vers un écrire/film #03 | Technicolor
Le texte initialement publié ici a été intégré à Une piétonne à Marseille, aux éditions David Gaussen
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Le texte initialement publié ici a été intégré à Une piétonne à Marseille, aux éditions David Gaussen
beige | teint de sable | et en fond gris le ciel | un visage en gros plan | couleur de sable | et le foulard qui entoure la tête | couleur de sable | ni jaune ni gris ni blanc | sable | et l’anneau double qui fait tenir le foulard sur la tête | sable | même les yeux Continuer la lecturevers un écrire-film #02 | sable
Lignes brisées : à la préfecture Il pleut. La lumière orange des réverbères urbains se reflète éclatée dans les flaques de l’asphalte. Des gens attendent, serrés sur les marches qui mènent la porte close du « Bureau des Etrangers (sauf naturalisations), Direction de la réglementation et des libertés publiques ». Derrière la porte, le rideau métallique est baissé. Un panneau indique « 8h15-16h15 Continuer la lectureécrire-livre #01 | géométrie de l’attente
Les gravures de mode. Les gravures de mode représentaient des femmes en deux dimensions, grises, le port altier, le regard droit, inexpressif, sans attentes ni désirs, même pas celui d’être admirées. En chignon en intérieur, parfois dehors en chapeau, les volants de leurs robes tout aussi gris, rarement rehaussés de couleurs très pâles comme sur les cartes postales de la Continuer la lectureautobiographies #12 | Le magasin
le rebond de la balle sur la terre battue du cours ; le choc du caoutchouc sur les cordes tendues de la raquette ; toutes les têtes du même côté ; le sifflement de la petite sphère à travers l’air ; toutes les têtes de l’autre côté ; le bruit du caoutchouc sur la terre brique ; la fulgurance du Continuer la lectureautobiographies #08 | égalité
De bois, dans un cadre de pierre, la porte ne fait barrage qu’aux éléments mauvais, la pluie, le froid, le vent. Elle est toujours ouverte. Qui veut entrer peut soulever le loquet de métal patiné. Une ou deux minutes de panique : la serrure est coincée. Que faire si la maison des vacances n’ouvre pas ? Après le trajet, la suée. Il Continuer la lectureautobiographie #07 – Minimes ou sublimes portes
J’avais choisi la couchette du haut parce qu’on y tenait assise, que l’arrondi du toit du wagon n’était pas à portée de main, même en tendant très haut la main, à la différence du milieu et du bas où un ciel de skaï brun-orangé limitait le décor et la respiration – l’avais-je choisie, au fait ? je l’occupais certes, mais à Continuer la lectureautobiographies #06 | long trajet de nuit
Est-ce que ce sont des fruits ou juste leur écorce qui pendent en grappes aux branches défeuillées ? Est-ce qu’ils sont morts ou secs ? Et qu’est-ce que fait une graine au contact d’un trottoir ? Noir, brun et gris foncé, grappes accrochées aux branches anguleuses que l’hiver a rendu visibles, grappes constituées chacune d’une vingtaine au moins de petits Continuer la lectureautobiographie #03⎜Est-ce que… ?
Plus d’une fois, Marie-Gabrielle arriva aux soirées d’étudiants accompagnée d’un nouvel inconnu : un boutonneux de passage, cousin d’une autre pensionnaire du foyer de jeune fille, un futur fonctionnaire qui fréquentait la même bibliothèque qu’elle, et même un brun à cheveux gras et à pull rayé, qui avait bien deux fois leur âge, qui se disait acteur. Elle l’avait rencontré Continuer la lectureautobiographie #02 ⎟Portraits simples ou doubles
Sur une chaise haute au comptoir de bois sombre, elle attend. Elle connaît le temps de son attente, long parfois, toujours défini. L’horaire du chemin de fer est précis. Des lampes aux globes verts, vitreux et dépolis, suinte une lumière gluante qui a du mal à trouver sa voie dans l’épaisseur de l’air ambiant. Tout le décor est imprégné de Continuer la lectureautobiographies #01 | trois couleurs verre