#anthologie #31 | parti

Il y a presque quarante ans, je suis mort. Mais aujourd’hui on dirait plutôt : il est parti. Ce n’est pas faux, puisqu’il y a ceux qui restent. Et toi en particulier. Comme tous ceux dont j’étais proche, tu n’y as pas cru: quand tu as appris, tu as pleuré, la nouvelle a tourné dans ta tête, tu as tourné en Continuer la lecture#anthologie #31 | parti

#anthologie #23 | la voisine et Bruno

C’est ici qu’on habite. L’appartement aux murs blancs sur lesquels on n’a rien accroché encore alors que cela fait trois ans qu’on y habite parce qu’on doit choisir à deux et on a souvent eu des désaccord sur les choix esthétiques alors on n’a toujours pas pris le temps de se poser pour pouvoir choisir ce qu’on pourrait accrocher, les Continuer la lecture#anthologie #23 | la voisine et Bruno

#anthologie #31 | après je pars

Puisqu’on parle de moi, je voudrais préciser deux trois choses. On parle de moi. Pas de lui, pas d’elle, pas de lui non plus. On parle de moi mais ce moi leur est inconnu. Il faut mettre du papier bulle autour de ces assiettes, il ne faudrait pas qu’elles cassent dans le carton. Et cette lampe à pétrole pourquoi personne Continuer la lecture#anthologie #31 | après je pars

#anthologie #18 | de photomaton en photomaton

Le photomaton dans le métro de Marseille Que là, quand tu es déjà fatiguée avant de sortir de la maison et puis extenuée avec les deux enfants sur toi et le périple dans le métro de Marseille, avec changement de ligne à Castellane sans escaliers roulants et que tu reviens de l’école, de la crèche et du pédiatre et qu’il Continuer la lecture#anthologie #18 | de photomaton en photomaton

#anthologie #31 | butée

j’avais une névralgie à la main, j’étais en train d’écrire une carte postale (rose verte rouge – j’aime assez les cartes postales), c’est venu tout à coup. Ou alors j’étais en train de prendre en photo le deux cent dix de la rue (si tu veux, je peux te décrire cette image-là mais le mieux serait de te l’envoyer, mais Continuer la lecture#anthologie #31 | butée

#anthologie #31 | Un mort à la table familiale

Note : les phrases en italique sont les dernières de mon texte 26 « Les bruits et les voix de la culpabilité » Étienne s’est arrêté. Il n’entend pas le « hou hou, hou » de la chouette hulotte, ni le chuintement de la dame blanche, ni le coassement des grenouilles du bassin, pas plus que les jappements du chien du voisin. Dans ses genoux Continuer la lecture#anthologie #31 | Un mort à la table familiale

#anthologie #31| Je suis venue te dire.

Cette nuit là, je n’ai pas crié, je n’ai pas pleuré, j’ai senti comme un temps d’arrêt dans ma respiration et je n’ai pas eu le temps de me retourner, j’ai cessé de vivre d’un coup et ce n’était pas si difficile que cela. J’étais déjà dans un lit, pas allongée sur un trottoir parce que vivante dans la rue Continuer la lecture#anthologie #31| Je suis venue te dire.

#anthologies #31 | remugles

Je parle d’où l’on m’a couchée un matin qu’il pleuvait, fardée, la mâchoire ceinte d’un cordon, vêtue de cette robe grise prise au magasin des indigents et chaussée : « parce qu’on ne part pas sans chaussures — bottines recousues à gros points qui m’entraient dans l’os – sous peine d’errer sans repos sur la terre », avait dit la bouche au-dessus de moi. Continuer la lecture#anthologies #31 | remugles

#anthologie #23 | sous la surface

Sous le béton, chaque étage révèle un oubli. Au moins un, un empire de rongeurs prospère. Nous, on est à leur service, sans identité aucune. On passe notre temps à trier des déchets, des restes de vie. Chaque geste nous éloigne de notre volonté. Chaque acte nous transforme en rouages anonymes. Pour y échapper, on peut tenter de s’engouffrer dans Continuer la lecture#anthologie #23 | sous la surface

#anthologie #31 | Les pieds devant

Avant de mourir, il aurait fallu se dire une dernière fois les choses, c’est ça qu’il aurait fallu faire, ne rien attendre de l’avenir puisque qu’on n’avait plus le temps de se raconter des histoires, alors j’ai dit à ton père que je voulais mourir, qu’il ne fallait pas compter sur moi pour vivre avec elle, enfin plutôt crever, oui Continuer la lecture#anthologie #31 | Les pieds devant