lecture#anthologie #06 | impuissance

#anthologie #05 | Marie-Madeleine née Dupire

Je suis Marie-Madeleine Collin née Dupire à la Souterraine dans la Creuse le vingt-sept février mille neuf cent cinquante-deux à zéro heures vingt minutes trois rue Raymond Joyeux ; je suis Marie-Madeleine Dupire épouse Collin née à huit mois et une semaine à la force des fers, déclarée fille de Jacqueline Armande Dupire et de personne ; Jean me suis dit Continuer la lecture#anthologie #05 | Marie-Madeleine née Dupire

#anthologie #04 | en vrac

habiter la fenêtre sur cour, rue, jardin, même aveugle habiter s’enfouir se hisser trouver la branche maitresse entre ciel et terre habiter l’arbre habiter laisser trace; la paire de chaussures, la robe, le livre… c’est ici qu’ elle aurait habité ; on la cherche habiter la chambre du tableau; accrocher le tableau de la chambre, se dire : c’est ici Continuer la lecture#anthologie #04 | en vrac

#anthologie #03 | l’homme

L’homme était par terre, un corps long sale. Dès que je l’ai vu, dès que j’ai vu cet homme je me suis dit je vais le relever et je vais le prendre dans mes bras. Le prendre. L’emmener et le garder avec moi. Contre, je me disais. Le regardant cet homme je le pensais. Un homme je pensais en moi Continuer la lecture#anthologie #03 | l’homme

#anthologie #02 | […]

le papier peint aux impressions de […] d’infimes variations ton sur ton bois de rose, l’usure aux raccords des lés comme gratté avec l’ongle, le bord, juste le bord […] traces, surtout le mur de droite […] traits de crayons chiffrés, à un mètre du sol environ, le premier partant du bas : 1m20 c’est inscrit, puis tous les cinq centimètres, les Continuer la lecture#anthologie #02 | […]

#anthologie #01 | chambres: 11H17 à 08H18

Avancer à rebours, faire l’inventaire, ramener à la mémoire. Choisir. Frapper. Attendre. Tourner la poignée entrouvrir : s’excuser. Aller à l’autre porte : « ne pas déranger ». Passer. Avancer. Frappant se demander: ouvrir. Ouvrir avec sa clé. Entrer. Balayer du regard : lit recouvert, rideaux tirés, plateau sous la fenêtre ; il y a ou il n’y a pas plateau, ils prennent Continuer la lecture#anthologie #01 | chambres: 11H17 à 08H18

#anthologie #prologue | un jour

Un jour je suis commencée; je suis une potentialité d’être sous les fleurs d’une robe qui n’a pas l’air de noce. Je suis neuf stations (jour pour jour) : à terme. Je monte à la vie : la mère de la mère a les yeux dans l’origine et voit une boule de cheveux noirs. Je passe. Je suis d’un embrasement Continuer la lecture#anthologie #prologue | un jour

#versuneécopoétique #02-01 | vers un…

#02 | à compléter Boite de serviettes périodiqueOn ne dit pas le sang qui fait tourner le vin du chai – sinon à mots détournés –, ce qui entoure le corps des femmes est tabou. Il y a « rouge », « anglais débarqués », «truc» (même « machin ») : surtout truc. Tu as tes trucs ? La mère note dans le calendrier (menstruel): Continuer la lecture#versuneécopoétique #02-01 | vers un…