#photofictions #05 | les rushes Bái-Hǔ, official cut

Les rushes Bái-Hǔ, c’est-à-dire tout ce que j’ai coupé en pensant que ça ne passerait pas auprès des autorités de K. De l’autocensure, en quelque sorte. J’avais conçu mon film comme une ballade au sens musical du terme, où je voulais faire émerger quelques interrogations, une autre façon de regarder le Bas-Relief. Mais j’ai vite compris que je n’aurais pas le dernier mot, le final cut. Continuer la lecture#photofictions #05 | les rushes Bái-Hǔ, official cut

#photofictions #05 | la liste

Des corps qui se croisent dans un centre commercial, balancement des bras, entrechocs d’épaules, un talon marron, un sac en osier, les couleurs des vêtements comme des traces qu’un pinceau étalerait ; des visages, des membres en mouvement : on arrête la première personne immobile et on l’interroge : – Qu’est-elle venue faire ici ? – Oh, la même chose que tout Continuer la lecture#photofictions #05 | la liste

#photofictions #06 | Cinq chiens

Le dos cambré le port altier bedaine et calvitie assumées au bout de la laisse rétractable un petit chien tondu aussi malingre que lui est massif dans l’autre main son sandwich mitraillette perd ses frites. Elle cherche la minceur du côté de l’afghan son lévrier la suit elle lui sourit il voudrait lui rendre la pareille. L’embonpoint leur va bien Continuer la lecture#photofictions #06 | Cinq chiens

#photofictions #06 | 5 rectangles

/ rectangle1 mais de guingois dedans bancal tout incliné vers l’en bas à gauche comme le monde croulerait sous le monde – s’effrite sur lui-même ou quand tu te casses la gueule la perspective plombante des autres dessus les fenêtres en bascule un moment dans la chute le tourné boulé honteux quelqu’un vient : pas de mal monsieur ? vous Continuer la lecture#photofictions #06 | 5 rectangles

#photofictions # 06 | vignettes

La nuit, cinq-heure-trente ce matin dans le TER de la J. Les quatre d’une vingtaine d’années sur les banquettes, leurs parkas pneumatiques. Les tresses montées en décor ; jambes dévêtues, sombres, mates, longues; celle qui pose ses baskets sur la banquette et qui s’étire, le nez retroussé et le menton prognathe: l’iris pupille invective. Le temps d’échanger un regard elles Continuer la lecture#photofictions # 06 | vignettes

#photofictions #04 | Ni les épaules, ni les dents

Faire l’actrice, faut des photos, il cloute un drap contre la porte, elle se tient droite, léger déhanché, sourire, coupe au carré qui dynamise, elle aurait bien osé plus court, mais à la formation pour apprendre à se vendre, bout de viande, la directrice de casting lui a dit non, trop risqué, pourrais te louper, la coupe garçonne, c’est pas Continuer la lecture#photofictions #04 | Ni les épaules, ni les dents

#photofictions #06 | SAV

Paysage bord droit de haut en bas l’arrière d’une cuisse en bas en biais le mollet au bout une basket en bas plus à gauche presque dans le prolongement du mollet mais loin très grand angle une tête rigolote de chien tu sais de ces chiens saucisse à très courtes pattes pattes qui semblent courir sur le bord bas de Continuer la lecture#photofictions #06 | SAV

#photofictions #06 | cinq sens

Une photo carrée prise à hauteur de nez où l’on distingue un camion poubelle avaler le contenu des bacs noirs que des hommes au teint gris et au torse fluo chargent et déchargent en libérant la puanteur de la surabondance et derrière un feu tout juste passé au vert libérant les voitures qui s’évadent dans des nuages de fumée grise Continuer la lecture#photofictions #06 | cinq sens

#photofictions # 06 | attendre

Tu ne vas pas venir me dire que ça ne sert à rien, dis ? Non, vraiment ? Mais écrire voyons… c’est… c’est important, ça vient du cœur, de la sincérité, de la réalité de quelque chose… de quelque chose de vrai, du plus profond, je ne sais pas mais vraiment quelque chose… alors non, qu’est-ce que tu fais encore avec Continuer la lecture#photofictions # 06 | attendre

#photofictions #04 | Transport et portrait

Echange de politesses au moment de l’installation des vélos. Ce n’est pas toujours aussi agréable. Et déjà on en apprend un peu sur l’autre. Tiens, il descendra à Saverdun. Et moi à Foix, bien sûr. Et puis c’est l’installation dans l’un des carrés du train, comme on dit. Mais c’est vrai que c’est un quatre-coins et qu’au long des diagonales, Continuer la lecture#photofictions #04 | Transport et portrait