#40jours #22 | midi dix à l’horloge de l’usine

Midi dix à l’horloge de l’usine : les tatoueurs sont assis sur un vieux siège de voiture défoncé, ils boivent des bières, attendent d’improbables clients. Midi dix à l’horloge de l’usine : photo de la fanfare, on tient à peine tous sur les escaliers, casquette bien droite, cravate serrée, sourire de circonstance. Midi dix à l’horloge de l’usine : la muette balaie les Continuer la lecture#40jours #22 | midi dix à l’horloge de l’usine

#40jours #23 | traversée

Le plus court chemin d’un point à un autre est la ligne droite sa grand-mère lui répétait l’adage quand perdue dans les circonlocutions elle peinait à réclamer une faveur: sucrerie jouer chez les voisines la fête foraine la piscine où il fallait se rendre en voiture. Droit au but! Qu’est-ce que tu veux? Le message clair restait prisonnier de sa Continuer la lecture#40jours #23 | traversée

#40jours #17 | trois et plus

Le mot nomenclature dans sa tête il se confond avec Kommandantur. Elle doit retrouver le papier. Elle n’a jamais bien su ranger. Les années se déversent des sacs. Tout confondu. Lettres. Listes. Factures. Feuilles avec ou sans le cachet faisant foi. Cartes périmées et partitions en miettes, même un archet. Il ne faudrait pas mettre la musique dans le même Continuer la lecture#40jours #17 | trois et plus

#40jours #21bis | instructions pour les voyageurs

Revenons au protocole sur lequel j’ai botté en touche un peu trop facilement. Retroussons les manches et réfléchissons. Voyons comment les mots arrivent les phrases les paragraphes, le texte tout entier, et surtout sans vouloir faire de la littérature, en pratiquant tout simplement une prise de notes. A quoi je pense quand je dis protocole ?  Sous la forme de Continuer la lecture#40jours #21bis | instructions pour les voyageurs

#40 jours #08 | Rive gauche, retours à la vie

On en ressort toujours dans le même état, un peu sonné comme après un long voyage ou une nuit agitée, les yeux plissés, la langue pâteuse, les jambes un peu lourdes. Quoiqu’on ait vu, le réel nous prend de court, il va falloir quelques temps pour admettre ce retour à la vie qu’on avait oubliée. Aux Halles, on émerge des Continuer la lecture#40 jours #08 | Rive gauche, retours à la vie

#40jours #23 | même pas mal

Traverser l’écran de la télé, atterrir à la maison de la radio, les voir en vrai les maîtres à penser, les manipulateurs d’idées, mais oui je l’ai fait. Ce n’est pas compliqué il suffit de le décider. Alors puisque c’est facile, je vais faire un petit tour à l’Élysée, la grille est fermée peu importe, les grilles je m’en moque, Continuer la lecture#40jours #23 | même pas mal

#40 jours #21bis | K arraché

« Il était tard lorsque K. arriva. Une neige épaisse couvrait le village. » Tu lis ça, sur la page arrachée et poussée à tes pieds par le vent d’hiver. Tu pars pour le lycée, tu lis dans le bus, ça t’occupe le voyage et la tête. Y voir un signe le fait que tu sois le destinataire involontaire de cette page Continuer la lecture#40 jours #21bis | K arraché

#40jours #22 | avenue de la plage

premier août il fait beau c’est-à-dire ciel bleu avec nuages en queue de jument —  La Pergola a été repeinte d’un jaune beurre frais durant l’hiver, c’est écœurant ce jaune je préférais les murs blancs les volets vert sapin — les vacanciers arrivent — l’avenue s’anime d’un seul coup, se charge de voitures — on ouvre les maisons, des voix Continuer la lecture#40jours #22 | avenue de la plage

#40jours #23 | Evil Dead sans acide mais on y laisse peut-être des plumes

– Atchiiiiiiiiiiiiii ! Après plusieurs tentatives avortées et ô combien frustrantes – réprimer un éternuement est aussi peu gratifiant qu’une éjaculation bloquée net par une vision d’horreur (au choix : apercevoir sa mère en petite culotte ouvrant la porte au moment paroxystique) –, l’éternuement en question éclate, bondit, retentit, explose, tonne, tempête, hurle et transperce le mur d’un jet sonore libérateur.  Les Continuer la lecture#40jours #23 | Evil Dead sans acide mais on y laisse peut-être des plumes

#40jours #23 | highway to hell

On ne quitte pas la ville sans effort. La ville ignore l’individu. La ville est un virus .  Elle est assoiffée de sang humain. Il lui faut de la foule de la masse alors elle s’épaissit, se densifie renforce lentement son centre d’inertie. Plus elle croît, plus il deviens difficile pour l’individu de lui échapper, elle tourne sur elle même, Continuer la lecture#40jours #23 | highway to hell