#enfances #00 | se retrouver serait pire

Tard, très tard, il se perdra. Bien avant de vieillir, il aurait pu ne plus rien savoir. Un hiver quand il cacha dans le gant de sa main droite une lame de rasoir, une Thin Gillette Blades, trouvée, comme un trésor, dans une poubelle. Sur le chemin de l’école, la lame entailla sa paume, sans douleur, comme en silence. Il en Continuer la lecture#enfances #00 | se retrouver serait pire

#été2023 #15 | entrer dans son silence

Au départ rien qu’un déménagement, rien qu’un changement de lieu qui ne devait pas engager beaucoup plus qu’un transport de personnes et de meubles accompagnés de cartons, certes un nombre de mètres cubes considérable, mais rien qu’un événement que bien des gens ont vécu plusieurs fois dans leur vie. Pourtant ce qui surgit ces jours-ci à force d’écriture qui décidément Continuer la lecture#été2023 #15 | entrer dans son silence

techniques #03 | et devant le silence

Derrière le silence, mes pieds. Ce sont toujours mes pieds que j’ai le plus de mal à réduire au silence. Mes pieds dans les feuilles mortes qui froissent qui écrasent, qui plient, qui déchirent, qui mâchent et qui bouchonnent. Mes pieds choisissent pourtant avec le plus grand soin un endroit bien humide pour que les feuilles y soient souples et Continuer la lecturetechniques #03 | et devant le silence

#techniques #03 | Ce qui est sans existence.

Derrière les silences, il y a le nécessaire, l’inespéré, celui qui fait taire les autres, celui qui ouvre, qui mène, qui définit l’espace ambiant, on l’appelle silence lui aussi, quand il n’est que l’interruption du bruit principal, celui qui dicte, la voix de tête, et si lui se tait, on nomme l’ensemble silence, quand pourtant tant d’autres continuent le vacarme, Continuer la lecture#techniques #03 | Ce qui est sans existence.

Le sentiment (2)

Le sentiment d’un silence, non pas celui d’un silence mais du silence, celui que l’on pourrait dire éternel, ce silence si entier que l’on pense ne l’avoir jamais entendu avant, le sentiment peut-être même d’être atteint de surdité puisque rien ne vient rayer cette densité, rien ne vient évoquer un monde qui continue sa course, rien pour rappeler à l’ordre Continuer la lectureLe sentiment (2)

Le double voyage #06 | polysémie des silences

Sous voiles, cela n’arrivait que sous voiles — Lui qui savait tout ce qu’il faut savoir de la vie — Savoir ce qu’il faut pour ne pas mourir — en mer — à terre — en temps de paix — en temps de guerre — Moi qui ne savait rien et qu’il autorisait à monter à bord — Le piètre Continuer la lectureLe double voyage #06 | polysémie des silences

#photofictions #03 | cette jeune femme

Dans cette lumière douce et basse c’est elle, cette jeune femme, la trentaine, ces yeux bruns, cheveux courts et noirs, une frange. Elle porte une chemise à grands motifs ethniques, on est en 1972. Les paupières inférieures sont gonflées, enveloppées d’ombre et de mascara défait. Elle sourit, un de ces sourires qu’on va chercher loin. Elle est assise devant une Continuer la lecture#photofictions #03 | cette jeune femme

#40jours #15 | divagations élucubrations

Invisible / pas de couleur sauf d’or / inconnu musique faux soupir / involontaire / spectacle laisse bouche bée / implacable / maléfique / funeste / écrire / prendre toute son énergie dedans / énumérer / nouveau mode d’évasion / nostalgie / retourner cœur / peur / faire se nouer les intestins / rêve / remplir estomac / il n’est Continuer la lecture#40jours #15 | divagations élucubrations

#40jours #15 | Je suis assis dans une pièce

Je me sens mal à l’aise. Je ne sais pas si je devrais le dire, si c’est bien raisonnable de l’avouer. J’entends des voix. Dans la rue, au bureau, à la maison, des voix proches ou lointaines, inconnues ou amicales, peu importe, ce ne sont pas des voix de personnes mortes, je ne les entends dans l’au-delà, non. J’entends des Continuer la lecture#40jours #15 | Je suis assis dans une pièce

#40jours #prologue | en dessous c’est le vide

à flanc de colline un réseau de ruelles étroites, des murs aveugles, le ciment blanc, les murs tu les frôles pour ne pas sentir la chaleur déjà trop forte, ici rien ne pousse, ici les voix sont tues, absorbées dans le blanc des murs, tu pourrais crier que personne n’entendrait, ce n’est pas même une ville mais son souvenir : Continuer la lecture#40jours #prologue | en dessous c’est le vide