autobiographies #07 | des cha-cha à la mer, points de suspension…

… de la porte de l’épicerie qui vendait des cha-cha trois par trois dans du papier doré… de celle d’une autre en haut de trois marches, accueils renfrognés de son épicier aux faux airs de Daniel Ivernay, le Daniel-Ivernay vendant cependant de son jambon blanc et de sa Valstar verte – non pas qu’à dix ans l’on en bût de Continuer la lectureautobiographies #07 | des cha-cha à la mer, points de suspension…

autobiographies #02 | traces

Le monde dort. Lui seul est éveillé. Comme chaque matin depuis quelques mois Marcel ouvre les yeux vers cinq heures. Il ne se lève pas de peur de réveiller Jeanne et regarde par la fenêtre aux volets ouverts le ciel qui peu à peu dévoile son aurore. Lorsque l’énumération pensive des tâches qu’il ne peut plus accomplir cesse, il relève Continuer la lectureautobiographies #02 | traces

autobiographies #06 | habiter l’habitacle

Les conversations ont cessé, on se love dans le ronron du moteur, dans ce silence épais, presque poisseux de la nuit, régulièrement, on se prend en pleine face les crachats lumineux des phares, l’insulte suit de près : Et tes codes connard ? c’est la nuit, on parle bas parce que c’est la nuit et peut-être qu’elles dorment à l’arrière, ou allez Continuer la lectureautobiographies #06 | habiter l’habitacle

autobiographies #07 | groom

la porte de la 403 noire que je claque et qui t’écrase les doigts. la porte de la cave à r. derrière, un escalier tout noir et une odeur d’humidité vieillotte. à droite, le garde-manger. la porte du 102 rue thiers avec un petit rectangle de cuivre. le marteau carré et la poignée que l’on tirait pour annoncer notre arrivée. Continuer la lectureautobiographies #07 | groom

autobiographies #07 | mes portes.

La porte de ma chambre, blanche, simple, une poignée pas argentée mais couleur argent. un petit trou pour y mettre une clé que je ne saurai trouver et un autre petit trou au dessus de la poignée dans lequel devrait se trouver un clou qui ne cesse de s’enlever et que je ne recherche jamais. Toujours ouverte sauf pour la Continuer la lectureautobiographies #07 | mes portes.

autobiographies #06 | train couchette

le corps assis sur le banc à lamelles de bois blond qui collent à la peau des cuisses, s’y impriment, le bruit de ventouse qui lâche à soulever une jambe de temps en temps, puis l’autre, habillé d’une robe trop courte pour les protéger,  la pelle rouge rangée tout au fond du porte-bagage à treillis métallique bien parallèlement à la Continuer la lectureautobiographies #06 | train couchette

autobiographies #06 | train de nuit

Je ne dors pas. Mes yeux me fixent dans la vitre du train, au milieu des corps endormis de mes compagnons fortunés, indifférents à l’air glacé — climatisation réglée en dollars ; upper class, fauteuils clubs, trousseau de nuit ; tous montés à Rangoun, tous en longyi madras noué sous le ventre ; pourquoi ne lisent-ils pas ? Ces hommes ballotés jouent-ils au Continuer la lectureautobiographies #06 | train de nuit

autobiographie #07 | les pas de portes

La porte de devant donne sur la rue sans nom qui traverse le bourg. Séparée du goudron par une bande de terre accueillant cinq pétales hexagonaux en ciment vert : fleur de bienvenue. Large, pleine, en bois massif sombre, plus proche de l’acajou que du chêne, sans moulure ni plinthe, sans poignée non plus, marquetée comme un plateau de jeu, Continuer la lectureautobiographie #07 | les pas de portes

autobiographies #06 | notturno

S’ils avaient lu les fantasmes durassiens de madonne des sleepings ils auraient pris le train et n’en seraient pas là ces trois garçons qui partent ce soir en voiture plein nord pour aller voir l’ami d’enfance à L. fantasme pour fantasme il reste une place pour une improbable accorte autostoppeuse ils roulent doucement dans les rues lumineuses de B. rouge Continuer la lectureautobiographies #06 | notturno

autobiographie #01 | images intérieures

Le train est déjà parti vers une autre gare et je ne me souviens déjà plus de mon arrivée dans le vent frais du matin. Sur le parvis, le silence. Il est six heures du matin, tu me tiens la main. Nous ne nous sommes jamais rendus jusqu’ici en train, tous les deux. Je demande dans combien de temps on Continuer la lectureautobiographie #01 | images intérieures