A propos de Nathalie Holt

A commencé en peinture, a vécu de théâtre et d’opéra, des années de scénographie plus tard ne photographie pas que son lit, tient son journal en images, écrit et marche chaque jour a publié un peu pour aller au bout d’un geste ( Ils tombaient ) ( Averses) https://www.amazon.fr/stores/author/B09LD7R2KY . Écrit pour lire.

Hôtels en chambres: liste (à continuer)

Celle au cabinet bidet avec un radiateur en fonte, juste un rideau froncé, des draps de nylon et ce cheveux très long qui ne pouvait pas être à toi.  Celle aux murs de fausses pierres, moulage plastique au bruit de Tupperware  avec une terrasse de béton qui donne sur la mer.  Celle de tes noces on voit le cimetière Montmartre Continuer la lectureHôtels en chambres: liste (à continuer)

L’arrêt (esquisse)

Il peut continuer à pieds mais il y a les bandoulières de son sac à dos; elles lui cisaillent l’épaule, celle de droite surtout, usée jusqu’à la corde et rafistolée avec un bout de corde trouvée au fond du sac. Il faut qu’il lâche au moment d’arriver. Ce sac, vingt deux ans qu’il le traine. Improbable c’est le mot que Continuer la lectureL’arrêt (esquisse)

Sans début ni fin

Dans une voiture rouge sur l’aire d’autoroute avec l’enfant. Et Le sommeil de l’enfant grésille. Contre elle sous l’édredon qui a cette légère odeur de moisi. Sur le couvre lit d’une chambre d’hôtel aux boiseries de cauchemar. Clandestinement. Derrière la banque d’accueil du même hôtel, par terre.  À Nice dans une maison louée pour un film. La chambre du bas. Continuer la lectureSans début ni fin

Eau de scène(4)

Il y a un robinet sur le côté gauche de la scène. À jardin. Un robinet perché sur un tube de métal. Comme une arrivée d’eau de cour ou de jardin à laquelle on branche les tuyaux d’arrosage. C’est l’enfant du deuxième rang qui le remarque.  Il n’écoute pas les acteurs, tous ces mots qu’ils disent dans leurs  voix tordues. Continuer la lectureEau de scène(4)

Olfactive

Eau de flacon, de bleuet, de Cologne, de rose. Est-ce le verre qui te fait bleue, ou rose, qui te dore ? Eau d’ambre. Eau couleur d’encre. Eau de musc, de bois, de fleur. Parfumée. Enchâssée dans le verre qui t’intime sa forme et te ressemble—comme une eau pétrifiée ou gelée. Encapuchonnée. Succédané de  l’odeur de leurs peaux. Sans la peau. Continuer la lectureOlfactive

Eau de scéne(3)

On l’a pendu dans les cintres: un de métal avec sa pomme. On actionne un petit mécanisme. Une poulie liée à deux contrepoids et l’arrosoir penche. Juste ce qu’il faut pour verser l’eau. Un beau jet de pluie circonscrit. On dirait qu’il fait pipi, avait dit l’enfant qui passait. L’acteur ouvrait son parapluie. L’eau faisait pluie. L’illusion était parfaite. Le Continuer la lectureEau de scéne(3)

Eau de scène(2bis)

Sur la scène l’étang est un grand sceau de fer plein d’eau. Une toile, elle penche, représente un arbre. Les spectateurs croient voir l’étang. Ils croient voir la forêt. W entre avec le couteau, il poignarde Marie. Les spectateurs croient voir le sang de Marie sur le couteau et sur sa robe. W jette le couteau dans l’eau. L’eau du Continuer la lectureEau de scène(2bis)

Eaude scéne(2)

« Petit cheval. Petit cheval », chante l’enfant sot. C’est une pièce en morceaux. Une caserne. Une place. Une chambre. Et l’orée d’une forêt au bord d’un étang. Avec un meurtre.  W tue Marie sur la scène. L’étang est un grand seau de fer plein d’eau. W voit la lune dans l’eau. W dit le couteau perdu qui l’accuse. Les spectateurs croient Continuer la lectureEaude scéne(2)

Eau de scène(1)

Lucrèce va mourir. Le viol l’a déshonorée. Elle s’avance. Elle ne contourne pas le petit bassin qui lui fait obstacle, traverse l’eau. Sa robe rouge se traine. Mouillée devient noire. L’eau s’éparpille en reflets, des murs de la scène aux murs du théâtre. L’eau entre dans leurs yeux. Lucrèce lève le couteau. Se frappe en plein cœur. Tombe longue sur Continuer la lectureEau de scène(1)

LAC

Tu vois le lac d’en haut. Comme un œil blanc au milieu de l’image. Comme l’œil crevé du chat. Il y a cette barque au milieu du lac. Une femme s’y tient assise. Sa silhouette blanche. Une vieille femme. Sa chevelure épanchée sur l’eau. Grise. La barque encalminée elle pourrait disparaitre aspirée par l’eau ; elle pourrait, emportant la femme. Continuer la lectureLAC