#40jours #09 | iels

Elle, dans sa salopette écrue, son tee-shirt noir, ses bottines panthères, son chignon haut « vite fait » et sur l’avant bras un large cabas en osier avec des poignées en cuir marron. Elle parle avec deux copines tout en faisant des grands gestes, dans différentes directions. Elle explique à l’une où se trouve le marchand de légumes, à l’autre la parfumerie. Continuer la lecture#40jours #09 | iels

#40jours #11 | j’ai tout perdu

Tout est de la faute de la distraction. J’étais assis dans ce café, il allait bientôt fermer et je n’avais pas envie de rentrer trop vite chez moi. Alors je l’ai regardé. Machinalement je l’ai regardé. Et le gars bien sûr l’a vu, il a bien vu qu’il allait pouvoir en profiter, il s’est imaginé peut-être même toute la vulnérabilité, Continuer la lecture#40jours #11 | j’ai tout perdu

#40jours #10 | comme des mots expulsés du dedans

Tu me dis de fermer les yeux de creuser avec de descendre de reconnaître de suivre les traces mais j’ai si peu, si peu de souvenir de ma ville. ——— Ma ville est là en moi comme un alignement de cartes postales vieillies elle est figée comme ces images de cartes postales cornées elle est silencieuse comme un livre de Continuer la lecture#40jours #10 | comme des mots expulsés du dedans

#40 jours #09 | Europe Nuit

04 : 13 Nous voici quelque part en Autriche (ou peut-être sommes-nous encore en Allemagne). Le chauffeur du car nous lâche sur le parking. Il dit : « Cinq minutes. Nous devons passer la frontière avant 7h. » Les femmes font la queue devant les toilettes. Nous ne sommes que trois hommes. À l’arrière du bloc sanitaire les poids lourds dorment en épi. J’aurais Continuer la lecture#40 jours #09 | Europe Nuit

#40jours #10 | Exelmans.

Je me souviens peu du métro Exelmans. Dans quelle rue se situe t’il ? A quoi ressemble son entrée ? Bien que beaucoup de stations de métro parisiennes se ressemblent, elles ont toutes leurs petites particularités : le bistrot à côté dont le nom nous est resté en mémoire, une boulangerie, que sais je? Ici rien. Je ne sais pas Continuer la lecture#40jours #10 | Exelmans.

#40jours #10 | ce dont plus personne ne se souvient

Je suis arrivé il y a trente-trois ans, par hasard, je faisais du vélo et j’ai vu l’affiche. J’ai peu de souvenirs. Il y avait un colombier superbe, j’ai vu des photos. La ferme n’était déjà plus là. Il y en a qui pourraient raconter sûrement. Les soeurs V. il faudrait aller les voir, elles ont dépassé les quatre-vingt-dix ans. Continuer la lecture#40jours #10 | ce dont plus personne ne se souvient

#40jours #11 | les fois que perdu

Parce que les fois que perdu, tu mémorises. Les rares fois que perdu, dans le même arrière-fond sombre du crâne, et qui ressurgissent ensemble. Les fois que perdu, dans le fond du crâne dans un endroit à elles toutes ensemble, une fête noire et sinistre, elles rient de toi et ricanent pour toujours. Une nouvelle copine qui vient, et ça Continuer la lecture#40jours #11 | les fois que perdu

#40jours #04 | d’un sol à l’autre

Attention où tu mets les pieds, tiens-toi à la rambarde, il pleut, l’eau roule sur le trottoir, les flaques brillent, tu sautes, ça gicle sur tes chaussures, les pavés arrondis de tant de pas brûlent tes pieds nus, l’herbe pousse entre les dalles, une fleur volontaire dresse sa tige sur le bord du couvercle en fer de la bouche d’égout, Continuer la lecture#40jours #04 | d’un sol à l’autre

#40jours #10 | télégraphe

Remonter la ligne 11. Se rappeler. Presque tout. Châtelet. Bien. Goncourt. Tout. Belleville. parfaitement. Jourdain. Comme si on y était. Porte-des-Lilas. Maréchaux. Périph. Pourtant. Station Télégraphe. Peu de souvenir. Doit être profonde. Comme les autres. Imaginer. Station fantôme. Après Place-des-Fêtes. Avant Télégraphe. Ne pas se rappeler son nom. Et pour cause. N’existe pas. Télégraphe existe. Elle. Mais peu de souvenir. Continuer la lecture#40jours #10 | télégraphe