#L8 Miroir

L’amour est amertume, voilà ce que m’apprennent les hommes de siècles en siècles. On se trouve, on se quitte, on se blesse, on s’écarte, on se rapproche. On souffre du trop ou pas assez (des deux parfois) : on enfante, on cajole, on câline, on repousse, on est repoussé, on donne tout, on sature, on s’épuise. On veut de la Continuer la lecture#L8 Miroir

#L8 Partir

Parti presque nu à bord de la barque ressentant sur la peau la fraîcheur du vent, nuages rouges au soleil levant, rouge tendre de l’hésitation d’enfant devant la maîtresse lui demandant de conjuguer partir au passé simple, rouge pastel déposé en baiser par le rouge à lèvre de la mère pressée de partir, le rouge flamboyant du toréador étant celui Continuer la lecture#L8 Partir

#L8 Les mots

De quels autres mots que « faim » et « travail » revêtir votre vie, avant et aussi après la photo ? Toi, sereine, tu fixes un point du présent de la photo, légèrement au-dessus de toi. Une tête d’épingle légère. À quoi rêves-tu maintenant que tu n’as plus faim ? Quelles images accessibles se forment dans l’eau de ton regard ? La route que vous Continuer la lecture#L8 Les mots

#L3 | Alors elle a pensé que c’était oui

Papa dit que c’est une rose trémière, qu’elle se se ressème chaque année et qu’elle était plus foncée avant. Quand je serai grande, je mettrai des roses trémières partout, même dans des pots. Papa dit qu’elles ne vivront pas dans des pots, que c’est trop petit, qu’elles n’auront pas assez de place, qu’il leur faut de la pleine terre. Il Continuer la lecture#L3 | Alors elle a pensé que c’était oui

#L4 | Sentimenthèque

D’Alphonse Daudet : Le Secret de maître Cornille… puis la meule brise le plâtre et aussi sûrement nous brise le coeur. De Marcel Pagnol : La Gloire de mon pèreLes olives pleines de jus, la terre poudreuse, le ciel très bleu, les cigales, la sensualité inédite et troublante de cette Provence vivace et révolue qui réchauffait notre classe de CM2 Continuer la lecture#L4 | Sentimenthèque

L8 # Faire un livre

Dans la ville soulevée je marche avec lui très souvent . Son récit m’accompagne, me revient, image par image. J’ai pensé quelquefois que j’aurais dû l’enregistrer . Je ne le crois plus aujourd’hui. Ces fragments lèvent dans mon cœur dans ma mémoire. Il surgissent du contact de mes pieds avec ces trottoirs, du grincement de la porte du bar, des Continuer la lectureL8 # Faire un livre

#6 Seule

Là où elle se trouve actuellement, à enfoncer du bout des doigts les lettres du clavier, des lettres choisies soigneusement dans le but de former des mots sur l’écran, mots qui s’inscrivent à l’instant même, ici même, en face d’elle, sur l’écran du laptop posé sur la nappe blanche brodée de fleurs jaunes et rouges, les jaunes plus grosses et Continuer la lecture#6 Seule

#L7 Cheminement dans le livre en devenir

Quelqu’un arrive quelque partElle cherche son chemin au petit matin, en colère et perdue. Elle cherche une maison qu’elle pense reconnaître aux couleurs de la façade et aux chuchotements de la rue. Elle y séjourne depuis peu. Elle la trouve enfin et décide de faire un détour et de passer par le petit portail du fond du jardin, celui qui Continuer la lecture#L7 Cheminement dans le livre en devenir

#L7 | 16 notes

travail en cours… espaces pleinement ouverts 1- L’idée de quelqu’un qui arrive quelque part m’a rapprochée d’un livre retrouvé et relu peu de temps avant, Le Pèlerin de Fernando Pessoa, un conte initiatique écrit en 1917. Plus que la nature du récit lui-même, c’est la pureté de sa langue qui m’est revenue en mémoire. Longtemps j’ai suivi la route, m’enfonçant Continuer la lecture#L7 | 16 notes

#P5 Apnée

À la deuxième marche descendue, le pied ne répond plus, le sol se dérobe, le noir s’installe devant mes yeux; c’est la chute. Un arrêt infini, plutôt l’abandon, le renoncement à la commande centrale. le relâchement de la tension nerveuse. Un cran qui saute, se rompt et la poulie qui dévide le câblage sans plus de résistance et même pas Continuer la lecture#P5 Apnée