la fabrique | Emmanuelle Cordoliani, faire tourner les tables

Quelques pratiques du « tour de table ». – L’étirement matinal de l’esprit :J’invite les participant.es à écrire un micropoème sur la première chose vue dans la journée. J’entends : la première chose qui a frappé leur vue, leur signifiant ainsi leur présence à cette journée. Il ne s’agit pas forcément d’une chose vue (ou entendue, ou sentie, ou touchée, ou goûtée) dès le réveil, Continuer la lecturela fabrique | Emmanuelle Cordoliani, faire tourner les tables

#L5 – Comme si de rien n’était

J’étais sur cette route poussiéreuse mes souliers à la main. J’avais fait quelques pas dans la rue, pris le trottoir dans le sens de la descente. Vers le haut c’était pour aller faire les courses, ou aller à l’église, vers le bas c’était pour prendre le bus; d’autres quartiers, l’école, la ville. Je descendais donc. Il n’y avait personne dans Continuer la lecture#L5 – Comme si de rien n’était

#L6 | Avant le bois, les jours

Le premier jour d’avant elle put enfin aller visiter un musée, voir l’exposition pour laquelle elle avait pris rendez-vous. Avec son smartphone elle avait photographié plusieurs tableaux de peintres animaliers du XVII et XVIII ème siècle. Le deuxième jour d’avant elle prit le temps de sélectionner dans les photographies prises la veille au musée celle d’un tableau de Nicasius Bernaerts Continuer la lecture#L6 | Avant le bois, les jours

#L5 | En calcomanie

Elle marche sur l’asphalte blême d’une rue ensommeillée, plaçant un pied devant l’autre, mécaniquement. Elle regarde à droite puis à gauche, observe le ciel blanc comme s’il pouvait lui indiquer la bonne direction. Elle avance à l’instinct depuis plus d’une heure, entrainée par le bruissement des feuilles et le souvenir des ambiances qui vont et viennent du fond de sa Continuer la lecture#L5 | En calcomanie

#L5 – Renards

Dans la brume opaque qui se lève avant le crépuscule, un peu comme sur la Dordogne, on refait la ville à contresens et on entend tout de ce grondement sûr, ardent qui revient en écho des ponts de la rade. Les renards suivent de loin, ramassés contre les barrières qui s’effilochent parce que tout s’effiloche dans la ville toujours. Et Continuer la lecture#L5 – Renards

#P6 Une semaine à reculons

Dimanche Journée peu propice à l’écriture. Comme souvent les sollicitations extérieures éparpillent l’attention et le réel se dissout dans une diffraction d’impressions fugitives qu’aucun effort ne permet de restituer après coup.  La vie échappe et s’effiloche avec ce sentiment envahissant d’impuissance. Rien ne retient l’intérêt. On se noie volontairement dans la vie sociale pour échapper à l’angoisse d’exister. Ce n’est Continuer la lecture#P6 Une semaine à reculons

P#5 Tenir à quoi vs. à qui ?

Extrait de #P1 https://www.tierslivre.net/ateliers/wp-admin/post.php?post=35636&action=edit « Il – le fils – a cherché une réponse qui fasse bien. Faire bien n’a jamais été son fort. Il s’arrête de réfléchir dans sa tête et parle avec son ventre à présent. -Je voudrais montrer à mon père que je suis capable. Il dit que je suis incapable. Que je tiendrais pas à la déchèterie. » Continuer la lectureP#5 Tenir à quoi vs. à qui ?

#P4 Si virgule on peut faire autrement point

On pouvait pas faire autrement.. dans ce on, l’avalanche de ceux qui n’ont pas décidé et qui décident quand même, parce que quand même, c’est grave, qu’on ne peut pas laisser faire quand même, que c’est quand même pas rien, un meurtre quand même c’est un meurtre, homicide volontaire ou pas volontaire, qu’on le veuille ou non, c’est une autre Continuer la lecture#P4 Si virgule on peut faire autrement point

# L5…parce que regarder puise…

…parce que regarder puise, et creuse aussi entre des petits bouts d’immensité, elle, prise encore à l’intérieur de tous les doutes qui la font tressaillir à chaque pas posé sur un sol toujours plus glissant, elle avance dans cette ignorance du sauvage qui l’encercle, avec ce goût de cendre qui n’en a pas encore fini d’humecter ses lèvres. Le regard Continuer la lecture# L5…parce que regarder puise…

#L5 : Le poinçon a mordu la chair

river le clou du père enferme le marteleur | tanné de ce qu’il fut | à présent le fils-la colère | le poinçon a mordu la chair : « tu ne joueras pas de musique là-bas » | derrière lui la musique, derrière lui le jazz, le 1er prix de Conservatoire, derrière lui l’excitation d’avoir accompagné Jacques Brel au casino de Saint-Amand-les Eaux Continuer la lecture#L5 : Le poinçon a mordu la chair