#40jours #14bis | l’étranger

« je ne suis pas tranquille aujourd’hui maman n’est pas rentrée je ne connais pas cet endroit je ne veux pas le connaître ce bruit qui vibre autour de moi fait vibrer mon crâne pénètre ma peau secoue mes os ici ce n’est pas chez moi ce n’est pas moi loin de moi je ne suis plus moi pour la première fois je Continuer la lecture#40jours #14bis | l’étranger

#40 Jours #16 | Hotel Moskva

Tu serais ici pour traduire en 2022 la matière des choses anciennes. Tu serais installé au bar de l’hôtel Moskva parce que de tous les lieux possibles – et ils sont rares dans la ville si souvent détruite – ce bar te semble offrir une permanence où se rassemblent ceux du temps du roi Pierre Ier, ceux de l’Occupation, ceux Continuer la lecture#40 Jours #16 | Hotel Moskva

#40 jours #16 | Les habitants du parking

Peu d’expériences d’écrire dans la ville autre part que devant le grand écran de l’ordi. Cette fois-là, restée vive à la mémoire peut-être parce que pas nombreux ces moments. Cet été-là, décidé de prélever des blocs au réel. Écrire sur le motif donc. Pour soi, une expérience de la ville plus périurbaine qu’urbaine. Écrire in situ donc depuis la périphérie Continuer la lecture#40 jours #16 | Les habitants du parking

#40jours #11 | perdu ?! retrouvé !?

Tout est fichu, se lamentait-il en arrivant près de son champ de laitues que quelques sangliers avaient dégustées sans ses accord et bénédiction / Anéanti par ce désastre / Il resta tout interdit Mais non, lui souffla P’te voix / Ils n’ont dévoré que les cœurs / Bientôt elles renaitront, un peu tordues / Mais tout autant savoureuses Si la Continuer la lecture#40jours #11 | perdu ?! retrouvé !?

#40 jours #15 | votre imagination qui bégaie

Comme un cheval qui branle sa tête pour se dégager du mors, oui, je bégaie, bégaye, bègue. La ville n’est pas en cause que je parcours, que j’aime ou déteste, que je peux fuir si elle m’oppresse, m’agresse, me stresse. Pas plus l’Histoire qui, elle, ne se prive pas. Les lettres, les consonnes dures, longtemps crues fautives, sont toutes aussi Continuer la lecture#40 jours #15 | votre imagination qui bégaie

#40 jours #12 | Général Gordon

C’est le numéro 15 de la rue. C’est un immeuble qui n’est pas dans l’alignement des autres, on ne sait pas pourquoi. Le trottoir devient plus étroit sur toute sa longueur, soit une vingtaine de mètres, où s’affichent deux vitrines de chaque côté d’une porte. Sur l’enseigne est écrit Général Gordon en une belle écriture cursive et penchée. De l’extérieur, Continuer la lecture#40 jours #12 | Général Gordon

#40jours #15 | ça l’bruit

ça l’bruit qu’elle fait elle là dans le coin à rien d’autre à faire croit qu’ça m’intéresse son bruit croit ça m’intéresse croit ça elle là dans son coin s’y croit ou quoi j’y crois pas tu veux plus de lumen dans ton boudoir et pan-pan-et pan là dans l’coin toute dépenaillée toute décharnée là dans l’coin elle croit qu’ça Continuer la lecture#40jours #15 | ça l’bruit

#40jours #14 | les rangements de Raymond

Je suis un homme de soixante dix-sept ans qui vient de perdre son compagnon. Depuis qu’il a quitté la maison, rien n’a bougé sur son bureau en acajou, à droite un dossier à la couverture verte sur laquelle est écrit à l’encre noire: Voiture. Je l’ouvre rapidement et découvre: carte grise, vignette, papier vert, assurance auto, assurance maison, certificat de Continuer la lecture#40jours #14 | les rangements de Raymond

#40jours #14bis | rumeur

« Je ne suis pas tranquille. Assis. Sur la partie haute. Du terrain vague. Au-dessus de Paris. L’escalier de la rue Vilin. À ma droite. À ma droite. Aussi. Le grand toboggan. À trois pentes. Successives. Assis. Par terre. Sur la terre. Battue. Du terrain vague. En pente. Accentuée. Forte. Descente. Assis. Plongé. La rumeur. Persistante. De tout Paris. Je ne Continuer la lecture#40jours #14bis | rumeur