#40 jours #11 | dédale

La ville est inconnue. On y a débarqué il y a seulement trois jours, on loge dans une chambre sommairement meublée dans un petit hôtel tenu par des réfugiés, on a bien l’intention de découvrir, on y va, on explore avec une carte en main — carte simplifiée récupérée au bureau de tourisme de l’aéroport –, la plupart du temps Continuer la lecture#40 jours #11 | dédale

#40 jours #11| quelques semaines

vingt et un juin tout est perdu – voilà un type qui n’a pas vingt ans et qui s’engage pour aller combattre, c’est la guerre (mondiale, numéro deux) – son père a disparu, arrêté par la police française, il a été envoyé en métropole – prison, attente, puis plus de nouvelle – il faudrait voir les papiers qui restent il Continuer la lecture#40 jours #11| quelques semaines

#40 jours #11 | l’enfant perdu

L’enfant dans le corridor, l’enfant dans la cave, l’enfant dans la grange, l’homme ne sait pas, ne sait plus, mais il y avait un enfant, il y avait ce dessin de cheval, où est-il passé, ce dessin de cheval, un cheval blanc, celui de cet endroit qu’on appelait l’écurie au cheval, mais le cheval est mort, dit-on, le cheval est Continuer la lecture#40 jours #11 | l’enfant perdu

#40 jours# 10 près de la gare

J’ai peu de souvenir de la ville aux odeurs acres d’huile d’olives, j’ai peu de souvenir de la ville aux odeurs de souffre de l’usine SIAPE de Sfax, j’ai peu de souvenir des odeurs de jasmin, j’ai peu de souvenir de la ville au petit souk aux épices, j’ai peu de souvenir de la ville aux cigarettes rouges, je n’ai Continuer la lecture#40 jours# 10 près de la gare

#40jours #11 | Déluge

Les trottoirs ruisselaient, il pleuvait assez pour qu’on considère ce flux comme l’ordinaire et les jours secs comme l’exception. On ne se souvenait pas qu’il n’ait pas plu. Le pire s’insinuait dans les esprits et les plus pessimistes s’embourbaient dans des calculs de probabilité sans fin. Cependant la submersion des terres diagnostiquée par des cohortes de spécialistes ne se produisait Continuer la lecture#40jours #11 | Déluge

#40 jours #11 | perdition

Toutes les rues où l’on se perd se ressemblent, quelles que soient les villes, dans les villes bidons comme dans les bidonvilles. Pas les lieux où l’on se retrouve perdu (idiote formule puisque si retrouvé plus perdu), pas les voies qui nous égarent, pas la fausse route qui nous étouffe. Les lieux dont la fin, la seule fin, est la Continuer la lecture#40 jours #11 | perdition

#40 jours #11 | Perdu

Perdu dans un rêve. Perdu dans un rêve d’une ville. Ce sentiment d’urgence au dedans. Perdu aux pieds d’une gigantesque barre d’immeuble. Architecture masse des périphéries urbaines des années 70. Vieillit mal. Façade de couleur beige/orange domine, écrase, sans fin. Monstrueuse. Impossible d’en voir ni le bout, ni le haut. Sur les premiers niveaux, protégés par des grilles, immenses parkings Continuer la lecture#40 jours #11 | Perdu

#40Jours #11 |Perte anagramme de Prête ?

« Il m’était apparu que tous les êtres humains se divisaient entre ceux qui voulaient avancer et ceux qui voulaient retourner en arrière. Ou pourrait-on dire, ceux qui voudraient continuer à avancer et ceux qui voudraient être arrêtés dans leur parcours comme par l’épée flamboyante. » Louise glÜck, nuit de foi et de vertu Mathilde a quitté la ville, elle ne sait Continuer la lecture#40Jours #11 |Perte anagramme de Prête ?

#40 jours #10 | chanson

vingt juin J’ai peu de souvenirs du Kram – j’ai peu de souvenirs de ces moments-là je les invente en allant – j’essaye d’écrire à propos de cette époque-là pour en garder le souvenir vivant, pour qu’ils (elle et lui) reviennent un moment – un peu plus de réalité que celle de ces deux parallélépipèdes noirs, on peut y voir Continuer la lecture#40 jours #10 | chanson

#40 jours #10 | rancune

Trop nombreux, ils m’étouffent. Entre les souvenirs perdus et ceux que l’on s’efforce d’effacer, une pièce noire où la mère peut enfermer l’enfant, en haut d’une avenue qui porte le nom d’un saint, dans une ville prétentieuse et factice où une fois l’an on change dix fois par jour le tapis rouge d’escaliers mythiques. Ceux qui me manquent sont au Continuer la lecture#40 jours #10 | rancune