#P8 Un si proche inconnu

On croirait que tu regardes intensément un point sur le sol. Tu ne regardes en réalité qu’à l’intérieur de toi. Tu as ce regard contrarié que tu as eu souvent. Tu ne souris pas beaucoup. Sur cette photo non plus. Tu es une minuscule silhouette sur un immense paquebot. Le paquebot est rempli de points noirs.Tu portes un enfant dans Continuer la lecture#P8 Un si proche inconnu

Progression #1 — Lieux où j’ai dormi

…un lit de cent-trente sur cent-quatre-vingt-dix, à la fois un peu trop large et un peu trop court. Tout de suite à gauche de la porte de la chambre, une des deux tables de nuit, encombrée, accolée à la tête de ce lit bâtard. L’autre table de nuit, portant la lampe, identique à la première, de l’autre côté. Pas de Continuer la lectureProgression #1 — Lieux où j’ai dormi

#P8 Photographies

Es tu la? Tu te délites lentement dans la mémoire, jauni, sous la poussière de l’album de famille. Tu viens le troisième, le premier à tout pris, la deuxième n’a pas survécu . Allergique au lait de vache, tu grandis mais ne grossit pas. Tu es dans le berceau d’osier, nouveau né invisible sous l’épais édredon. Ton frère étonné se Continuer la lecture#P8 Photographies

#P8 | Michelle, ma belle

Pourquoi tant d’indifférence de ma part ? Pourquoi, lorsqu’il s’agit de choisir un personnage à tutoyer, tu ne viens qu’après un inconnu ou un parent très lointain ? Alors, la consigne au pied de la lettre ! Tu m’autorises à te fictionner un peu ? 1932. Vous vous installez à B. Ton père y a trouvé du travail, comptable dans Continuer la lecture#P8 | Michelle, ma belle

#P8 (suite) — Given under my hand…

Tu nais deux mois trop tôt on te mets dans une boite à chaussures. Coton, cocon. Tu survis. Tu nais d’elle qui ne te veux pas. Qui saute un jour de sa fenêtre, se manque, te manque. – que  l’enfant irait  dans la boite – irait dans le coton – tu as dit –  elle  qui voulait un ange – Continuer la lecture#P8 (suite) — Given under my hand…

#P7 La hêtraie

La bande grise découpe une ligne droite sur plusieurs mètres avant de marquer un virage serré vers la droite. La route a été creusée dans la hêtraie, fracture horizontale dans la verticalité végétale. Le ciel, d’une clarté qui vire au blanc, forme en miroir un ruban au-delà des frondaisons, grignoté de part et d’autre par les branches incurvées se rejoignant Continuer la lecture#P7 La hêtraie

#P7 French Summer Tea

Cadre ouvert sur paysage strié flou derrière un rideau d’averse délugienne. En arrière-plan, les premiers arbres de la forêt, la rue qui monte. A gauche une maison fleurie de rouge. A droite une maison haute avec deux yeux de bœuf larmoyants de grisaille, volets et portes en bois, façade beige salie par les intempéries, deux lampadaires gris, plus près à Continuer la lecture#P7 French Summer Tea

P8 – Chercheur d’absolu

Tu arpentes les quais de Cherbourg. Tu tires sur ta bouffarde tu bois le café-calva avec tes compagnons. Avec eux tu embarques sur les chalutiers pour de longs mois dans le froid les tempêtes. Tes mains sont calleuses crevassées de trop de sel de froid. Ta voix éraillée de trop de tabac de gros rouge de rires. Fils de pêcheur Continuer la lectureP8 – Chercheur d’absolu

#P8 bis – à tu tête

Tu crois l’entendre.  Bruits d’une foule  — non pas sa voix — dans la foule, derrière la voix qui, annone tu crois entendre son pas. Tu crois, c’est tout. Tu dis, je crois. Puis je me suis trompée.Tu portes toujours la même robe. Elle s’effiloche. Te montre dans ses jours ; que tu oublies de laver. Tu restes des jours sans Continuer la lecture#P8 bis – à tu tête

# P7 Les guetteurs

Ils entendent un bruit. Ils n’éprouvent jamais de peur.Ils pensent à l’animal. Ils pensent à l’animal sauvage. Un animal mi – dragon mi cheval. Le silence maintenant  s’épaissit. Le brouillard se dissipe. L’attente monte atteint tout le corps. Ils se trouvent aux endroits stratégique. Ils veulent voir l’animal, c’est tout. Le lieu est un terrain d’attente. Le lieu est un Continuer la lecture# P7 Les guetteurs