#40jours #39 | elle de la terre

Je n’avais pas l’intention de reparler de cette grand-tante qui habitait une ferme basse situés dans le village de La Bourrelière avec puits, poulailler, appentis où j’avais eu si peur une fois pour m’y être faite enfermée avec mon frère un jour de visite. À découvrir la piste d’écriture du jour et à rôder autour de l’enfance, ce sont des Continuer la lecture#40jours #39 | elle de la terre

#40jours #28 | rien à se mettre

Danielle n’était pas une acheteuse compulsive, une shopping freak, une shop addict (comme on dit aujourd’hui, en français dans le texte). Elle s’en tenait à peu près à sa liste de course au Franprix (hormis les bouteilles de booze qui constituait une catégorie à part de produits de consommation et ne figurait jamais sur aucune liste), elle renonçait sans mal aux Continuer la lecture#40jours #28 | rien à se mettre

#40jours #37 | La pieuvre

Tu irais bien encore jeter un œil ici et là, comme ça. Aucune obligation, mais une envie. Revoir un endroit, faire revivre un souvenir pour le rendre plus présent, lui donner plus de force, le remonter d’un étage, répit supplémentaire avant l’oubli. Tu en as plusieurs des endroits comme ça en toi.  Le petit lac de Cornillon qui te dit Continuer la lecture#40jours #37 | La pieuvre

#40jours #39 | refrain

La comptine d’une ronde sans mémoire autre que son refrain. Ne retomber en rien et surtout pas en enfance. Un refrain, c’est tout. Une ville comme une autre. Des rues pareilles aux rues. Une école qui devait avoir un nom, à défaut maternelle. Un préau obligatoire. Le refrain, c’est tout. Le refrain et ce qui s’ensuivit l’unique fois où j’eus Continuer la lecture#40jours #39 | refrain

# 40 Jours # 39 | Une enfance de fille

On est en Espagne en 1936. La guerre civile est sur le point d’éclater, et ma mère est une mauvaise pauvre. Une mauvaise pauvre est une pauvre qui ouvre sa gueule. Ma mère , le 18 Juillet 1936, ouvre sa gueule pour la première fois de sa vie. Elle a quinze ans. Elle habite un village coupé du monde où, Continuer la lecture# 40 Jours # 39 | Une enfance de fille

#40 jours #double | engloutie

On y est. Un peu en surplomb d’une surface reconnue. Retrouvée, sous le ciel changeant. Minérale et fluide. A peine soulevée par une risée. Miroitante. Grisée. Immense. Donnant envie d’appareiller. Mais c’est autre chose qu’elle va risquer Ayant tellement pratiqué la nage d’endurance depuis l’adolescence, elle pense aller plus loin, autrement : soit battre une sorte de record intérieur en allant jusqu’à Continuer la lecture#40 jours #double | engloutie

40jours #double | alors, les morts ?

Alors, les morts, je vous parle, je vous visite, je vous vois, je vous entends, murmurer des paroles insensées, sitôt la nuit tombée, lorsque le monde des vivants dort paisiblement, vous veillez, vous attendez, sur les bords de vos tombes, assis ensemble, comme avant, comme quand vous étiez vivants, vivant, je suis et je viens jusqu’à vous, je me glisse Continuer la lecture40jours #double | alors, les morts ?

#40jours #38 | En nous

Je marche dans la rue. J’observe avec attention tous les lieux traversés. Un ensemble de strates qui se superposent ou s’effacent de ces lieux de la ville. Et c’est l’impression d’un palimpseste qui s’impose. Nous voyons tout en noir et blanc. Cette ligne entre deux plaques de goudrons, cette barrière qui interdit le passage dans cette allée pour cause de Continuer la lecture#40jours #38 | En nous

#40jours #double | Hors Piste … à te figurer intérieurement cette déprise du réel

Comme pour le pot de fleurs sur les belles verrines du vitrier de Baudelaire, ce jour une impérieuse envie de splatch collectif , c’est fantastique une vague de jeunesse qui se soulève en pleine ville, c’est fantastique de décoller des pavés et de trouver en dessous la plage ! pensee du matin * L’inattendu au coin de la rue Le Continuer la lecture#40jours #double | Hors Piste … à te figurer intérieurement cette déprise du réel

#40jours #double | entre deux eaux sombres

J’arrive au milieu du pont, exactement-là où on m’a indiqué. Depuis longtemps, j’ai arrêté de venir avec un bouquet ou une de ses fleurs préférées. J’empoigne le parapet d’acier, j’avance le buste et je me penche au-dessus des eaux sombres. On ne voit rien. Pourtant je le sais, on me l’a dit, ils sont là. Ils sont là ces gros Continuer la lecture#40jours #double | entre deux eaux sombres