#autobiographies #10 | à quoi ça tient ?

Elle répond au juge d’instruction. Elle est accusée d’avoir empoisonné Jean Galmot. Elle explique une fois encore. Elle a donné un bouillon à Monsieur Galmot souffrant. Elle voulait bien faire. Elle aimait son patron. Elle était fière de le servir. Elle a fait un bouillon. Elle l’a porté à l’hôpital. Elle n’a croisé personne. Elle l’a aidé à le boire. Continuer la lecture#autobiographies #10 | à quoi ça tient ?

autobiographies #07 | portes-mémoire

La porte de l’armoire impossible à fermer, toujours ouverte, la grosse clef juste à côté, tant de linge entassé, des draps des couvertures, des taies d’oreillers, du blanc trop de blanc, au fond un carton, dedans des ventouses, objets interdits à l’enfant. Par tous les ciels des quatre saisons, elle est refermée sur une petite cave très noire sans fenêtre, Continuer la lectureautobiographies #07 | portes-mémoire

autobiographies #03 | l’épicéa

Pour atteindre le territoire de l’épicéa, il faut traverser la prairie, braver la peur de marcher sur une vipère assoupie, les jambes se griffent aux herbes hautes, le froissement de la course éteint le son strident des sauterelles, une dernière enjambée et c’est la lisière, un ourlet de lande, une végétation éparse, désordonnée. Il convient de s’arrêter là, dans l’ombre Continuer la lectureautobiographies #03 | l’épicéa

autobiographies #09 | traversées

Eteindre le lustre et la réglette au dessus des plaques, rendre la cuisine à sa douce pénombre ocrée et franchir l’arcade vers la lumière qui, traversant les hautes portes-fenêtres, baigne la grande salle carrée, se diriger vers l’escalier de bois qui, faisant un coude le long des murs, mène à l’étage supérieur, avancer jusqu’au bout de la galerie en surplomb, Continuer la lectureautobiographies #09 | traversées

#autobiographies #10 | elle, là et le ciel

Elle ne sait pas qu’elle crie. Elle ne sait pas qu’elle voit le ciel. Elle ne sait pas que ce sont des bras qui la portent; elle n’y pense pas. Elle aime l’odeur de ces bras dont elle ne sait rien; elle aime le creux doux chaud qui maintient sa tête. Elle entend des sons. Elle ne sait pas que Continuer la lecture#autobiographies #10 | elle, là et le ciel

autobiographies #07 | portes/franchir

Porte 1 : Franchir les portes du sommeil et piétiner dans un rêve mosaïque. L’écrire. Franchir le périlleux de cet insaisissable. Se demander pourquoi on le fait alors. Ce que cela amènera, si c’est écrire pour écrire. Ecrire quand, en dehors du rêve dans l’éveil, c’est jours de tempête. Ecrire comme tenir la barre et ce serait pour aller nulle part, Continuer la lectureautobiographies #07 | portes/franchir

autobiographies #07 & #08 | autobiographie véhiculée de ma voix qui pleure

Tout le rouge était tombé ; faire la liste des rouges ; restaient les ors ; faire la liste des ors ; les os des arbres ne sont pas blancs ; les persistants persistent ; de la rubalise jaune souhaite contenir ; un éboulis déborde la chaussée ; ai claqué tôt la portière ; m’abritant de chutes ; passer au garage ; quatre saisons ; parallélisme exigeant révision ; forfait contrôle technique tout-en-un ; Continuer la lectureautobiographies #07 & #08 | autobiographie véhiculée de ma voix qui pleure

autobiographies #09 | tentative de courant d’air en écoutant Koyaanisqatsi de Philip Glass

La cour après la porte bleue une marelle tracée à la craie PARADIS sept six cinq quatre trois deux un TERRE le premier pied dans une bouse de vache un enfant regarde sa semelle la jambe relevée en arrière sa tête tournée et penchée au-dessus de son épaule un mur au crépi désagréable s’adoucit de toile de jute dans le salon Continuer la lectureautobiographies #09 | tentative de courant d’air en écoutant Koyaanisqatsi de Philip Glass

autobiographies #08 | tout ce que l’on voit sans bouger

En novembre, sur la table, un verre sans pied mais rond comme de cognac, utilisé verre à vin, liquide grenat affleurant ; le portable au cuir noir à l’étiquette qui en fait cahier à la couverture sage ; le mug à thé, pas de version française acquointante ; le vase en gros verre au col biseau offrant une fleur de bégonias rouge goutte Continuer la lectureautobiographies #08 | tout ce que l’on voit sans bouger

autobiographies #06 | by night

constatant que le jour s’amenuise, au gris uni du ciel par exemple, mélangé à celui de la route, une départementale sans doute, parce qu’étroite, tandis que presque sous les pieds court le trait du fossé collé à sa bosse d’herbe, (peut-être aussi une sorte de butte fait gros dos noir en sortie de village – le nom est oublié, c’est Continuer la lectureautobiographies #06 | by night