A propos de Françoise Renaud

Parcours entre géologie et littérature, entre Bretagne, Languedoc, et Limousin. Certains mots l'attirent : peau, pays, rébellion, atlantique (parce qu’il faut bien choisir). Romans récits nouvelles poésie publiés depuis 1997. Vit au flanc ouest du Massif Central. Et voilà. Son site, ses publications, photographies, journal : francoiserenaud.com. Sa chaîne YouTube : TerrainFragile.

vers un écrire / film #03 | étreindre

Quoi tenter d’étreindre ce matin en ces heures de gel encore. Ciel pâle alors qu’en arrière du versant il y a davantage de couleur. Puis elle vient la couleur et remplit la vallée. Dans la timidité de l’hiver. Une gamme de jaune ocré mêlé de blanc et de beige rosé. Brusque irruption du soleil à dépasser le versant. Et cette Continuer la lecturevers un écrire / film #03 | étreindre

vers un écrire/film #02 | sur fond blanc

44.11 | un homme en blanc chasse la neige déposée sur son vêtement | visage tourmenté | trois personnages entrent par la gauche dont une femme qui retient ferme son foulard sous le menton | regard posé sur l’homme très intense avant de se détourner (couleur claire des yeux sans doute) | ils marchent | sortent du champ | caméra immobile, Continuer la lecturevers un écrire/film #02 | sur fond blanc

vers un écrire/film #01 | attendre le livreur

Une livraison est annoncée avant midi. Les rues étroites ne permettent pas le passage d’une camionnette jusqu’à la maison, le mieux est d’aller récupérer le paquet place du Jardin. Plan large. Champ ouvert entre les marches du temple et l’embouchure de la rue des Camisards. Plein hiver. 13 janvier. 11h21. La façade de l’édifice est caressée par un soleil maigre Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | attendre le livreur

autobiographies #15 | chambres alvéoles

Je ne comprends pas tout à fait qui elle est mais je sais qu’elle se déplace dans cette maison de poupées avec agilité, chambres pareilles aux alvéoles d’un fruit, bien visibles en coupe verticale ou par le dessus. Il y a des personnages en cire installés dans des fauteuils miniatures, des drôles de meubles qui ressemblent à des vrais, des Continuer la lectureautobiographies #15 | chambres alvéoles

autobiographies #14 | flot brutal

à feuilleter l’album aux images sépia bien classées ou déposées en vrac entre les pages, il y a comme des suspens, des trous, des vides, les mêmes insérés dans le maillage de nos vies minuscules la petite maison aux volets bleus qu’ils habitaient après leur mariage dans la rue des Tulipes les falaises de schistes gris argent, aplomb vertigineux par endroits Continuer la lectureautobiographies #14 | flot brutal

autobiographies #13 | après-guerre

Elle, cette voix si peu manifestée de façon forte, voire violente, avec toutes les choses brassées en dedans, exacerbées, les frustrations, les désirs impossibles. Non jamais je n’ai rechigné aux travaux imposés par la vie à la ferme, par la vie rude au sein d’une famille installée depuis des générations dans un coin de campagne, ayant agrégé à force de Continuer la lectureautobiographies #13 | après-guerre

autobiographies #12 | dans ce désordre

odeurs dans la chambre tout de suite à pousser la porte, odeurs de vieux corps, taches de sang sur la moquette / chambre dite chambre bleue à cause de la tapisserie à rayures dans un camaïeu de bleus (Marie aimait le bleu, tout le monde était au courant) / sur le mur photo encadrée grand format avec jeune homme en Continuer la lectureautobiographies #12 | dans ce désordre

autobiographies #11 | étoffes

probablement un jour de semaine, une lumière assez douce qui glisse entre les pommiers et pénètre la cuisine par la porte-fenêtre au rideau repoussé, une heure parfaite pour les travaux de couture / elle est en train – enfants à l’école sans doute –, coupon de tissu déployé autour d’elle si bien qu’on ne distingue pas le tissu de la Continuer la lectureautobiographies #11 | étoffes

autobiographies #10 | vie qui bat

Elle regarde l’hiver par la fenêtre. Elle reste dans la cuisine où il fait le plus chaud. Elle met souvent la main sur sa poitrine. Elle veut savoir si son cœur bat encore. Elle a quitté son village il y a presque dix ans. Elle se souvient du jour où elle a pris le car avec sa petite valise en Continuer la lectureautobiographies #10 | vie qui bat

autobiographies #09 | vol de nuit

de l’épaisseur du silence surgissent des formes imprévues, et la nuit en rajoute encore à l’indécision et à la crainte de s’engager dans ces passages ignorés au ras de petits squares mal fréquentés, ces venelles, ces courettes nichées à l’intérieur des bâtiments, ces avant-toits protégeant des portes, ces couloirs étroits mal éclairés sur lesquels s’ouvrent d’autres portes derrière lesquelles il Continuer la lectureautobiographies #09 | vol de nuit