A propos de Catherine Plée

Je sais pas qui suis-je ? Quelqu'un quelque part, je crois, qui veut écrire depuis bien longtemps, écrit régulièrement, beaucoup plus sérieusement depuis la découverte de Tierslivre et est bien contente de retrouver la bande des dingues du clavier...

autobiographies #09 | passons…

Passe la porte blanche plate très plate sans moulures, à poignée en bec-de-cane, la typique porte basique des logements des années soixante et là, dans une chambre tapissée de jaune, vois ces enfants jouer avec leurs poupées près d’une malle en osier remplie de ce petit monde comme une foule dans un fourgon. Passe la porte-vert épinard de la salle Continuer la lectureautobiographies #09 | passons…

autobiographies #08 | salon fin de race

Le salon endeuillé ; les rideaux tirés ; vue floutée sur l’immeuble en vis à vis ; en briques rouges ; réplique de celui-ci mais à la courbe inversée ; au même étage l’ami ; au premier l’espéré, au rez-de-chaussée le coiffeur-visagiste ; un iste en vaut bien un autre ; entre les deux immeubles le feu rouge ; bruits de freinage et de débrayage incessants ; l’habitude ; à Continuer la lectureautobiographies #08 | salon fin de race

autobiographies #07 | tristes portes

il y a les portes ouvertes qu’on enfonce à loisir et les portes fermées sur lesquelles on se casse le nez, les portes entrouvertes pour un maigre espoir et les portes verrouillées pour aller vous faire voir… Il y a cette porte blanche plate très plate sans moulures, à poignée en bec de cane, la typique porte basique des logements Continuer la lectureautobiographies #07 | tristes portes

autobiographies #05 | le vieux

version. 1 Il est vieux. Ses habits le disent, son béret et son long manteau en chevrons, et puis sa voix qui tremblote, il court comme un lapin et dévale nos trois étages en une respiration, le voilà debout au milieu du salon sous les feux de la colère de son ami, il sourit, il sourit bon enfant, il est Continuer la lectureautobiographies #05 | le vieux

autobiographies #06 | habiter l’habitacle

Les conversations ont cessé, on se love dans le ronron du moteur, dans ce silence épais, presque poisseux de la nuit, régulièrement, on se prend en pleine face les crachats lumineux des phares, l’insulte suit de près : Et tes codes connard ? c’est la nuit, on parle bas parce que c’est la nuit et peut-être qu’elles dorment à l’arrière, ou allez Continuer la lectureautobiographies #06 | habiter l’habitacle

autobiographies #02 | elle, lui, et lui

Elle écoute, elle pense qu’elle écoute, agitée sans cesse, le repas à préparer, la vaisselle, ranger, répondre au téléphone, à son mari, à son fils, un mail urgent, et du fond de la cuisine rassure : oui je t’écoute et pour le prouver répète la dernière phrase entendue, entendue pas écoutée pour vous relancer, c’est qu’elle aime vous tirer les Continuer la lectureautobiographies #02 | elle, lui, et lui

autobiographies #01 | bout de ligne

Au sortir du métro- bout de ligne- ne pas prendre la rue encombrée d’autobus mais les escaliers qui desservent la passerelle. La passerelle s’élance au-dessus d’un ramassis de maisons délabrées noircies de pollution urbaine et c’est plonger dans le ciel, s’engouffrer dans le vent et la pluie souvent. Les tours jumelles, modestes répliques des twin-towers semblent se pencher pour regarder Continuer la lectureautobiographies #01 | bout de ligne

autobiographies #03 | rideau

C’est comme un rideau vert qu’ils tirent entre le monde et nous. D’au-delà, des sons nous parviennent étouffés, cris d’enfants jouant dans la cour, commérages des ménagères à leur fenêtre, et la succession des RER à 7h12, 7h22, 7h32, 42, 52… Ils sont trois, dressés vers le ciel, souples comme des plumes. Dès qu’ils sont en feuilles, ils font masse, Continuer la lectureautobiographies #03 | rideau

L’ivraie

Et telle fut sa rentrée dans ce grand casernement gris avec au centre, des carrés de pelouse comme des tapis de jeu, et sur ces tapis insérés entre les terrains de basket, de raides vestales en pierre, et à leurs pieds, la masse mouvante et susurrante des élèves, énorme grappe de gamins de son âge mal réveillés, le cartable calé Continuer la lectureL’ivraie