#construire #05 | sur ces épaules

A un bout, en bas, c’est un petit bâtiment moyenâgeux qui fut longtemps ensablé dans la dune, on dit qu’alors les portes de maintenant étaient fenêtres. Il est de pierres blanches qui, les soirs, blondes éblouies par la lumière de l’ouest, celle qui vient de la mer, rougissent lentement puis disparaissent dans la nuit, l’enfant ne voit plus rien. A Continuer la lecture#construire #05 | sur ces épaules

#construire #05 (2) | à claire voix- jalousies

Éphélides de poussière en contre-jour. Porte fenêtre grand-ouverte mais jalousies. Souvenir de pas sur le gravier: œil se dessine une robe de fleurs pâles, c’est peut-être un tablier bleu qui passe. De grands platanes à claire-voie pèlent ; entre la chaise et le miroir ombres en jeu d’eau. Grillons, mouches, guêpes ; un chœur d’insectes fait front. Œil écoute et Continuer la lecture#construire #05 (2) | à claire voix- jalousies

#construire #01 | c’est pas parce que ça a commencé que ça a débuté

Tout a commencé il y a longtemps, à l’intérieur, quand les questions se posaient de trouver les mots justes pour dire l’émotion, ou raconter une histoire importante pour soi qui, quand on la racontait, ne produisait aucun effet, et même si ce n’était pas l’effet qui était recherché, la perception de la platitude du récit poussait à se demander comment Continuer la lecture#construire #01 | c’est pas parce que ça a commencé que ça a débuté

#construire #05 | fenêtre en contre-jour

Grand rectangle de verre tanné ; attrape lumière comme attrape-rêves. Porosité du verre ancien. Vitre fatiguée aux saisons de pluies, de bruines, d’étés brûlants. Écran matière. Dehors ramené au plan : ciel à travers. Mur brique aveugle. Cheminées. Œil traverse. Battements d’ailes, nuages, passés au tamis des matières. Rester là voir. Bribes. Coulures. Poussières. S’absorber aux lueurs. Guetter l’instant. Non. Plutôt Continuer la lecture#construire #05 | fenêtre en contre-jour

#construire #05 | corps double en regard

Dans le sillage du lit flottant amarré au mur par un long cosy peuplé de livres, un meuble disparate leste toute la chambre et l’empêche de disparaitre. C’est un radeau de bois sombre, en hauteur : sur une table récupérée, est posé le haut d’un bahut avec portes, coffre de chêne dont la base correspond à la table. Les deux éléments Continuer la lecture#construire #05 | corps double en regard

#construire #04 | mini-vélo

Tu appuies de toutes tes forces, tends tes petites jambes, soulèves tes fesses de la selle du mini-vélo, mains serrées sur le guidon, dure la montée, longue la montée, à gauche l’école, l’école fermée, l’école aux volets toujours fermés, l’école on dit, drôle d’école sans élèves, drôle d’école sans maîtres et maitresses, sans cris, sans sonnerie, jambe droite, jambe gauche, Continuer la lecture#construire #04 | mini-vélo

#construire #04 | revenir là toujours

Devant toi la route passe par le pont pas d’autre possibilité. Tu marches sur le pont et tu t’arrêtes à mi-chemin des deux extrémités pour te pencher en posant les mains sur le muret de pierre tu avances le buste juste assez pour voir au dessous l’eau qui dévale et tu sens sur ton visage la fraîcheur qui monte — Continuer la lecture#construire #04 | revenir là toujours

#construire #04 | Quand Méde sort de chez elle

Médée sort de chez elle. Le chœur la suit. Le chœur Où penses-tu aller ? quelle cité te recevra ? quel hôte ? qui acceptera de donner l’asile à une femme répudiée, à une femme criminelle ? Maintenant tu es seule et personne ne veut plus te connaître. Tu erres dans Corinthe, dans le pays que tu ne devais pas habiter. Tu galopes sans Continuer la lecture#construire #04 | Quand Méde sort de chez elle

#construire #03, #04 | de passage

Ils ne se sont pas vus depuis longtemps, ils devraient avoir des tonnes de choses à se dire mais ça ne démarre pas, leurs souvenirs sont lointains, perdus derrière des amusements de commande, des soirées à trop boire trop seuls. Et puis ni l’un ni l’autre n’en a jamais rien dit. Le silence, c’est comme la douleur, ça s’installe, on Continuer la lecture#construire #03, #04 | de passage

# Construire # 04 | variations à la traine

On dirait bien toi, après la montée. Ou ta silhouette, immobile devant le porche de la vieille ferme morte, côté ville. Tu traines par là. Tu fais quelques pas, tu t’arrêtes devant le mur qui enfle dangereusement. Tu repars.  Tu longes la vie d’avant, celle qu’ont engloutie les grandes réalisations urbaines. C’est fini, tu traines tes guêtres dans un autre Continuer la lecture# Construire # 04 | variations à la traine