A propos de Laure Humbel

Site internet : Sur mes tablettes, laurehumbel.fr. Dans l’écriture, je tente de creuser les questions du rapport sensible au temps et du lien entre l’histoire collective et l’histoire personnelle. Un élan nouveau m'a été donné par ma participation aux ateliers du Tiers-Livre depuis l’été 2021. J'ai publié «Fadia Nicé ou l'histoire inventée d'une vraie esclave romaine», éd. Sansouire, 2016, illustrations de Jean Cubaud, puis «Une piétonne à Marseille», éd. David Gaussen, avril 2023. «Ton Nombril» et «BigBang» (Toutàlheure, 2023 et 2024, illustrations de Luce Fusciardi) sont des albums pour les tout-petits qui forment un diptyque sur le thème de l'origine.

Vers un écrire-film #07 | Tout en faisant trotter ses petites bottines

Au premier étageC’est le temps très lointain de la petite enfance, un temps de souvenir presque inconscient et pourtant très précis. Il restait dans la ville de Caen un seul cheval et la carriole qu’il tirait. Longtemps avant qu’il entre dans la rue, on reconnaissait de loin le son unique des sabots sur le pavé, le choc de l’ongle sur Continuer la lectureVers un écrire-film #07 | Tout en faisant trotter ses petites bottines

vers un écrire-film #06 | du ralenti en littérature

Je peux faire courir deux fois plus vite mes doigts sur le clavier, rien ne me donnera prise sur la vitesse à laquelle ces lignes seront lues : à la différence de la projection d’un film, je ne peux contrôler le nombre de mots par seconde qui passera devant l’œil du lecteur. Je peux au contraire ralentir mon rythme d’écriture Continuer la lecturevers un écrire-film #06 | du ralenti en littérature

vers un écrire-film #05 | soubrette de carnaval

Je cherche à peindre ses cheveux, de dos, longs et lâchés, au moment où elle va passer la porte de l’hôtel. Elle a marché d’un pas décidé dans le jour à peine levé, la brume monte des canaux, son écho traverse l’hiver de la ville. Elle a des bottes, un imperméable à mi-mollet, elle porte des collants couleur chair. Le Continuer la lecturevers un écrire-film #05 | soubrette de carnaval

vers un écrire/film #04 | vain gesticule

la vague avale le bras levé la main levée vers, le haut, de l’eau, la vaine main, la vague ne, soulève plus, qu’elle, la vague, l’eau, ne porte plus assez haut, les lèvres l’épaule la peau, avale toute l’eau crache, se raccr- se raccroche à quoi la main, à l’air, la main, cherche, appui, sur, l’eau, sur la peau de Continuer la lecturevers un écrire/film #04 | vain gesticule

écrire-livre #01 | géométrie de l’attente

Lignes brisées : à la préfecture Il pleut. La lumière orange des réverbères urbains se reflète éclatée dans les flaques de l’asphalte. Des gens attendent, serrés sur les marches qui mènent la porte close du « Bureau des Etrangers (sauf naturalisations), Direction de la réglementation et des libertés publiques ». Derrière la porte, le rideau métallique est baissé. Un panneau indique « 8h15-16h15 Continuer la lectureécrire-livre #01 | géométrie de l’attente

autobiographies #12 | Le magasin

Les gravures de mode. Les gravures de mode représentaient des femmes en deux dimensions, grises, le port altier, le regard droit, inexpressif, sans attentes ni désirs, même pas celui d’être admirées. En chignon en intérieur, parfois dehors en chapeau, les volants de leurs robes tout aussi gris, rarement rehaussés de couleurs très pâles comme sur les cartes postales de la Continuer la lectureautobiographies #12 | Le magasin

autobiographie #07 – Minimes ou sublimes portes

De bois, dans un cadre de pierre, la porte ne fait barrage qu’aux éléments mauvais, la pluie, le froid, le vent. Elle est toujours ouverte. Qui veut entrer peut soulever le loquet de métal patiné. Une ou deux minutes de panique : la serrure est coincée. Que faire si la maison des vacances n’ouvre pas ? Après le trajet, la suée. Il Continuer la lectureautobiographie #07 – Minimes ou sublimes portes