A propos de JLuc Chovelon

Prof pendant une dizaine d'années, journaliste durant près de vingt ans, auteur d'une paire de livres, essais plutôt que romans. En pleine évolution vers un autre type d'écritures. Cheminement personnel, divagations exploratives, explorations divaguantes à l'ombre du triptyque humour-poésie-fantastique. Dans le désordre.

#40jours #prologue | lieux invisibles

Une raffinerie de pétrole dans la banlieue d’une grande ville, une grande tour de distillation haute de 80 mètres, d’autres colonnes de distillation sous vide annexes, plusieurs cheminées dont une, la plus grande, laisse échapper un large et dense panache de fumée blanche dans le ciel surplombant un réseau de tuyaux et de grands réservoirs circulaires destinées à stocker les Continuer la lecture#40jours #prologue | lieux invisibles

transversales #06 | parce que

Je ressens la fatigue de celui qui a écrit. Juste la fatigue du jour. Je me suis levé tôt, j’ai écrit jusqu’à midi. J’ai mangé, un peu dormi, puis j’ai re-écrit. Là, fin d’après-midi, j’ai l’esprit un peu embrumé. Pour ce premier jour d’isolement à plus de quatre cents kilomètres de chez moi, j’ai réussi à remettre en route mon Continuer la lecturetransversales #06 | parce que

dialogue #05 | quiproquo

Une sonnerie. Un carillon à trois tons, il ne l’a jamais aimé. Il aurait pu le remplacer, il aurait dû le remplacer. Mais l’envie d’oublier a été plus forte que celle de changer. Même une stupide sonnerie. Une sonnerie, trois heures de l’après-midi, 38° à l’ombre. Pas beaucoup de possibilités. Des gamins qui font les imbéciles. Ou des témoins de Continuer la lecturedialogue #05 | quiproquo

Dialogue #03 | Scène de crime

La victime repose sur son flanc gauche. Un filet de sang s’échappe du coin de ses lèvres et goutte sur le sol avant de se perdre dans l’herbe et sous un tapis de feuilles mortes. La commissaire est accroupie au niveau de sa tête et observe avec attention le corps sans vie, en quête d’un indice. Jeune femme, environ vingt-cinq Continuer la lectureDialogue #03 | Scène de crime

autobiographies #09 | caves

Codicille : Pour un projet d’écriture, j’avais besoin d’une cave sortie de mon imagination. J’ai donc repris cette consigne de passe-murailles (qui date de plusieurs semaines) autour de Jean Echenoz. Pour voir où elle m’emmenait. L’odeur fraîche de l’humidité, du bois humide, de la poussière humide, des oignons, aulx, pommes-de-terre humides, l’odeur des plus anciens souvenirs comme cet enfant apeuré Continuer la lectureautobiographies #09 | caves

dialogue #02 | une manif, Mohamed Ali et moi

Il pleut des coups de tous les côtés. Une main sur le visage pour maintenir mon tee-shirt au-dessous de mon nez, la main collée sur la bouche, pour atténuer l’effet des gaz lacrymogènes. L’autre main devant, dos courbé, jambes fléchies, pour prévenir tout obstacle dans la fuite au milieu d’un nuage de fumée blanche, des cris, des sifflets de la Continuer la lecturedialogue #02 | une manif, Mohamed Ali et moi

dialogue #01 | la dispute

AvantC’est une longue table dressée sous un immense tilleul. C’est un dimanche de Pâques, année 1906, milieu d’après-midi, dans la campagne de Montdidier. C’est un repas de famille qui est en train de finir, un de ces moments interminables. Une quinzaine de convives. L’enfant, bien sûr, puisque c’est jour de sa première communion. Le père, la mère, l’oncle, la tante, Continuer la lecturedialogue #01 | la dispute

Vers un écrire/film #08 | chant d’homme

Si j’étais musicien, je composerais une symphonie comparable au chant des oiseaux. J’essaierais de retrouver la plénitude qu’on éprouve quand, dans la nature, quelques pépiements viennent vous glisser à l’oreille l’impératif libératoire, le décompressage salvateur, l’abandon exutoire. La technologie des sons et de la musique est suffisamment riche pour imiter le chant des oiseaux. Mieux, des bruiteurs et autres siffleurs, Continuer la lectureVers un écrire/film #08 | chant d’homme