#40jours #33 | le froid ville

Il hurle encore tout en haut, dernier étage et pourtant. Il hurle le père l’homme, excédé de tout, l’emploi, ce qu’on attend de lui, ce qui germe, la toux des gosses, la mère dont il faut, la femme dont il faut, ce qu’on attend de lui, les brigades de règles, du respect des règles, des limites, des barrières, il hurle Continuer la lecture#40jours #33 | le froid ville

#40jours #32 | hanter les lieux

Hanter la villa Hadriana à Tibur pour rencontrer un homme qui meurt d’une hydropisie du cœur. Pas l’empereur, pas le Jupiter olympien, mais l’homme blessé, inconsolable, vulnérable, qui agonise lentement dans ce lieu qui devient son refuge intérieur. Compter sur la mémoire des pierres, tâter de l’éternité dans la matière même. Hanter l’hôtel Labenche à Brive, espace compressé de tous Continuer la lecture#40jours #32 | hanter les lieux

#40jours #34 | lueurs

« J’ai passé des nuits à photographier la barre des Gentianes avant sa démolition. Les images transférées sur l’ordinateur ont le flou et le ridicule des photos d’ovnis qu’on voyait dans les journaux quand on était gosses. Une tache plus claire. Un zigouigoui. Une larmichette. Ce dont j’ai été témoin huit semaines durant était insaisissable. Pourtant quelque chose s’est passé. Chaque Continuer la lecture#40jours #34 | lueurs

#40jours #34 | Ex Voto livre d’or

Amalia n’aimait pas monter au grenier. L’accès par un escalier de bois trop raide et poussiéreux indiquait déjà la différence d’ambiance par rapport aux pièces d’en bas. L’odeur elle-même devenait immédiatement étrange, étrangère, comme venue de temps anciens qu’elle n’avait pas connus ou trop connus justement. C’est là qu’on étendait les draps en hiver pas trop souvent. Une grumeleuse pluie Continuer la lecture#40jours #34 | Ex Voto livre d’or

#40jours #34 | fond de jardin

L’année de ses douze ans peut-être, loin en arrière, sorte de niche au sortir de l’enfance. En fait il y a plusieurs instants de même nature dont elle pourrait s’emparer et fouiller. L’un avec la grand-tante, l’autre avec le frère, l’autre avec les chiens, tous -assemblés en cette même heure, durée d’une visite en ce village où son père a Continuer la lecture#40jours #34 | fond de jardin

#40 jours #34 | Le pneu

Il y en avait toujours deux ou trois qui trainaient dans le jardin, il avait d’abord fallu en choisir un, le plus léger, le vider, pas de sa chambre à air cela avait déjà été fait — ce pneumatique ne pouvait plus respirer — mais de l’eau qu’il contenait encore, même s’il n’avait pas plu depuis trois jours, avec une Continuer la lecture#40 jours #34 | Le pneu

#40jours #33 | entre autres

Le quatrième étage ne porte plus les traînées de suie au-dessus des deux fenêtres de gauche. Nous étions au restaurant dans la rue d’à côté. Nous avons entendu les sirènes des pompiers et puis de l’ambulance. Inquiétude. Nous avons lu les journaux. Effroi. Les versions divergeaient. La maman s’est-elle vraiment jetée dans le vide avec son nouveau-né pour échapper à Continuer la lecture#40jours #33 | entre autres

#40jours #34 | discussion familiale

Par un jeu. Convenu. Entre eux. Faire. Grands signes. Fenêtre Couloir en U. Appartement. Rue de Tourtille. Tourne. Sur lui-même. Deux croisées. Se faire face. Bizarrement. Au-dessus. Cour intérieure. Étroite. Salie. Pigeons. Répondre. À son salut. Amusé. Se sentir. Content. Habiter. Logement. Particulier. Autorise. Être à l’intérieur. Même appartement. Comme si. À l’extérieur. Autre appartement. D’un côté. Cuisine. De l’autre. Couloir. Continuer la lecture#40jours #34 | discussion familiale

#40 jours #33| la vie ainsi

Regarder en face ne se peut plus. Quelque chose va s’arrêter. Le souffle s’accélère. Au bord, le corps se penche. Effroi. Il est arrivé au bout. Il n’y a plus de page à tourner. Plus de fenêtre à ouvrir. Plus personne à accueillir. Plus de rire à laisser éclater. Plus rien. Inquiétude. Il compte les dernières pièces. Il n’y en Continuer la lecture#40 jours #33| la vie ainsi

#40jours #34 | L’étrangeté de l’immédiat

Au fond de la propriété de nos voisins qui délaissaient leur jardin pour ne vivre que du côté rue, à l’opposée de chez nous, une vieille fosse de compostage était négligée depuis longtemps. Le jardin n’était plus entretenu, à l’abandon. À l’automne, les nombreux arbres du parc perdaient leur feuillage roux en abondance, le sol était régulièrement recouvert d’une épaisse Continuer la lecture#40jours #34 | L’étrangeté de l’immédiat