#P6 | carnet de 7 ou 8 jours

25 juillet – On est dimanche. Je passe et repasse le corps en plastique de ma tondeuse dans l’herbe qui a besoin d’être coupée. Je peux voir l’effet direct de chacun de mes gestes grâce aux rayures dessinées à travers l’herbe. La tâche avance. Je glisse au long des bordures de plantes où il y a des cailloux et puis Continuer la lecture#P6 | carnet de 7 ou 8 jours

#P6 Profité du beau temps

Profité du beau temps, ça sèche si vite, pour laver les housses de canapé, les plaids, les enveloppes des coussins. Pense à leur histoire, ceux qui se sont assis dessus ou allongés dedans ; ce plaid est un cadeau, celui-là était à la maison de retraite, un cadeau à sa mère. Les enveloppes des coussins ont des couleurs passées, il faudrait Continuer la lecture#P6 Profité du beau temps

#P5 Au milieu d’une montagne, un torrent jaillit et fait exploser dans l’air des milliards de neurones

Blanc-Fusée-Masque pâle-Gros plan-AncraaaaaaagggE! Point minuscule qui, grossi à la loupe, reste minuscule mais onde de chocs corporels, tous azimut. Secousse. Respiration qui appelle au secours, qui cherche l’air dans toutes les directions. Mélange d’inondation et d’incendie: noyé assistant à l’incendie de sa maison? Fléchissement de la colonne vertébrale. L’émotion dans la colonne vertébrale. Changement d’âge, changement de forme. Le sens Continuer la lecture#P5 Au milieu d’une montagne, un torrent jaillit et fait exploser dans l’air des milliards de neurones

#P6 Ouvrir la fenêtre sur les pédiluves

Dimanche  Il faudrait laver la voiture. La tâche d’essence mange la peinture. Égoutter le pistolet, compter les centimes gaspillés par la négligence et l’absence d’envie de prendre soin de cet instant où l’on remplit le réservoir. Les pieds glissent sur les pédales. Les mains sur le volant , il faudrait utiliser des gants, il y en avait, à disposition des Continuer la lecture#P6 Ouvrir la fenêtre sur les pédiluves

#P6 Solitudes

Je m’étonne encore de ce sentiment ambigu (aux limbes de la schizophrénie) de gaspiller le temps alors même que l’on ne trouve aucun goût à en faire un quelconque usage. Pourtant, le dimanche vers quinze heures (parfois même dès la fin de matinée les jours de grande pluie ou le plafond gris et bas alanguis la volonté) c’est invariablement la Continuer la lecture#P6 Solitudes

#P5 C’est fou

Salve – explosion – presque cri qui pousse les lèvres – les ouvre – ça crache – ça tousse – ça pleure – le nez coule comme les larmes – et tout intensifié par l’impossibilité que cela puisse advenir. Comme un premier avertissement, une secousse dans le ventre, les yeux plissent un peu, les coins des lèvres fermées remontent, reprendre Continuer la lecture#P5 C’est fou

#P1 | Où j’aime à dormir…

Dans mon lit grinçant de la chambre de mon appartement donnant vue sur la forêt. Sur le siège de ma voiture garée sur une aire de service d’autoroute. Dans le fauteuil moelleux et bien trop grand de cet hôtel en Floride. Surtout pas dans l’avion, ni dans le train, ni en bateau ou dans le métro ! Calée contre un Continuer la lecture#P1 | Où j’aime à dormir…

#P5

Extension du domaine de la note S’étendre, étendre, retendre, tendre. Étirement du temps, de l’espace, corps rigide, comme se solidifiant peu à peu, plier, déplier, replier. Verticale possible, passage depuis l’horizontal impossible. Terre, sol, support, se fier à un équilibre évanescent ? Compter comme sur une chance de tenir. Stabilité incertaine, doute éclatant. Aller vers, les autres, les ailleurs, les autres Continuer la lecture#P5

#P4 )o(

Tu arrives face à un inconnu et « … » foin de péroraison « … » rien à dire « … » rien à dire qui vaille le coup « … » instant suspendu « … » attente fébrile « … » tu persistes dans ton mutisme « … » il va se passer quelque chose « … » quoi ? « … » n’est-ce pas pourtant une forme d’entregent ? « … » on n’est jamais tout à fait muet, insignifiant Continuer la lecture#P4 )o(

#P5 / Niagara

jetée dans l’inconnu d’un tourbillon sans retenue intérieur tremblement – dehors n’est plus dedans – le vertige surgit de la gueule du vide – un absurde espace en mouvement submerge les barrages – entre ici et l’envers – absorbe l’être et régurgite – l’écume solide de la bile jaillit en geyser – sourd – un cataclysme intime – le temps Continuer la lecture#P5 / Niagara