A propos de Françoise Renaud

Parcours entre géologie et littérature, entre Bretagne, Languedoc, et Limousin. Certains mots l'attirent : peau, pays, rébellion, atlantique (parce qu’il faut bien choisir). Romans récits nouvelles poésie publiés depuis 1997. Vit au flanc ouest du Massif Central. Et voilà. Son site, ses publications, photographies, journal : francoiserenaud.com. Sa chaîne YouTube : TerrainFragile.

#enfances #08 | leurs présences

Souvent le soir, la présence du père à l’intérieur la maison modifie l’atmosphère. Installé dans la cuisine il mange, bruyamment souvent, il faut le servir et il laisse des miettes par terre quand il tranche le pain sur sa cuisse. La lumière est haute au plafond, se balance, fait des ombres. Souvent après le repas, il tresse l’osier pour fabriquer Continuer la lecture#enfances #08 | leurs présences

#enfances #07 | chevaucher les vents

Retourne sur toi, retourne à l’enfance même s’il est difficile de savoir où ça a commencé exactement, retourne à l’objet qui n’a pas de voix et qui parle pourtant de tous ses contours | l’objet n’a pas besoin d’autre chose que son allure et sa solidité pour indiquer ou diriger le geste, l’enfant sait comment s’y prendre avec lui l’objet Continuer la lecture#enfances #07 | chevaucher les vents

enfances #06 | voix & corps

Je tourne et vire sur la question de la voix, je cherche à savoir d’où elle surgit, par quel processus elle se redessine en mémoire. Est-elle reliée à la nature des mots prononcés, aux replis de l’histoire en train de se raconter, ou bien reste-t-elle indissociable du corps qui parle ? * Ma mère est toujours de ce monde bien que Continuer la lectureenfances #06 | voix & corps

#enfances #05 | marines

la mer forte | la vague me saute au ventre, m’emporte | dans l’écume je crie de plaisir, voudrais m’y noyer la mer | le rugissement de la mer, il reste en tête même la nuit la mer monte et descend | dans les petites mares les algues étalées comme en attente | filant d’une cachette à l’autre, de minuscules crabes Continuer la lecture#enfances #05 | marines

#enfances #04 | engloutissement

Laisser venir, laisser se construire (je parle du souvenir des choses), laisser les sens dire l’histoire. Le goût dans la bouche, l’odeur du grenier. Oui ça se passe dans le grenier. La maison de bord de mer étant louée de juin à septembre, la famille déménageait au grenier tout en conservant l’usage de la cuisine. Une porte la séparait du Continuer la lecture#enfances #04 | engloutissement

#enfances #03 | s’enfoncer dans l’arbre

Perdue. Sensation familière puisque connue depuis l’enfance, ça vient de loin, ça vient du cœur de l’été quand déjà le soir mange un peu de lumière au jour. Perdue, pourtant je ne m’en rends pas compte — même si j’ai la vague intuition qu’on va s’inquiéter pour moi —, peu à peu glissant pénétrant m’enfonçant dans le feuillage, rentrant presque dans l’arbre, Continuer la lecture#enfances #03 | s’enfoncer dans l’arbre

#été2023 #16 | juste réclamation

à tout organisme porteur de projet, association, maison de soutien aux artistes ou mécène susceptibles d’être touchés par l’aventure du « pays aux mille taillis »… Pas d’intention particulière au commencement. D’ailleurs on ne m’a pas demandé mon avis. J’étais en train de débarquer d’un autre pays et tentais de m’installer dans une immense bâtisse perdue au milieu des bois et des Continuer la lecture#été2023 #16 | juste réclamation

#été2023 #15 | entrer dans son silence

Au départ rien qu’un déménagement, rien qu’un changement de lieu qui ne devait pas engager beaucoup plus qu’un transport de personnes et de meubles accompagnés de cartons, certes un nombre de mètres cubes considérable, mais rien qu’un événement que bien des gens ont vécu plusieurs fois dans leur vie. Pourtant ce qui surgit ces jours-ci à force d’écriture qui décidément Continuer la lecture#été2023 #15 | entrer dans son silence

#été2023 #14 | temps parallèles

C’est une scène de rencontre, scène à deux personnages, pas de paroles échangées, tout se passe dans le silence et dans la pénombre, tout est calme comme s’il n’y avait plus d’air, comme si les insectes avaient déserté l’espace, plus d’odeurs à rôder non plus, rien qu’images lentes et couleurs assourdies. Elles sont là toutes les deux, pas bien loin Continuer la lecture#été2023 #14 | temps parallèles

#été2023 #13 | on s’y retrouve comme on peut

Ouest En arrivant par la route de F. la première fois, c’était l’hiver, j’ai senti fort le vent. À quitter la voiture et à remonter vers les bâtiments, ça bousculait sur la butte dans le grand châtaignier, ça crissait craquait hurlait dans sa couronne nue. D’après mon expérience ça ressemblait à un vent du Nord. En l’absence de repères et Continuer la lecture#été2023 #13 | on s’y retrouve comme on peut