A propos de Antoine Gentil

Enseignant spécialisé auprès d'adolescents en décrochage scolaire. J'ai publié "Classe réparatoire" aux PUG, en 2024. J'anime des ateliers, j'écris du théâtre et des textes de chanson.

#L4 Sentimenthèque

Un livre blanc, Philippe Vasset, carte IGN, dans les plis du plan, aller voir, in situ, explorer l’intranscriptible, aller au non-lieu-dit, faire un planisphère des terrains silencieux, marcher au-delà des palissades, des buttes, écrire ce qui va se produire, ce qui n’est pas rien. Fragmentation d’un lieu commun, Jane Sautière, ce que la prison fait, expérience de la perte, des Continuer la lecture#L4 Sentimenthèque

#L3 Trois deux un

La lumière est crue, Syrie, t’es en contre-jour, j’y vois rien, Syrie, France, Syrien, Français, Damas, Lyon, comment je suis là, mécanique des fluides, un mot plus un mot égal un propos, mécanicien de langage, quelle place, quel plan, recomposer le discours ; traduire ; avec l’autre qui acquiesce et agace ; mes tremblements ; un parcours dans les jambes ; t’es passé où, ils Continuer la lecture#L3 Trois deux un

L’inconnu en archipel

Ce que son frère fabrique, toutes ces journées dans son périmètre, à n’être qu’un regard, aux aguets. Si sa sœur savait qu’elle est amoureuse. Ce qui s’en suivrait. Ce que son père exerce comme métier auprès du maire de la ville que le sable envahit sans cesse et que les femmes et les hommes déblaient sans cesse. Le pourquoi des Continuer la lectureL’inconnu en archipel

Rendez-vous initial

Elle aura pris le tram jusqu’à l’arrêt Malherbe, levé les yeux vers le sucre, l’immeuble de la CAF, tour blanche à géométries de fenêtres. Gênée par la cohue qui naît de l’étroitesse du passage entre les portes du tram et les barrières protégeant de l’avenue, elle aura contourné l’abri et les bornes. Circulaire du regard : les carreaux multicolores des immeubles, Continuer la lectureRendez-vous initial

Tonnerre/rencontre

Un parapluie pour deux. Milo. Moi. Au téléphone sur le trottoir. Vendredi soir. Juillet assombri. Orage. Odeurs. Avec le vent, chaudes gouttes, larges et plombées. Tonnerre. En face, troubles, feux rouges, tramways. D’abord, un répondeur : Jardins de la récup, association d’insertion. Puis via l’autre contact griffonné sur le dossier : une femme, voix romani – oui, lui venir ! Continuer la lectureTonnerre/rencontre

L’ami de mon ami

Tu m’avais parlé de lui. Tu m’avais dit. Tu m’avais dit sa force de travail. Tu m’avais dit l’espérance. Tu m’avais dit les réalisations. Tu m’avais dit la ville. Tu m’avais dit le football. Tu m’avais dit le regard. Tu m’avais dit les possibles. Tu m’avais fait comprendre. La hauteur d’esprit. La simplicité. Et j’avais lu. Manifestement, tu avais trouvé. Continuer la lectureL’ami de mon ami

Sur le vif

Auto-stoppeur au Pont-de-Champ. Grand adolescent, –Merci Monsieur, je vais devant la Mairie de Pont-de-Claix. Un bas de survêtement, une veste matelassée usée, cheveux noirs écrasés. Odeur de tabac. Il est d’ici. Ce territoire où l’on rejoint. Parce qu’on est périurbain. Le relief est sédimentaire. La Romanche verse dans le Drac. La plaine est à l’industrie et aux bancs de graviers. Continuer la lectureSur le vif

Où sont les invisibles ? Où sont les incasables ?

Imprimés Mickeys rouges et noirs sur pantalon de pyjama, survêt Lacoste, casquette noire constellée de diamants en plastique violets, veste noire déchirée sous les bras faisant ouverture sur des nuages de bourre blanche et cotonneuse, fourrure rose épaisse, fond de teint, noir aux yeux, anorak, parka, doudoune eskimo rouge, survêt rose et bleu en bandes verticales, sabots fourrés, casquette logée Continuer la lectureOù sont les invisibles ? Où sont les incasables ?

Celles

Celle qui rétorque et s’entête et s’enthousiasme dans une chambre en foutoir. Celle qui s’inquiète et se préoccupe et s’emporte sur un canapé d’angle. Celle qui s’intrigue et retourne et répète au-dessus des gamelles fumantes. Celle qui calme le jeu et laisse courir et s’adapte en nageant dans les vagues. Celle qui cadenasse et protège et fond en larmes dans Continuer la lectureCelles

Visage

Paupières closes parce que tu t’appliques. S’entrouvrent pour suivre tes doigts. La recherche dans le regard. Le tempo avec les joues. Parce que tu te concentres. Les sourcils qui s’avancent. Tu portes l’eau au creux de la main jusqu’à tes yeux. Tu les asperges. Des ruissellements se forment jusqu’au menton. Tu reprends de l’eau au creux de la paume pour Continuer la lectureVisage