#P1 Métamorphose

L’osier qui grince quand je gigote. Ma tête contre le coton blanc tout doux. L’éléphant ne teinte plus mais a toujours la même odeur. Soupir rassuré. Changement de vitesse, frein moteur. Odeur du tissu, rayures imprimées sur ma joue. Nuit dehors, lumières blafardes et jaunies de l’éclairage public. Réveil cotonneux. Chambre au soleil levant qui réchauffe les draps, embrase les Continuer la lecture#P1 Métamorphose

Rêves en voyage

… phosphorescentes, les étoiles me fixent sur leur plafond de plâtre dont la fissure accapare mes pensées. Y aura-t-il un matin ? … … le clignotant cadence la douceur retrouvée des voix de l’habitacle. Au terme de l’autoroute, s’annonce le réconfort imminent d’un moelleux oreiller … … de jour, c’est une riante chambre d’enfants dont les rayures de papier découpe Continuer la lectureRêves en voyage

Hôtels en chambres: liste (à continuer)

Celle au cabinet bidet avec un radiateur en fonte, juste un rideau froncé, des draps de nylon et ce cheveux très long qui ne pouvait pas être à toi.  Celle aux murs de fausses pierres, moulage plastique au bruit de Tupperware  avec une terrasse de béton qui donne sur la mer.  Celle de tes noces on voit le cimetière Montmartre Continuer la lectureHôtels en chambres: liste (à continuer)

#P1 S’endormir

Il n’y a pas de rideau à la fenêtre, pas de volets. La lumière bleu aquarium du radio réveil éclaire la chambre. Des rayons jaunes, rouges balayent le plafond chaque fois qu’une voiture passe. Dans la chambre aux murs nus, le poids de mon corps a tassé le coton du futon posé sur le sol. Une géographie de creux et Continuer la lecture#P1 S’endormir

#P1 | Sommes, sommeils, insomnies

Lors d’un mariage en Mayenne, dans le coffre d’une 807 break, les sièges arrière repliés, enroulé dans une nappe rêche mais étonnamment chaude. Nuit acide, réveillé par mon œsophage, pourquoi personne n’a ri quand j’ai raconté que j’avais dormi dans une nappe ? Chez ma grand-mère, rue Stéphane Servant, avec ma grande sœur. Des couvres-lits en velours verts, des petits objets Continuer la lecture#P1 | Sommes, sommeils, insomnies

Nuits gravées

avoir été avalé dans le matelas de laine et bercé par les sonneries de la grosse pendule à balancier qui résonne chaque heure dans le grand hall s’être endormi enfin au sein d’une maison vigneronne languedocienne après le supplice du vieux traitement de grand-mère contre la bronchite — le cataplasme brûlant à l’odeur douceâtre de farine de lin et aux Continuer la lectureNuits gravées

couchée de bonheur (sauf 4)

la forme de la soupente restait derrière les paupières fermées, le soir étant tombé suivant la même pente que le toit,  il suffisait de s’y loger pour cueillir le sommeil l’odeur de la chambre, composée de laurier et d’antimite et peut-être de lavande, semblait provenir du placard plutôt que du dehors, elle avait la même épaisseur fraîche que les draps Continuer la lecturecouchée de bonheur (sauf 4)

lieux où j’ai dormi

le tissu fin censé tenir chaud qui glisse et que la main rattrape sans bien savoir ce qu’elle fait, la manière absurde qu’il a de ne jamais recouvrir le corps totalement la course sonore des abeilles là tout juste dehors et qui s’accompagne on le sait de la chaleur qui viendra toujours les bruits du matin (pas, voix, vaisselle que Continuer la lecturelieux où j’ai dormi

Qui dort ? Le lieu ou moi ?

Des mains sans visage esquissent un oreiller. Elles glissent quelque chose sous le drap housse pour former oreiller sous ma tête d’enfant. Du rose, un lit imposant, bois, très marron. Des mains. Une voix peut-être ? Un repli sans oreiller ? Pire que la pluie ? C’est l’humidité qui a gagné. L’eau est tombée sur le sommeil. Transformé en inconfort dans Continuer la lectureQui dort ? Le lieu ou moi ?

Et tant d’autres nuits…

Corps moite dans la cabine, par le hublot l’horizon tangue, vite gagner l’air sur le pont, la nuit vaste, s’engouffrer dans la voute noire, se bercer d’étoiles. Les nuits de Sirocco on s’allongeait sur le carrelage, on regagnait les draps humectés, on pouffait, chuchotait, s’esclaffait jusqu’à ce que le sommeil nous cueille malgré l’excitation, la joie. Tout là-haut l’énorme cheminée Continuer la lectureEt tant d’autres nuits…