Archives de la catégorie : 2019, pousser la langue | les textes
Pommes de terre et sphinx
Sur le champ quand pas encore la rentrée , les feuillages grillés des pommes de terre dépassent des monticules buttés c’est le moment où le tracteur va te retourner tout ça pour qu’apparaissent les tubercules, des petits corps de chair ovoïde tout clairs sur le sombre des mottes éclatées il faut que ce soit maintenant avant la pluie qui crée Continuer la lecturePommes de terre et sphinx
gentilly
il y a la fertilité du chaos, je crois que c’est Kubrick qui en parle mais je ne retrouve plus en quels termes ni à quelle occasion, il paraît qu’Altman lui aussi en était convaincu, que le chaos fait naître, je ne suis pas sûre, je ne m’y connais pas assez en cinéma, ce n’est peut-être pas par hasard si Continuer la lecturegentilly
Au sol, endormie
Une maison isolée dans la campagne, un soir d’hiver, la neige envahie le paysage, les matelas sont venus se déposer à même le sol, sol carrelé, de la cuisine, le feu crépite dans la cheminée, Le corps au sol, sent et ressent, le moindre caillou, la moindre bosse, le corps se réchauffe au soleil sur un rocher proche de la Continuer la lectureAu sol, endormie
En avant-goût… « Il faudra bien que j’apprenne à regarder le bout de mes pieds… »
Avec cette première proposition, le hasard objectif a encore montré son nez… En avant-goût de ce que je prépare, je republie ici ce voyage au bout de mes pieds (Eclectique et Dilettante, 9 novembre 2014) A Marie-Christine Grimard Clichés 6 | Ciels « Il faudra bien que j’apprenne à regarder le bout de mes pieds… » Au bout de mes pieds… Microcosme, Continuer la lectureEn avant-goût… « Il faudra bien que j’apprenne à regarder le bout de mes pieds… »
Clé de sols
… les pieds, regarder ses pieds, vont l’un devant l’autre, pas mêlée à cette affaire, sous ses pieds, la prairie pisseuse de la moquette avec ses fleurs taillées dans l’épaisseur du poil et sous le verre fendu de la table basse, la tache de café en forme de carte de France qui défigure le salon, une douze tasses quand même, Continuer la lectureClé de sols
Elémentaires
Le soleil au zénith, deux pieds et un bras tendu vers moi, la main nerveuse, je lui échappe, les pieds luttent, cherchent un appui, la mer dit-on, jamais le sable, le sable accueille les corps engourdis, presque morts, le sable si doux d’habitude, là il empêche, il agace, moi je disparais encore une fois sous la vague, ha je vous Continuer la lectureElémentaires
les pieds enfoncés
les pieds enfoncés jusqu’aux chevilles dans la vase dégoutante de la marée basse peur d’être mordue par les crabes puis aspirée au centre de la terre un gloup quelques bulles à la surface et puis plus rien la flaque d’eau en forme de cœur où se baignent les merles devenue si large qu’on ne peut plus accéder au portail sauf Continuer la lectureles pieds enfoncés
1. Qui tombent
Le ciel est comme un univers qui s’inverse, qui s’en prend aux autres univers que Dieu justifie à travers sa mélancolie rampante, parce que les vers qui s’ennuient savent mieux que lui ce que l’on discerne tout en bas, sans myopie, même sans redondances, le plus heureux des hommes voyant sans détours ses os rebondir sur des petits de tas Continuer la lecture1. Qui tombent
La terrasse
la sensation de revenir sur mes pas – il faut revenir sur ses pas – j’ai oublié pourtant mais pas la chaleur des tomettes – aujourd’hui, je les vois plutôt hexagonales mais elles devaient être rectangulaires je suppose – elles étaient rouges elles étaient chaudes au fil séchait le linge – cette ambiance cette chaleur cette joie de vivre c’était Continuer la lectureLa terrasse