#40jours #04 | Sols vivants

La plupart du temps ce sont des sols de papier : sols vivants, perméables, organiques, terre végétale, platelages bois, noues, berges lagunées, merveilleux dessins qui ne prendront jamais corps, parce que dans le détail, longrines béton pour contraindre les racines, réseaux GRTGaz à confiner, bassins d’orage pour arranger tout le monde.  Deux fois par jour, la marche confronte les plans Continuer la lecture#40jours #04 | Sols vivants

#40 jours #04 | Des pavés et des roulettes

Cela fait des années que St Andrews n’est plus desservie par les trains. Il faut s’arrêter à la gare la plus proche et prendre un bus ou, si on ne veut pas attendre, un taxi. On récupère sa valise, on la fait glisser sur les trottoirs, les mêmes que partout au Royaume-Uni : de larges dalles lisses en béton, rectangulaires, dont Continuer la lecture#40 jours #04 | Des pavés et des roulettes

#40 jours #05 | Le souvenir revient

Le souvenir est dans la chambre du fond. Odeur de naphtaline. Du balatum beige. Tapisserie claire à motifs anciens et incertains. Au centre de la pièce un pilier de bois sombre soutient une poutre perpendiculaire qui traverse/renforce le plafond, assez bas. Un petit lustre art déco diffuse une faible lumière orangée. En dessous, une table ronde recouverte jusqu’au sol par Continuer la lecture#40 jours #05 | Le souvenir revient

#40jours – 05 | On tourne en rond…

Caméra au bout des doigts, main droite quatre doigts à la verticale, engagés sous la sangle et phalanges pliées en bec fermé avec le pouce calé en dessous. Chercher la stabilité de la poigne. Main gauche disponible pour activer le démarrage puis le zoom avec l’ index et le pouce gauches. Les autres doigts un peu niais,un peu, encombrants pour Continuer la lecture#40jours – 05 | On tourne en rond…

#40 jours #05 | la caméra-valise ou le divan-cercueil

Soyons clair: une caméra, c’est une caméra. Qu’elle soit en bois avec une manivelle comme celle qu’utilise en 1929 Mikhaïl Kaufman pour le film de son frère Dziga Vertov ou remplie de programmes et miniaturisée à l’extrême comme le tout dernier modèle des action cam, ne change rien. Ni au langage que les images peuvent être et produire. Ni aux fondamentaux Continuer la lecture#40 jours #05 | la caméra-valise ou le divan-cercueil

#40jours #02 | je sais tout

***19h15*** le soleil couchant baigne la façade du K282, Mercy Street, personne aux balcons, il fait encore trop chaud, l’immeuble semble fermé sur lui-même, stores baissés, ça ne fait rien moi je vois tout même l’intérieur des appartements inoccupés où par moment de la poussière s’effondre aux angles des murs, comme au rez-de-chaussée où trois appartements sur cinq sont vides. Continuer la lecture#40jours #02 | je sais tout

#40jours #04 | les quatre saisons

En été Odeur de bitume  Brûlé Air surchauffé Dilaté Au raz Du trottoir Je me fais Aventurier  Ébloui  Par le mirage  Avant l’oued  Et mes claquettes  Claquent sur le sol Puis claquent mon talon  Ça fait Clic Puis Clac  Plus loin  Échapper au volcan Du goudron En éruption Liquéfié En fusion Les bulles Éclatent  A la surface Mes claquettes  Clic et clac Continuer la lecture#40jours #04 | les quatre saisons

# 40J. #04 | Le pied au plancher.

La bande blanche, c’est bon, juste repeinte à l’instant le goudron parait plus sale. La suivante déjà rejointe, des mégots collés dessus déjà, le marché vient de se terminer, le jeu est de traverser la place en zig-zags une tomate écrasée, le masque abandonné, un mouchoir, un vrai tableau de peintre pour une exposition, une collection de sacs plastiques précède Continuer la lecture# 40J. #04 | Le pied au plancher.

#40jours #04 | sols courants

# 40 jours # 04 Sols courants Les petits carreaux ocres 10/10 de la salle de bain, les lames en chêne 20/7,5 du hall d’entrée de l’appartement, un seuil étroit en marbre, les carrelages en granito 20/20 du palier, une tranche de fer une tranche de vide entrée dans l’ascenseur, un tapis– paillasson industriel coupé sur mesure, une tranche de Continuer la lecture#40jours #04 | sols courants

#40 jours #04 | Tirer des fils

Volée d’escaliers et déjà, l’aventure me saute au cou comme une fidèle amie, je descends les deux étages, marches que je connais par cœur désormais, depuis ces trois années que je vis dans cet appartement, j’utilise la rampe pour me laisser porter dans les tournants tout en dévalant les marches, et c’est un bonheur toujours nouveau, le corps qui plane Continuer la lecture#40 jours #04 | Tirer des fils