#anthologie #13 | Omaha Beach en 765 mots

  C’est l’été. La marée est basse. Le ciel gris bleuté se fond à l’horizon avec la mer. Bientôt onze heures. Les occupants journaliers de la plage sont tous là. Parlons d’abord des oiseaux, ce sont les plus bruyants : goélands argentés, goélands marins et mouettes rivalisent de cris rauques, parfois plaintifs ou aigus et rieurs. En loopings gracieux, affairés, imprévisibles, Continuer la lecture#anthologie #13 | Omaha Beach en 765 mots

#anthologie #13 | bureaux avant fermeture annuelle

Pour achever l’année universitaire il va dans la matinée sans précipitation rejoindre l’équipe constituée de deux autres personnes. Lui est engagé à temps partiel et ses horaires sont souples. Ils se sont baptisés « la fine équipe » Avant de prendre la route il anticipe l’endroit de la cuisine où il posera quelques friandises ; il n’a pas encore décidé quoi. (fruits ou Continuer la lecture#anthologie #13 | bureaux avant fermeture annuelle

#anthologie #10 | Grisélidis, le réel

Devant la Chapelle Saint-Bernard en juin mille neuf cent septante-cinq toutes elles sont sœurs, elles brûlent, elles crient, elle a quarante-six ans et elle sait qu’elle est au cœur de sa lutte, celle qu’elle gueulera une vie entière en grands mots bariolés. Elle a six ans, son père dirige l’école suisse d’Alexandrie, elle l’adore plus que tout, il lui parle Continuer la lecture#anthologie #10 | Grisélidis, le réel

#anthologie #13 | la petite église du village

La petite église du village est pleine, chapelles latérales comprises. On rend un dernier hommage à la femme de l’ancien maire, encore conseiller municipal. Sur les premiers bancs, la famille, les deux enfants, leurs épouses, les petits enfants et arrière-petits-enfants en noir. Le mari de la morte porte une chemise blanche sans cravate ; ce qu’on a l’habitude d’appeler un bel Continuer la lecture#anthologie #13 | la petite église du village

#anthologie #13 | la gare de Bordeaux en 3981 signes

J’aime prendre le train. J’aime les gares, les départs, j’aime aller y accueillir des ami.es, j’aime quand je prends un train arriver en avance pour observer. Observer, c’est déjà voyager, c’est lire les panneaux d’affichage des trains et rêver. C’est contempler dans le hall principal éclairé par une grande verrière, la vaste carte peinte entièrement à la main à même Continuer la lecture#anthologie #13 | la gare de Bordeaux en 3981 signes

#anthologie #13 | arrêt de bus exactement

un couple de lycéens s’embrasse | une nuée de pigeons atterrit devant la boulangerie et se rue sur les miettes de pain qu’une jeune fille au tablier vient de libérer en renversant de grands sacs en papier qu’on peut imaginer avoir transporté quelques baguettes de pain | l’éclat du soleil sur le pare-brise du bus aveugle le cycliste qui doit fermer les Continuer la lecture#anthologie #13 | arrêt de bus exactement

#anthologie #12 | Voyages, voyages

De Göteborg, tout d’abord, je n’ai rien vu, rien qu’un quai de gare peu éclairé, une silhouette familière qui restait seule, derrière les gros heurtoirs en béton. Je crois que j’étais déjà amoureux de la langue dont j’ignorais presque tout, mais les annonces diffusées au dessus de ma tête chantaient en marquant fortement les finales, des mots, des phrases. Un Continuer la lecture#anthologie #12 | Voyages, voyages

#anthologie #13 | Thésée et le bus.

A force, on remarque les petites variations de la monotonie routinière.  Ça occupe. L’habitacle dans les tons de bleu vire parfois au vert, surtout à l’endroit de l’assise, moquette limée par les fesses anonymes. Ligne-bateau-de-Thésée. Toujours le même nom depuis des années, mais les exécutants se sont modernisés, certains sont vernis, ils ont le droit à la boite auto. Mais pas Continuer la lecture#anthologie #13 | Thésée et le bus.

#anthologie #12 | Une mer, trois villes

La première fait éclater sur la méditerranée ses surplombs orientaux, c’est Syracuse la tant aimée, aucune trace dans la mémoire, hormis son nom résonnant tranquille dans l’enclos de ses murailles, Syracuse la fantastique, dressée contre un horizon lointain de batailles et de guerres, un mythe inachevé, Syracuse. La deuxième surprend, on peine à se frayer un chemin parmi les rues Continuer la lecture#anthologie #12 | Une mer, trois villes

#anthologie #09 | Voie de garage

Le meilleur chemin que j’ai pris, c’est celui de la littérature et s’il est à déplier dans la fractale d’un instant, c’est celui-là que je choisis, mais c’est un chemin abstrait, il faut faire preuve d’imagination, il n’y a pas de route et je marche seule, C’est une voie, comme on dit, et si elle est dans le sens opposé Continuer la lecture#anthologie #09 | Voie de garage