Si j’étais écrivaine

Si j’étais écrivaine, j’inventerais des récits de vies à partir des vestiges trouvés dans les brocantes le dimanche matin. Je pense aux papiers – lettres, cartes postales, photographies, factures, ordonnances, tickets de cinéma etc. – que l’on trouve rassemblés dans une boîte à chaussures. Je me dis que la personne qui a vidé l’armoire, la commode, le bureau, qui a Continuer la lectureSi j’étais écrivaine

2025.01.07 | #01 | Le rouge et le blanc

C’est difficile. C’est un peu difficile. J’ai décidé d’arrêter de m’énerver. D’essayer d’arrêter. De cesser de vérifier sans cesse que j’ai bien toutes mes armes sur moi avant de sortir. Une répartie dans le cervelet, un regard assassin au coin des yeux, un corps prêt à tout corps à corps incluant des giclées potentielles de sang. Une parano bien aiguisée. Continuer la lecture2025.01.07 | #01 | Le rouge et le blanc

#mardi #j’ai décidé | Dire et laisser faire

J’ai décidé d’arrêter d’écrire. D’abord le dire. Ça fait un truc. Le dire à voix haute. Se le dire et l’entendre. L’instant inverse où J’ai décidé de commencer à écrire. Un instant bien net. Un soir. Où il faut choisir. Le faire. Ou pas. Vraiment pas. Jamais. Continuer avec le modèle “vivre sans écrire”, choix 1 – Aller dans le Continuer la lecture#mardi #j’ai décidé | Dire et laisser faire

#mardis #10 | L’écrinière

Écrinière Si j’étais écrinière, je me consacrerais aux jus de mots. J’ai tout étudié de la chose, sauf les fonds brun et blanc nécessaires à pareil mouillements cérébraux. Je ne suis pas écrinière et je me console en imaginant mon jus de mot attendant  préposément établi à même une table basse de designer italien des années 1950, légèrement rayée, mais Continuer la lecture#mardis #10 | L’écrinière

les mardis | #03 | fascisme et rues

L’ultima giornata di Reginaldo Giuliani è cominciata molto presto, all’alba del 21 gennaio 1936. La notte di Padre Reginaldo è stata insonne, la mancanza d’acqua si fa sentire su tutto il campo. A cinq d’heure du matin il s’assoit sur son lit de camp, prend son rosaire et commence la prière. A cinq heures vingt il se lève, sort de Continuer la lectureles mardis | #03 | fascisme et rues

#mardis #07 | Aria di Conioli, dopo Bordighera

Ici tout prend le dessus, le vert sur le noir du goudron, la roche marron presque noire sur le vert de l’herbe des prés et la mer plus au loin, très claire ce matin, sur le rocher là où est suspendue cette aire d’autoroute, aussi celle-ci, je ralentis, je freine, envahie par cette suspension. Bandes blanches a lisca di pesce Continuer la lecture#mardis #07 | Aria di Conioli, dopo Bordighera

#mardis #09 | Lumière.

Version initiale A première vue, on pourrait penser que la croix a été érigée là pour être vue dans le paysage mais très vite, on se tient à côté pour regarder véritablement ce qu’il y a devant soi et la croix disparaît aussitôt. Je pense même qu’elle est tout de suite oubliée alors qu’elle est le point central de ce Continuer la lecture#mardis #09 | Lumière.

#mardis #01 | Protocole du désordre

L’ordre aléatoire. L’accumulation et les connexions imprévues. Les chambres les plus désordonnées où j’ai dormi, où celles que j’ai le plus mis en désordre, là où les livres s’accumulent au bord du lit et débordent du panier et tombent du petit tabouret, que je ne sais plus lequel je suis en train de lire comme dans ma chambre actuelle, mais Continuer la lecture#mardis #01 | Protocole du désordre

#mardis #08 | Variations 2, Eleven am

Un air à la mode s’échappe d’une radio par une fenêtre ouverte. Joséphine ne sait pas de quel appartement vient la musique, elle s’en moque. Elle ressent une immense lassitude, elle n’a pas la force de s’habiller. Elle ne porte rien d’autre que ses confortables ballerines noires. Tout lui pèse. Le moindre vêtement l’oppresse, aggrave sa pensée. Joséphine ne s’est Continuer la lecture#mardis #08 | Variations 2, Eleven am

#mardis #08 | ELLE

Personnage seul dans une pièce avec une fenêtre Version 1 Elle est assise sur son lit. Ses membres fragiles l’empêchent de se lever, de se mettre en mouvement, de déplier ses jambes et chercher une force pour s’extraire de ses draps. Sa tête contre le mur, elle s’imagine à sa fenêtre, debout, tenant sur ses deux pieds, les yeux dans Continuer la lecture#mardis #08 | ELLE