#P7 : Les fenêtres d’angle du séjour du 6ème étage

L’horizon est occulté à gauche par un immeuble beige de 15 étages situé parallèlement à la première fenêtre. Un vide, au centre face, au premier plan, c’est à dire hors cadre qui correspond au sol à la rue en double sens, offre au lointain au photographe, la vision du mur d’enceinte d’immeubles semblables entre eux mais bien distincts de celui Continuer la lecture#P7 : Les fenêtres d’angle du séjour du 6ème étage

Alangue

Ce qui surprendrait d’abord assez disgracieux c’est peut-être ce jappement de chien survenu des pavillons au loin une sorte de chien aboyer des heures durant sûrement bien davantage quand le bruit des rails ne vient le recouvrir. Ce souffle chaud ensuite ploiement indistinct des brins d’herbe points jaunes se courber recourbant taches ravitaillées au gré des entassements empierrés. Mais surtout Continuer la lectureAlangue

#P8 Tu es beau comme un astre

« Tu es beau comme un astre », dit ta mère en attrapant machinalement le devant de sa robe du dimanche comme elle s’essuierait les mains sur son tablier. Derrière elle, tes deux sœurs pouffent et se bousculent, raidies d’amidon dans leur tenue. Tes frères y sont déjà passés, le grand et l’« attardé », comme disent les voisins qui viennent lui taper dans Continuer la lecture#P8 Tu es beau comme un astre

#P8 Tu es l’ombre

Ton petit corps en tout carré se tient raide devant l’objectif. Tu t’es recroquevillé en toi. La colère vrombit en toi. La honte et la rage en toi-même. Tu es contraint mais pas résigné. Morne. Devant toi et debout derrière le photographe, le père et la mère ne te font aucun signe. Ils ne sont pas encourageants. Ne te donnent Continuer la lecture#P8 Tu es l’ombre

#P9 | Portraits de groupes sans couleurs

Regards d’ailleurs C’est une vieille photographie en noir et banc. En gris et gris plutôt, gris clair et gris foncé. L’image est de forme ovale et doit mesurer une quinzaine de centimètres dans sa plus grande largeur, à l’horizontale, et environ dix de haut. Elle est disposée au centre d’une feuille cartonnée (environ vingt centimètres de large sur quinze de Continuer la lecture#P9 | Portraits de groupes sans couleurs

#P9 | Fouille fragile

Une sensation de fragilité à tourner les pages du vieil album, à soulever la feuille d’ange pour découvrir les photos cachées dessous. Elles sont installées côte à côte, plus ou moins en fonction des formats et par ordre chronologique. En dégager une de ses coins transparents avec précaution. C’est une photo noir et blanc, petit format avec bord dentelé. On Continuer la lecture#P9 | Fouille fragile

#P9 Années en noir et blanc

Photo noir et blanc, à bords dentelés irréguliers, datée au dos et au crayon : 1930. La façade d’une petite maison en plein soleil avec l’ombre d’un arbre et devant, sept personnes, hommes, femmes et enfants. La femme plus à gauche est vêtue d’une robe claire et d’un tablier à carreaux. Ses cheveux sont coiffés en arrière, comme ceux de la Continuer la lecture#P9 Années en noir et blanc

#P9 – Dis-moi ce que tu vois.

C’est une photo prise par un portable I. Phone 11 donc une photo plutôt récente bien que l’I-Phone XII soit déjà sur le marché. C’est une photo sans cadre, sans esthétique, sans beauté. C’est la photo d’un trou. Un trou dans une vitre. On y voit le ciel à travers ce trou. Un bout du ciel, gris bleuté. Le temps Continuer la lecture#P9 – Dis-moi ce que tu vois.

#P9 Les marcheurs

C’est une photo, prise au smartphone, un soir de novembre, entre chien et loup, à l’heure où les noctambules courant les restaurants, croisent des retardataires du travail, cadres pressurés ou zélés, pour qui les heures, n’ont ni nombre, ni couleurs, sauf peut-être le noir. C’est une photo, prise en marchant, en mode minuterie et pose longue, au détour d’une rue, Continuer la lecture#P9 Les marcheurs

#P8/ Perspectives

Bernardo Bellotto, ou Canalettoné à Venise en 1720 (ou 1721, ou 1722)mort à Varsovie en 1780 https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bernardo_Bellotto_-_Church_of_the_Holy_Cross_in_Warsaw_-_Google_Art_Project.jpg Varsovie, 1763. Tu ne peux pas savoir que dans deux cents ans, les murs qui portent aujourd’hui tes tableaux dans le château du roi Stanislas Auguste Poniatowski, auront été détruits par des explosifs d’une puissance difficile à imaginer. Or tes toiles auront survécu Continuer la lecture#P8/ Perspectives