#anthologie #04 | habiter

1:Ça commence avec un lancinant écho, douce mélopée : Allain Leprest en duo avec Yves Jamait « Je le sais, c´est notre Terre Quatre murs, quatre saisons Sont-ils vraiment ma maison? J´habite tant de voyages De creux, de mains, de nuages J´habite des cieux sans bornes Rien qui n´ait vraiment de forme » 2: Vivre et habiter, en français, en Continuer la lecture#anthologie #04 | habiter

#anthologie #04 | habiter l’étranger

Habiter une chambre à 100 dollars le mois, y entretenir son décalage horaire pendant deux ans, aucun rythme de vie, ne plus savoir le nom des jours, attendre n’importe quand la tombée de la nuit, se dire qu’on est parti si loin pour s’enfermer entre quatre murs, à l’abri de la langue étrangère, de l’autre, toujours menaçant, il a beau Continuer la lecture#anthologie #04 | habiter l’étranger

#anthologie #05 | PPP

Il porte son corps devant lui. Il est debout, en pantalon de toile, manches retroussées sous le blouson de cuir, une énergie vitale dans le regard, une énergie dans le geste, dans les plis cassants des étoffes que le peintre emprunte au XVIIe siècle. Il porte littéralement son corps devant lui, son cadavre. Son corps devant lui porté à bout Continuer la lecture#anthologie #05 | PPP

#anthologie #05 | La femme-Auguste

Je sus avant même la sortie de mère marcher sur ta tête. Je suis celle dont on mordit la naissance alors que dejà morte. Collée contre l’homme qui m’empêcha de me parler, je roule dans l’histoire comme un de ses fils, devant toi pas prénommée moi. Je suis celle qui donna nom à l’oubli d’elle. Je suis l’homme qui mangera Continuer la lecture#anthologie #05 | La femme-Auguste

#anthologie #06 | seuls les oiseaux

Il est seul au monde ton père disait ma mère. Question de point de vue. Il avait plutôt un monde dans la tête, son monde à lui. Il n’en parlait pas. Sans doute, quand il ne répondait pas à une question ou qu’il quittait la pièce sans rien dire, ou qu’il faisait quelque chose sans se préoccuper de personne, sans Continuer la lecture#anthologie #06 | seuls les oiseaux

#anthologie #04 Où habitez-vous ?

1 Habiter à, habiter sur… Il m’agace, tous m’agacent, tous ceux qui habitent sur Paris, Marseille, Nantes, ou Coulanges la Vineuse. Dans quelle position le corps qui habite sur ? Assis, couché, sur la pointe des pieds, en lévitation ou méditation transcendantale, là aussi je m’y perds. 2 J’ai habité quelque temps sur la butte ; la Butte Montmartre, je veux dire. Continuer la lecture#anthologie #04 Où habitez-vous ?

#anthologie #05 l’homme volant au vélovolé

A la ville de Plot, j’ai longtemps vécu, phacochant à l’école de la descente, j’ai extrait des racines carrées, j’ai dessiné des parallélogrammes patibulaires, j’ai ramassé beaucoup d’escarchauds, j’ai coupé mes pattes, j’ai rangé mes os, j’ai avoué que deux et deux ne faisaient pas toujours quatre pour rentrer dans les mailles de l’éducation primale. Les beaunainbos s’épouillaient gentiment en Continuer la lecture#anthologie #05 l’homme volant au vélovolé

#anthologie #05 | Avec son ventre de petite baleine crevée et sa déception plein les yeux

une femme porte son corps devant elle et dit je vais dans les tramway je vais partout où vous allez je vais partout accompagnée j’ai l’homme qui me colle au pied et l’autre petit engendré au bout du bras parfois j’aimerais lâcher mais ça continue et je vais où il faut aller sans penser si j’ai encore la force d’aller, Continuer la lecture#anthologie #05 | Avec son ventre de petite baleine crevée et sa déception plein les yeux

#anthologie #05  | fragments, énigme, je-tu suis 

Autant vous le dire d’emblée, même si je me suis, je ne suis pas seul et il m’arrive de m’adresser « aux autres » parties de je, un jeu de nous divisé en toi et moi, si je me perds je m’y retrouve bientôt puisqu’on ne cesse de s’adresser l’un à l’autre avec une courtoisie toute relative que je prétends nous entretenir. Continuer la lecture#anthologie #05  | fragments, énigme, je-tu suis 

#anthologie #05 | Le corps droit devant

On ne s’estime pas heureux quand le visage déclenche les mots désagréables, les sourires de biais, le sans-gêne tirailleur. L’arrière-grand-mère en souffrit depuis ce temps, où même l’école était à peine suivie, sans escale de bien-être, où le travail percute et relance un autre labeur, où même l’école est une assignation, puis vastes années plus loin, la grand-mère et puis Continuer la lecture#anthologie #05 | Le corps droit devant