personnages#10, Gertrude Stein, le portrait par deux

Il l’épouse elle. Elle se marie avec il. Il lui fait un enfant. Elle lui donne deux filles. Il travaille avec elle. Elle travaille avec il. Il veut travailler pour elle et les enfants. Elle veut travailler pour il et les enfants. Il fait des crédits. Elle l’entend au téléphone avec la banque. Il achète les bestiaux. Elle les trait Continuer la lecturepersonnages#10, Gertrude Stein, le portrait par deux

personnages#2, Saint John Perse, une généalogie au féminin

Celle qui a crié « Vive la République » avant d’être jetée du pont où passait l’Empereur. Celle qui au retour de l’école s’arrêtait très souvent dans la nuit du petit chemin pour frapper très fort entre eux ses sabots. Celle qui s’occupait des vieilles à l’hospice. Celle qui me regarde depuis le fond du XXe siècle avec ses cheveux coupés très Continuer la lecturepersonnages#2, Saint John Perse, une généalogie au féminin

Un beau visage (esquisses)

Née de ce mot : elle. Et de cette rime : belle. Se débrouiller ensuite pour lui coller un visage. ****** Un beau visage, est-ce que ce serait un visage lisse, régulier, sans aspérité ? Est-ce que ce serait ennuyeux à mourir, un beau visage ? Serait-ce un visage ouvert à quelques taches de rousseur, à un grain de beauté ? Un peu de fond Continuer la lectureUn beau visage (esquisses)

celle qui un jour a posé son regard dans le vide

Celles qui encore allaient au lavoir, battaient, brossaient, rires, sueurs et prières pour ceux qui s’en sont allés dans les campagnes. Celles qui encore allaient à l’église le dimanche en grimpant le San Pedrone du hameau vers le village. Celles qui encore parlaient le corse dans leurs longues jupes noires a funtana. Celles qui par deux fois ont été veuves. Continuer la lecturecelle qui un jour a posé son regard dans le vide

personnages#1, Edmond Jabès, « à nul moment je n’ai décrit votre visage »

Son visage c’est son cri. Il crie sans bruit son visage. Son visage tordu, sa souffrance. Cette peur qu’on avait qu’il explose son visage avec toute cette douleur qu’elle lançait depuis tout au fond d’elle. On l’aurait voulu comme une libération ce cri muet, mais non, comme un poignard qui lui ravageait la gueule. … — Tu te souviens la première Continuer la lecturepersonnages#1, Edmond Jabès, « à nul moment je n’ai décrit votre visage »