#L5 – Claude Simon, expansion, décalcomanies

  • Enfin te revoilà… prête à répondre à cette proposition…
  • Oh P’titevoix n’en rajoute pas. Je sais. Je…
  • Oui tu attends depuis exactement dix-huit jours de mettre tes mots sur le papier
  • Trop dur pour moi de choisir dans ma « sentimenthèque », d’associer, de…
  • Arrête de tergiverser et mets-toi au boulot car je sais que cela tourne dans ta tête depuis que tu as entendu ce qu’il faut faire
  • Mais comment trouver les bons syntagmes … je nage…
  • Allez en avant, tu te lances…
  • Bien chef !!!

« Oui, bien sûr, s’il fait beau demain », je retournerai dans cette ville où je ne suis pas venu depuis si longtemps.

Et je retrouverai la maison du coin de la rue et son portail qui n’aurai pas changé et les murs, ils étaient d’une autre couleur mais je ne sais plus… et là, à côté la maison de Marraine – le portail n’est plus le même et cette maison, qui a remplacé celle qui était si longue avec son poulailler à son extrémité et les toilettes, les deux toilettes et le cerisier… elle est grande, grande… et qui y habite… Mystère !

Et je retournerai vers les autres maisons de l’enfance, celle du coin du boulevard et de la rue qui porte le nom d’un résistant

Voir les deux maisons… seuls les volets ont changé… que de volets roulants et l’œil de bœuf… le portail et la clôture n’étaient pas verts – je suis sûr qu’ils étaient orangé – la boîte aux lettres est toujours la même. Combien d’années après, il faut mieux ne pas savoir pour éviter que le cœur saigne. Avant les rosiers s’appuyaient sur un grillage. Maintenant il y a un mur semblable à l’autre mur qui longe la rue… pour ne pas faire voir le jardin autrefois potager, le jardin des haricots verts et encore des haricots verts…

Faut-il qu’il y retourne… Il se posera encore la question longtemps.

« Ces yeux étaient ceux d’un petit chat noir à la maigreur franciscaine, sorti de la forêt qui entoure la maison où j’écris »

Où … lui celui dont il ne se lassera jamais de lire les ouvrages parlait de cette maison où il avait vécu avec la plus que vive… il ne lassait pas d’en parler…

Mais moi je ne peux pas je ne veux pas je ne pourrai pas je ne voudrai pas

Parler de qui d’ailleurs

Il n’en avait pas envie car il savait qu’il ne pourrait pas les évoquer

Il continuera longtemps à se triturer les méninges.

Mais où et donc or ni car ?

Pourquoi cela revient-il tout à coup à son esprit ?

Que de questions.

Ce qu’il ne sait pas… toujours pas… lequel est son OÙ …

  • Alors tu avances, entendit-il de la part de P’titevoix
  • Deux… j’en ai écrit deux. Combien déjà ?
  • Quatre, je crois. Tu es à la moitié. Allez un bouchée de chocolat au lait celle que tu préférés pour te donner des forces
  • Donne. Mais pas qu’une. Toutes… donne-les moi toutes. Tu es sûr qu’il en faut quatre… je suis épuisé.
  • Allez encore une. Courage !

Non, plus possible.

Impossible.

J’y reviendrais se promet-il.

Reviendra, ne reviendra pas.

La voix de Frank Sinatra dans l’oreille, il pose sa plume et appelle Pom’ et Belle.

Il a besoin de repos.

Peut-être un autre jour.

Peut-être… quand il fera de nouveau jour.

Codicille

DÉcidement cet exercice je crois que je suis en train de

CALer car

COmment choisir parmi les œuvres notées et

MAlheureusement celles oubliées

NIErais-je que j’ai redouté de m’y lancer.

A propos de Danielle Masson

L'Ouest de la France quitté depuis plus de 20 ans ... déjà ... pour la Provence Suivre les traces du bon Roi René écrire, faire écrire, partager les mots essayer mais parfois dur, dur !!! joyeuse, enthousiaste à vous lire y apprends tellement