Mirage ?

Enfin le personnage peut advenir ! De loin, depuis le bateau ancré à la sortie du chenal, ou depuis le café à l’entrée du port, on pourrait affirmer en toute bonne foi que c’est une femme. Malgré les pantalons un peu lourds, malgré le bonnet de marin sur des cheveux qui ne débordent pas. Un je-ne-sais-quoi dans l’allure, dans la Continuer la lectureMirage ?

Ce qu’elle ne saura jamais?

Marie, Je ne t’écris pas, bien sûr. J’écris pour moi, en désespoir de cause. Ce sera ma dernière lettre que j’ajouterai à toutes celles que j’ai déjà écrites. Puis je repartirai, si cela m’est possible, vers d’autres horizons. Irrespirables cet endroit, cette ville, cet appartement. J’ai marché sur tes pas pendant trop longtemps, j’ai essayé en vain de comprendre, ai Continuer la lectureCe qu’elle ne saura jamais?

solstice (1 et 2)

Solstice Elle attend. Elle a froid. Elle déteste le solstice d’hiver… Jour le plus court , nuit la plus longue. Elle attend. Elle a froid. C’est ici qu’elle doit attendre. Le gel fige la fontaine monumentale sur la place gigantesque. C’est joli, pense-t-elle, un peu rococo peut-être. Elle frissonne encore. Il est si tôt qu’elle pourrait se croire seule dans Continuer la lecturesolstice (1 et 2)

#L2 VIREVOLTANT

Les immeubles de ce coté-ci n’appartiennent pas à la même famille que de ce coté là. Du coté de la banque de France. De la rue du tribunal. Quelqu’un arrive dans la rue principale avec une urgence dans le corps. La Fnac. La naissance du produit culturel. Il se peut que quelqu’un circule dans les rayons, avise les vinyles, en Continuer la lecture#L2 VIREVOLTANT

P#2| Accu-(é)-mulations

LIVRE Un livre, deux cahiers, enfin un carnet à reliure de simili-cuir et un grand cahier d’écolier à grands carreaux, tout ça juste sur le lit… pas loin de sa tête une dizaine de livres déjà lus sur une pile de photos à retrier encore : des voyages immobiles à New-York, à Paris dans les fifties, à Versailles dans une dystopie Continuer la lectureP#2| Accu-(é)-mulations

#L1 De l’autre côté de la porte

Il est debout devant l’immense porte. Il cherche à déchiffrer : bois rongé, fresques à la craie, personnages sans bras aux yeux écarquillés, deux manivelles rouillées, un câble coupé, une ouverture pour y glisser l’œil. Tout est noir là-dedans. Contre la porte, des cordes pendent à des crochets. Rouillés aussi, les crochets ; élimées, les cordes ; délabrée, la porte, prête à s’écrouler. Continuer la lecture#L1 De l’autre côté de la porte

#L2 | Le ciel est de cuivre sans lueur aucune

Partie I : Le presque rien La porte est de bois. Un bois dur, un bois ancien, un bois verni sillonné de veines, veinules… Un bois de chêne. Un bois issu des forêts plus au Nord où musardaient les porcs et les sangliers, où le pas de l’homme s’enfonçait parfois, dans la mousse. Par endroit l’eau sinuait en filets ténus. Continuer la lecture#L2 | Le ciel est de cuivre sans lueur aucune