#L1 Injection

Marcher le long de l’allée de tilleuls en fruit, cette ombre reposante, évacuer le poids de la journée, le trop plein de la Ville, le trop plein de la vie, se laisser aller à l’ombre des tilleuls, à leur présence silencieuse, silencieusement encombrante. Se sentir encombré. Quelques rares micocouliers alternent les tilleuls dans cette allée. Arriver au fond de l’allée, Continuer la lecture#L1 Injection

#L5 / La vie rude

Il fallait en ce temps-là puiser très profond en soi pour garder un peu de soleil à l’intérieur. Peut-être développer une capacité à rire du monde et des autres. Surtout à rire de soi. Ca peut devenir un mode de vie de rire de soi. Humour décalé fait d’images drôlatiques. Irrévérencieuses. Réinventer le réel. Et hurler de rire. Même seule. Continuer la lecture#L5 / La vie rude

#L3 Trois voix

C’est là qu’elle se mettait pour regarder les barques, l’eau, les bateaux, et les immeubles en face, le long de la jetée : elle restait là longtemps, attendait l’arrivée, une femme le plus souvent, avec un bagage léger, une valise à roulettes, une femme ou bien deux, sœurs ou amies, avec des enfants parfois, qui suivaient, qui couraient derrière et sautillaient, Continuer la lecture#L3 Trois voix

#P5 – Feutre hiver

Le trou dans le ventre, nausée. Le feutre hiver glisse des mollets jusqu’aux oreilles. C’est être dans le corps et ne plus sentir que l’étau sombre qui se noue tout autour. Comme vide en un coup. Envolée la rivière. Même si debout, laminée face contre sol à l’intérieur. Défaite. Le venin qui rougeoie bien au dedans des veines, qui chemine. Continuer la lecture#P5 – Feutre hiver

#L6 Tout semble plus clair (ou pas)

A cet instant précis il repense à ce qu’elle lui a dit, pas plus tard qu’hier à propos de l’incident survenu l’avant veille. Il n’a plus le souvenir très net de ce qu’il lui a répondu… Voilà : Michel est un con. Non c’est pas ça. Enfin si, Michel est un con : c’est un fait. Je ne suis pas le Continuer la lecture#L6 Tout semble plus clair (ou pas)

#P6 miettes

mardi : Nouvelle apparition de M.B. au cabinet ce matin. D’abord en semi – transparence derrière la grande baie en verre fumé. Il se déplace pesamment, courbé sur ses béquilles, les pousse alternativement devant lui, à grand peine, amplitude plus que réduite. Le temps qui lui est nécessaire pour parvenir à la porte d’entrée distante de quelques mètres, l’ouvrir, puis avancer Continuer la lecture#P6 miettes

#P6 | corneille & papyrus

Des jeunes femmes d’une souplesse et d’une adresse inimaginables font des cabrioles, volent au dessus et autour de barres horizontales. Après des voltiges qui touchent les nuages, elles retombent sur une poutre siglée Tokyo 2020. Comment peut-on revenir de si haut, de si beau ? combien de travail pour en arriver là ? Et la fille à la médaille, elle est championne Continuer la lecture#P6 | corneille & papyrus

#L6 | Journal très éphémère de quelques pensées qui lui ont traversé l’esprit ces derniers jours

Ça ne fait que quelques minutes qu’il a posé ses pieds sur le pavés de granite de ce quai. Ça ne fait que quelques secondes qu’il a vu, entendu et senti ce port. Ça ne fait que quelques instants qu’il s’est mis en marche en direction de la ville. Quelques battements de coeur dans sa poitrine mais une éternité quand Continuer la lecture#L6 | Journal très éphémère de quelques pensées qui lui ont traversé l’esprit ces derniers jours

#L5 / La frontière au milieu du Rhin

Il ne peut pas traverser le Rhin. Une souris vient de le déposer près du pont de l’Europe. Il avance. Un panneau porte un nom de ville, entouré de bleu et barré d’un trait rouge. Il avance une nouvelle fois, et puis une autre encore. Il n’y a qu’une voiture noire, toujours la même, pas de piétons. En aval, sur Continuer la lecture#L5 / La frontière au milieu du Rhin

#L5 Faire surgir la beauté des cadavres

La forme couchée sous les buis, drapée de blanc, est un rocher à fleur d’herbes. Elle émerge à peine. Les plis assombris, les collines tendues, lui évoquent la statue d’une femme qu’il a vu dans l’un des livres de la bibliothèque, une femme menue, fragile, d’un blanc immaculé, qui couvre sa tête et son dos d’une étoffe, pour se protéger Continuer la lecture#L5 Faire surgir la beauté des cadavres