#anthologie #19 | Le bruit que font les images en tombant

Il est mort et ses filles distribuent aux convives une liste non exhaustive d’images qui n’existaient que dans sa tête et qu’il a collectées au fil du temps, lui, en chasseur de papillon. Certains se demandent s’ils pourraient le confondre avec une machine qui se souviendrait de tout cela à sa place. Le corps du père étendu de tout son long Continuer la lecture#anthologie #19 | Le bruit que font les images en tombant

#anthologie #20 | Des photos de toi, j’en ai pas des tonnes

Des photos de toi, j’en ai pas des tonnes. Si, quelques unes. Tu es assis sur la marche d’une boutique de la rue principale. Tu dois avoir, quel âge, quatre? cinq ans?, je ne sais pas. Tu as les cheveux bruns, très bruns, coupés courts sur un visage rond. Tu es en culotte courte comme les gamins, à l’époque, avec Continuer la lecture#anthologie #20 | Des photos de toi, j’en ai pas des tonnes

#anthologie #19 | ce qu’il en restera

Toutes les images disparaîtront, Annie Eranaux – Les années Catherine Deneuve dans les parapluies de Cherbourg, un soir de Noël à la télévision en noir et blanc dans les années soixante-dixconduire la deux-chevaux le toit ouvert les cheveux au vent les cachous Lajaunie dans la petite boîte jaune et ronde les immeubles de la Grande Motte tout juste sortis de Continuer la lecture#anthologie #19 | ce qu’il en restera

#anthologie #19 | Seventies

l’image de la Marianne du Robin des Bois de Walt Disney, en robe de mariée dans la boîte de fromage en portions, on l’aurait prise pour vierge Mammouth écrase les prix à l’ouverture du Leclerc de Roanne la famille endimanchée s’y rendit en R 16 le cartable à bretelles en simili cuir jaune et bleu fut le seul achat au Continuer la lecture#anthologie #19 | Seventies

anthologie #19 | paradoxe du trop familier.

Jacques Chirac un 14 juillet 2006, il sait marquer les pauses, corps et voix, Jacques Chirac parle du Liban, s’inquiète de sa démolition — les images de la vieille guerre me reviennent, au cas où j’aurais oublié ; le Liban à la une des journaux en France, le Liban par terre ce 13 juillet 2006, je reconnais d’anciens mondes ; on parle de nous Continuer la lectureanthologie #19 | paradoxe du trop familier.

#anthologie # 19 | ce sera tout ce qu’il en reste

À droite de la route, une chèvre renversée git, toutes pattes écartées, le ventre comme une outre gonflée à bloc. L’œil de la mémoire, rien de numérique, encore moins d’imprimé, et le souvenir de l’horreur de l’image  cette photo carrée aux bords blancs de mon père tenant ma petite sœur dans ses bras, près du Rhône. Les couleurs sont passées, Continuer la lecture#anthologie # 19 | ce sera tout ce qu’il en reste

#anthologie #19 | fragmentaux

une nuit je meurs quatre fois quatre fois je ne vois ni ne sens mon corps, je sais que je meurs c’est tout –, je suis soulagé, je suis soulagé d’être soulagé, je ne suis pas seul je vois des mains je vois que les mains m’appellent me font signe ce sont des mains amicales connues rassurantes mais je ne Continuer la lecture#anthologie #19 | fragmentaux

#anthologie #17 | La mort de Jean-Luc Lagarce

Le 4 septembre 1995, Daniel Emilfork menace de lâcher les répétitions de Lulu, il dit qu’il est très mal, qu’il faut que Jean-Luc Lagarce le remplace. Ce jour-là, Jean-Luc Lagarce écrit dans son journal que quelque chose pend au-dessus de leur tête. Ce n’est pas une petite chose, il ne s’agit pas simplement de remplacer Daniel Emilfork, dans cet épisode, Continuer la lecture#anthologie #17 | La mort de Jean-Luc Lagarce

#anthologie #19 | Rémanences

« Toutes les images disparaîtront. » Annie Ernaux il y avait, dans le XVème arrondissement de Paris, ce magasin de vêtements pour enfants dans lequel la vendeuse actionnait une poupée qui marchait toute seule pour faire tenir les enfants tranquilles pendant les essayages dans un atelier d’une tréfilerie câblerie, une douzaine de femmes en blouses bleues rectifient des filières. À l’aide d’une Continuer la lecture#anthologie #19 | Rémanences

#anthologie #11 | retour de nuit

Je me vois dans le noir je ne vois que moi je vois mes habits ma peau J’entends mes pas le bruit du gravier sous mes pieds Je sens l’air qui m’entoure la brise qui me touche Les cieux sont à moi pour moi Je suis un centre qui ne se déplace pas Prison fermeture pensée à l’étroit autour de Continuer la lecture#anthologie #11 | retour de nuit