#L3 | Un mur et quatre secondes

Pour ses enfants, le mur sur lequel donnent les fenêtres de son salon est une entrave à leurs aspirations de vendre la maison plus cher. Pour elle, ce mur est l’écran où vient se poser son regard oisif. Il est recouvert par endroits de ciment qui tourne au noir, fruit d’une humidité que les jours d’été n’arrivent pas à faire Continuer la lecture#L3 | Un mur et quatre secondes

#L3 | Dans le quartier

(1er Quoi qui, 2ème Là) Steve habite la rue depuis déjà quelques années et il affectionne particulièrement son salon c’est à dire le banc situé sur la petite place. Sous un regard désabusé et un cheveu peu amène, il râle très fort lorsque quelqu’un s’avise de marcher sur ses plates-bandes -ce n’est pas parce-qu’il n’y a pas de porte, question Continuer la lecture#L3 | Dans le quartier

#P3 | la fine pince et la paisible assise

Pour manger, il faut faire venir du corps. Il faut apprendre. Apprendre à téter d’abord puis à porter à la bouche depuis des doigts malhabiles ce qu’on ramasse, se badigeonner de purée, tenir une cuillère, c’est bien mon grand, oh que tu es grande, en foutre partout sous vos applaudissements, être pris en photo, malgré soi pour que les grands-parents Continuer la lecture#P3 | la fine pince et la paisible assise

#L2 De l’autre coté de la route

Je me souviens d’elle. De sa façon discrète d’attendre le bus. De faire des mouvements de balancier imperceptibles avec son buste ; à la regarder comme ça, un peu tapi dans l’ombre derrière la haie de notre jardin, je me dis qu’elle n’était pas comme nous, que cette cadence pudique et distinguée c’était sa façon à elle de réinventer le Continuer la lecture#L2 De l’autre coté de la route

#L4 | J’aime qu’on me raconte des histoires

J’aime tellement qu’on me raconte des histoires, qu’on me parle vrai sur le monde et les gens que je ne reste qu’inconsciemment attentive à la forme et à la langue. Duras est un bon exemple de mon dilemme. Duras des histoires et Duras de la forme, du coup j’aime les deux et surtout ses films (et/ou ses acteurs et actrices) Continuer la lecture#L4 | J’aime qu’on me raconte des histoires

#P3 de la quand quoi ?

C’est informe et c’est gluant, ça a une couleur qui n’en est pas une, entre beige et sable, on ne sait guère, ça ne se laisse pas manger facilement, ça refuse les couverts, ça défie les bonnes manières, ça colle aux dents et au palais, aux doigts et aux lèvres. Ça dessine des boucles élastiques qui s’emmêlent comme les lettres Continuer la lecture#P3 de la quand quoi ?

#L3 | Ne pas croire les mots sur parole

Le père : Elle ne me voit plus, ne me regarde plus. Son sourire s’est effacé de son visage. Elle me fait la tête, me soutient ma femme qui pense que ça ne va pas durer. Dès que je lui parle elle se referme sur elle-même. Elle m’évite. Elle m’en veut. Nous n’arrivons plus à parler. C’est vrai que la Continuer la lecture#L3 | Ne pas croire les mots sur parole

#L4 | tous les corps sont dans les mots morts

De Pierre Autin-Grenier, la possibilité de dépecer un ange et l’auto-dérision poétique parce qu’écrivain, c’est vraiment rien D’Albert Cossery, la dérision des philosophes orgueilleux, la puissance des femmes insolentes, la poétique de la saleté et de la faim, le détachement, l’ironie des sans rien, la beauté d’un monde qu’on ne verrait pas sans l’écriture  De Chimamanda Ngozi Adichie l’attention à Continuer la lecture#L4 | tous les corps sont dans les mots morts

#L3 Nulle part

être mouche plutôt que bouche suis parti. Croire que tout peut commencer parce qu’on est arrivé nulle part. « Pars. Pour toi il est temps » il l’a dit. Je suis monté dans le premier train ; un billet pour T.  (Tabula rasa, Tipaza, Terezín. Tiepolo. Violon. Noce. Ghetto) Le doigt  posé au hasard sur la carte. Un arrêt en surplomb de la Continuer la lecture#L3 Nulle part