#anthologie #05 | Justaucorps de salle des fêtes

C’est un corps de petite fille. Dix ans tout au plus. Posé là, parmi d’autres petits corps à peu près du même âge. Une scène de salle des fêtes du coin, rangée de petits corps faisant face à des spectateurs d’un jour installés sur des chaises pliantes en plastique qu’on rangera dans la remise dans deux heures, sur un fond Continuer la lecture#anthologie #05 | Justaucorps de salle des fêtes

#anthologie #04 | Nicher

Les arbres morts ne sont pas vraiment morts. Le pic s’y établi, y creuse son logement et y loge sa famille. Dans la loge du pic on s’installe, on va chercher à manger, on revient avec la nourriture qu’on distribue aux petits, on se repose, un peu, parfois, avant de retourner chercher la nourriture pour les petits. La loge du Continuer la lecture#anthologie #04 | Nicher

#anthologie #06 | Mon seul

Seule à la caisse. Seule au jardin à regarder l’arbre sans l’approcher de trop parce que les autres seuls. Seule à la transmission. Seule à tomber. Seule à me relever. Seule devant l’urne. Seule face au fouillis, à l’errance, à la précipitation. Seule à croire. Et puis une chose et la solitude se remue. Une chose comme bonjour, comme un Continuer la lecture#anthologie #06 | Mon seul

#anthologie #06 | les deux, seuls

Il y a deux solitudes dans cette histoire (j’allais écrire cette affaire, mais le mot ne me convient pas – il faudra que je prenne la place des deux) de l’un puis de l’autre, pendant toute cette période, il a fallu qu’ils se parlent – l’un portait un passe-montagne, la marque de fabrique de son groupe – c’était Toni Negri Continuer la lecture#anthologie #06 | les deux, seuls

#anthologie #05 | la femme aux mots empêchés

…les mots roulent dans ma tête roulent de ma tête à ma bouche mais le soleil cuit le soleil me cuit et le corps bout et les mots et mes lèvres et mes bras et mes jambes trébuchent sur le pavé à force de chercher l’ombre et un visage, c’est la faute au soleil, c’est lui qui fait trébucher mon Continuer la lecture#anthologie #05 | la femme aux mots empêchés

#anthologie #05 | Elle poussait son corps devant elle

Elle portait son corps devant elle…Elle poussait son corps devant elle… Des cliniques portent des nom de Saints , Sainte thérèse, Sainte Marie, St Paul , st Augustin ceux qui y exercent sont plus ou moins en bienveillance , plus ou moins en compétence, c’est l’écoute qui compte le plus. C’est un chirurgien plasticien dit aussi chirurgien esthétique qui appelle Continuer la lecture#anthologie #05 | Elle poussait son corps devant elle

#anthologie #05 l Les portes de l’Anatolie

Besiktas, Kadikoy, Karakoy, Fathi, Gezi park, Emimonu, Kabatas… Voyager c’est apprivoiser par petites touches l’espace. Ces noms me sont devenus familiers sans que je sois capable pour autant de les poser sur une carte. Voyager pour moi c’est faire confiance et laisser l’inconscient organiser l’espace sans m’en mêler. Ma méthode n’est pas rationnelle et donc totalement inefficace quand il faut Continuer la lecture#anthologie #05 l Les portes de l’Anatolie

#anthologie #06 | Au bord de moi-même

C’est le reflet dans la fenêtre. C’est mon reflet dans la fenêtre. J’apprends à me regarder en détournant le regard de tous les grands miroirs qui peuplent mon appartement, mais la fenêtre, je l’oublie. Je regarde à travers elle, les enfants dans la cour de l’école, les chiens dans le square, les passants qui jettent leurs bouteilles dans le grand Continuer la lecture#anthologie #06 | Au bord de moi-même

#anthologie #04 | Habiter ou résider ?

Habiter ou résider ? Comme un foyer de braises. Foyer. Feu. Sans foi, ni loi. Sans feu, ni lieu. Je n’habite pas vraiment. Tout au plus je réside, quand je me résigne, fardeau des enfants de migrants. Je sens mes braises chuinter, quand je tente de prendre mes marques. Je me fais aux cris des mouettes et au vent froid Continuer la lecture#anthologie #04 | Habiter ou résider ?