#anthologie #07 | souris

Ce soir nous étions au restaurant, les amis américains de passage nous ont invités. Robert a voulu boire du coca, ils ont une potion française qu’il a trouvée correcte. En rentrant j’ai lu la consigne lumière-durée. La nuit est tombée, noire sur le jardin, des lumières restent allumées sur l’immeuble en face et s’éteindront peu à peu comme pour rythmer Continuer la lecture#anthologie #07 | souris

#anthologie #06 | Seule sans l’évidence

Une vague de chaleur s’est installée sur l’hexagone. Je n’aime pas cette expression mathématique pour parler de mon territoire. Surtout je ne la comprends pas, cela ne va pas de soi, aucune évidence. Alors je m’interroge, j’essaie de piger. D’où vient ce choix d’utiliser une figure géométrique pour parler d’une géographie? Est-ce une manière de se prendre au sérieux? Mais pour Continuer la lecture#anthologie #06 | Seule sans l’évidence

#anthologie #06 | À bon entendeur

Seuls dans la rue à deux heures du matin, le monde au-dessus de nos têtes, enfoncé dans le sommeil. Seuls au monde dans la ville endormie. On parle comme en plein jour, et même, le silence insistant, plus fort. On force les rires, on glousse, on claque les pas, chahuter nous rassure, on leur fait une bonne blague, personne n’y Continuer la lecture#anthologie #06 | À bon entendeur

#anthologie #06 | impuissance

laissée en rade dans le bois, plus que les arbres devenus si grands, plus que le silence, et ses bruits, devenu si grand ; ce qui paraissait familier ou du moins semblait l’être retourné comme un gant hérissé de dents; tout plus vaste, tout plus vide et plein ; dans la cour à l’écart avec son habit de feuilles, une Continuer la lecture#anthologie #06 | impuissance

#anthologie #06 | p’tit louis

Moins tu rencontres de gens moins tu rencontres de cons disait le père Goupil dans un court métrage du fiston, première partie de Sauve qui peut (la vie). Seul dans son élevage de dindes vs mon rêve de solitude dans la grande ville, Paris pour être seul. Marcher dans des rues où personne ne te connait, ne sait ni d’où Continuer la lecture#anthologie #06 | p’tit louis

#anthologie #05 | Elle poussait son corps devant elle

Elle portait son corps devant elle…Elle poussait son corps devant elle… Des cliniques portent des nom de Saints , Sainte thérèse, Sainte Marie, St Paul , st Augustin ceux qui y exercent sont plus ou moins en bienveillance , plus ou moins en compétence, c’est l’écoute qui compte le plus. C’est un chirurgien plasticien dit aussi chirurgien esthétique qui appelle Continuer la lecture#anthologie #05 | Elle poussait son corps devant elle

#anthologie #06 | Au bord de moi-même

C’est le reflet dans la fenêtre. C’est mon reflet dans la fenêtre. J’apprends à me regarder en détournant le regard de tous les grands miroirs qui peuplent mon appartement, mais la fenêtre, je l’oublie. Je regarde à travers elle, les enfants dans la cour de l’école, les chiens dans le square, les passants qui jettent leurs bouteilles dans le grand Continuer la lecture#anthologie #06 | Au bord de moi-même

#anthologie #04 | habiter

1:Ça commence avec un lancinant écho, douce mélopée : Allain Leprest en duo avec Yves Jamait « Je le sais, c´est notre Terre Quatre murs, quatre saisons Sont-ils vraiment ma maison? J´habite tant de voyages De creux, de mains, de nuages J´habite des cieux sans bornes Rien qui n´ait vraiment de forme » 2: Vivre et habiter, en français, en Continuer la lecture#anthologie #04 | habiter

#anthologie #05 | PPP

Il porte son corps devant lui. Il est debout, en pantalon de toile, manches retroussées sous le blouson de cuir, une énergie vitale dans le regard, une énergie dans le geste, dans les plis cassants des étoffes que le peintre emprunte au XVIIe siècle. Il porte littéralement son corps devant lui, son cadavre. Son corps devant lui porté à bout Continuer la lecture#anthologie #05 | PPP

#anthologie #05 | La femme-Auguste

Je sus avant même la sortie de mère marcher sur ta tête. Je suis celle dont on mordit la naissance alors que dejà morte. Collée contre l’homme qui m’empêcha de me parler, je roule dans l’histoire comme un de ses fils, devant toi pas prénommée moi. Je suis celle qui donna nom à l’oubli d’elle. Je suis l’homme qui mangera Continuer la lecture#anthologie #05 | La femme-Auguste