#rectoverso #06 | Copie carbone

Échos de Recto / Verso Dans l’écoulement régulier de sa vie, il y avait cette sonnerie brève comme un cri. Toujours avant dix-sept heures. Rapide coup d’œil dans le judas. Un tour de clé. J’entrouvre la porte sur le couloir éteint en réajustant le talon de mon chausson avec l’index. Qu’est-ce que ça sent ? La petite se faufile derrière moi Continuer la lecture#rectoverso #06 | Copie carbone

#rectoverso #06 | quelle triste affaire

RECTO Sur le devant de la façade du 17 rue du temps qui passe, une pancarte « À vendre ». Ma montre affiche 10 heures 08. J’attends. J’attends un couple de trentenaires en retard au rendez-vous fixé la veille. Des mots me reviennent à la mémoire, envie de se fixer, stabilité de vie, télétravail, adopter un chien, vie sédentaire, sécurité, etc. Je ne rêve que d’ailleurs. Partir… Partir Continuer la lecture#rectoverso #06 | quelle triste affaire

#rectoverso #05 | de l’autre côté de la clôture

RECTO Fin des années 60, apprendre au tournant d’une conversation entre adultes la vente de la maison de Moissac a été un déchirement. C’était MA maison, celle qui m’avait recueillie lors de mon premier séjour en France après ma naissance. Je ne le savais pas encore, mais elle incarnait ce lien particulier avec mes origines que je découvrirai plus tard. Continuer la lecture#rectoverso #05 | de l’autre côté de la clôture

#rectoverso #06 | Motus et bouches cousues

Je lave les morts. Les miens et ceux des autres. Je les embaume ils sont beaux. Certains m’arrivent abîmés d’autres semblent dormir. En général ils ont déjà les yeux fermés sauf si un coup fait que l’œil ne ferme plus et reste ouvert. Je n’aime pas dès lors le regard qu’il me lance. Ce n’est pas moi qui t’ai frappé Continuer la lecture#rectoverso #06 | Motus et bouches cousues

#rectoverso #06 | le rempart aux giroflées

VERSO Roland me dit plusieurs fois tu es sûre sans attendre ma réponse. Je suis sûre. Je vais monter. Je cherchais loin, il m’a trouvé mieux loin et haut, du pur Roland. La plus haute route d’Europe disent les panneaux qui font bégayer les haltes de ceux qui « font » le col de la Bonnette. Le paysage et le panneau, avec ça si Continuer la lecture#rectoverso #06 | le rempart aux giroflées

#rectoverso #06 | Le clandestin

Pin syjveste, prélevé en Auvergne, au début des années 80 RECTO Quand on est clandestin, a-t-on envie de dire qui on est, de révéler où on vit, comment on vit, de quoi on vit ? A-t-on encore un nom, une existence même ?  Son nom, on l’a laissé au pays avec son âme, pire avec son corps ? Retrouve-t-on son corps, habite-t-on son Continuer la lecture#rectoverso #06 | Le clandestin

#rectoverso #05 | Lavrec en kayak

Pour traverser le Ferlas entre l’Arcouest et Lavrec, la durée est variable, ça va surtout dépendre de la hauteur d’eau. Quand on est en kayak, le temps dépend aussi des vagues, de la météo et de l’état de forme. Aujourd’hui tout est bon, marée basse vers le soir, mais pas trop basse quand même pour éviter la vase d’un côté Continuer la lecture#rectoverso #05 | Lavrec en kayak

#rectoverso #05 | Lucile

Le 14 juillet 1838, Douillard Mahaudière, propriétaire d’une plantation à la Guadeloupe, fait enfermer dans un cachot Lucile, son esclave qualifiée de mulâtresse et âgée de 40 ans. A la suite de 22 mois d’enfermement, son embonpoint fit place à une affreuse maigreur» déclare un témoin lors du procès à l’encontre de Douillard-Mahaudière, accusé de châtiments excessifs envers son esclave Continuer la lecture#rectoverso #05 | Lucile

#rectoverso #6 | Scène de la vie de province – La femme de trente cinq ans

Derrière ma fenêtre, je peux les voir, la nuit. La place est bien éclairée, et moi, je suis dans le noir. Je les observe. Comme eux, ils me surveillent. Ils parlent de moi, quand ils se retrouvent le samedi soir pour dîner. Entre eux. Dîners où je ne suis jamais invitée. Eux, ce sont les gens bien, mariés, commerçants, pharmaciens, directeur Continuer la lecture#rectoverso #6 | Scène de la vie de province – La femme de trente cinq ans

#rectoverso #04 | l’odeur du savon

Il marche depuis une heure dans cette ville fuie. Trente ans d’absence. Il ne veut pas voir, ça s’impose : impacts sur les murs, portes rafistolées, sourires trop propres sur les affiches. Rien n’est clair ici. Tout est trop ou trop peu. Trop de religion, pas assez de service public. Trop de mémoire, pas assez d’histoire. Il en veut à ce Continuer la lecture#rectoverso #04 | l’odeur du savon